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Budget 2026 : le gouvernement prévoit une “année blanche”, à quoi faut-il s’attendre ?

Le gouvernement est toujours en grande difficulté pour clore son budget 2026. Elle pourrait opter pour une “année blanche”.

40 milliards d’euros. Voilà la taille du problème qui se dresse face à François Bayrou et le gouvernement français. Le 15 juillet, le Premier ministre doit présenter les pistes choisies par ses équipes pour réaliser de telles économies. Au sein de son propre camp, plusieurs voix proposent de réaliser une « année blanche ».

C’est la porte-parole du gouvernement en personne, Sophie Primas, qui a évoqué ce sujet lors d’une interview chez nos confrères de Franceinfo. Elle assure que cette option n’est « pas écartée », sans donner plus de détails pour l’heure.

Une « année blanche », quelles conséquences ?

Derrière le terme « année blanche » se cache une réalité économique loin d’être éclatante. Pour le comprendre, il faut déjà s’intéresser à l’évolution de notre système en « temps normal ». Chaque année les pensions de retraite et certaines prestations sociales sont augmentées, en fonction de l’inflation.

L’objectif d’une telle manœuvre est de garantir le même niveau de vie aux bénéficiaires de ces aides, sur le temps long. Dans le détail, les allocations familiales, les minima sociaux, la prime d’activité, le RSA et les APL sont concernés. Les pensions de retraite sont également visées par ce dispositif.

Comme son nom l’indique, avec l’instauration d’une « année blanche », le gouvernement n’augmenterait pas ces aides. Les montants seraient les mêmes qu’en 2025, en dépit de l’inflation. Dans le même temps, François Bayrou pourrait annoncer le gel des barèmes d’impôts. Si tel est le cas, certains foyers entreront dans l’impôt, d’autres changeront de tranche.

Une solution inédite ?

L’idée d’un tel « gel » des prestations sociales est encore loin de faire consensus. Au sein même du gouvernement, plusieurs voix s’élèvent contre cette mesure, extrêmement préjudiciable pour les Français les plus fragiles économiquement.

Mais les défenseurs de l’année blanche assurent que cette solution, radicale sur le papier, n’entraîne pas une explosion de la pauvreté. Elle a d’ailleurs été mise en place plusieurs fois par le passé. En 2014 et 2016, sous la présidence de François Hollande, les pensions de retraite ont été « gelés». En 2018 Emmanuel Macron avait fait de même.

En 2019, les prestations sociales avaient certes été augmentées, mais que de 0,3 %, le minimum légal, bien en deçà de l’inflation. L’idée d’une “année blanche” fait donc son chemin, et ses soutiens sont de plus en plus nombreux.

Au sein du gouvernement, c’est Amélie de Montchalin, ministre des Comptes publics, qui en parle ouvertement. Elle demande une “pause” assurant qu’il y a “des dépenses que nous ne pouvons plus nous permettre.”Même son de cloche du côté du Sénat. Le président de la chambre, Gérard Larcher (LR), assure que cette idée est une “piste sérieuse” qu’il faut suivre.

Une opposition marquée

Évidemment une telle proposition ne plaît pas à tout le monde. Au sein de l’hémicycle, le député Eric Coquerel (LFI), président de la commission des finances, dénonce la pire des méthodes. À l’opposé du Palais Bourbon, le député du Rassemblement national Jean-Philippe Tanguy fustige cette idée.

Pour lui, il s’agit du “degré zéro de la gestion politique.” Il propose de remplacer “le ministre des Finances par ChatGPT, qui gérera tout aussi mollement les comptes de la nation.” Enfin, pour le socialiste Pierre Moscovici, cette solution n’en est pas une, car elle ne fait que repousser l’échéance.

Il plaide pour une approche structurelle. Une année blanche serait “un one shot”, mais le problème du dérapage budgétaire sera toujours là en 2027. Il faut donc y répondre une bonne fois pour toutes. Un avis partagé par Patrick Martin, président du Medef qui qualifie cette solution “d’écran de fumée”.

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