Avouons que les GPS connectés comme Waze sont de formidables outils au service des automobilistes. Accidents, travaux, obstacles, radars… Rien ou presque n’échappe à l’œil avisé de la communauté œuvrant dans les coulisses de ces applications. Certainement pas les bouchons faisant perdre plusieurs jours par an aux usagers de la route. La solution coule alors de source : les contourner via des voies moins empruntées.
Ces itinéraires planifiés en dernière minute avouent cependant leurs limites. Puisque tout un chacun fait aveuglément confiance au guidage dicté par ces algorithmes, l’ensemble du trafic se reporte sur les nationales, voire les petites départementales. Problématique, surtout quand c’est un flux autoroutier qui se voit entièrement déplacé sur des chemins menant à de modestes communes.
15 minutes au minimum pour traverser
Bruit, pollution et congestion en heure de pointe deviennent alors le nouveau cauchemar des villages bordant les axes à fort trafic. Si interdire le transit des poids-lourds est désormais chose fréquente, certaines municipalités ont poussé le bouchon bien plus loin afin d’éradiquer totalement le phénomène. C’est le cas d’une commune suisse qui a décidé de mettre à l’amende tous les véhicules étant seulement de passage dans ses rues.
Le petit bourg de Birsfelden situé non loin de Bâle s’est doté d’un système simplissime : deux caméras situées de part et d’autre du village surveillent en permanence le trafic entrant et sortant. Si un même véhicule est contrôlé à moins de 15 minutes d’intervalle, il est considéré comme en transit et donc verbalisable. En service depuis le 1er septembre, l’ensemble a déjà dressé plus de 1,5 million de contraventions.

1 000 amendes quotidiennes
Certains pourraient penser que les 15 minutes minimales sont atteignables en roulant au pas dans les bouchons que connaissait déjà le village. Mais la traversée de Birsfelden fait à peine plus d’un petit kilomètre ! L’infraction est donc relevable même coincé en pleine congestion. Résultat, les amendes vont bon train avec près de 1 000 procès-verbaux dressés chaque jour contre des automobilistes distraits.
Étant donné que le montant de la contravention est de 100 francs suisses, soit environ 108 euros, Birsfelden s’assure de très confortables revenus ayant même surpris la vice-présidente municipale Désirée Jaun. Celle-ci affirmait vouloir « alléger [en priorité] la charge qui pèse sur les quartiers, et non augmenter les recettes des amendes ». Il y a effectivement de quoi être choqué, les prévisions tablant seulement sur une quinzaine de PV quotidiens.
Toutes les amendes sont pourtant dressées dans « une position ferme, car il s’agit d’une infraction au code de la route », poursuit la sociale-démocrate. Forcément, cet afflux massif de contraventions entraîne une saturation complète au guichet de l’administration municipale, au point de devoir recruter du personnel supplémentaire pour faciliter les démarches.
Quelques exceptions
Aussi, Jaun confirme qu’une grande campagne de sensibilisation a été menée en amont pour éviter que les automobilistes ne se retrouvent au pied du mur. Des dépliants ont ainsi été distribués et une signalisation claire a été mise en place de part et d’autre de la commune. Cette dernière a également sollicité les différents services de navigation afin de prendre en compte la nouvelle interdiction de circulation.
Il y aura bien évidemment certaines exceptions. Les habitants de Birsfelden et du quartier voisin de Freuler pourront traverser librement le village. C’est aussi le cas des transports publics, des taxis, des services d’urgence et des entreprises locales qui n’auront pas à craindre l’amende. Si les contraventions continuent de pleuvoir, Jaun confirme que le trafic a effectivement diminué depuis la mise en place du dispositif.

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