Ce n’était pas encore l’été, mais on aurait presque pu y croire ; une situation peu surprenante, puisque l’on avait été prévenu au début du mois de mars. Aux derniers jours du mois de mai, plusieurs régions d’Europe occidentale ont suffoqué sous des températures atteignant par endroits des niveaux réservés d’ordinaire aux pics estivaux.
Comme c’est toujours le cas lorsqu’il est question de météo, ce coup de chaud un peu trop précoce résulte toujours de l’interaction de facteurs atmosphériques, qui ensemble, font (trop) grimper le mercure. Allons-nous mourir de chaud comme ce fut le cas l’an dernier pour de nombreuses régions dans l’Hexagone ?
Une intrusion saharienne et l’atmosphère s’emballe
Une pulsation d’air tropical continental, sèche et surchauffée, en provenance directe du Sahara est venue nous rendre visite, voilà ce qu’il s’est passé. Rien de franchement exceptionnel en soi, mais elle fut bien trop intense par rapport aux normales saisonnières. Selon l’Agence météorologique espagnole (AEMET), cette masse d’air a été propulsée vers l’Europe sous l’action d’une dorsale anticyclonique un peu trop violente pour la saison. « La dorsale de hautes pressions qui nous affecte est extrêmement intense pour la saison », précise Juan González Alemán, météorologue à l’AEMET.
Qu’entend-on exactement par « dorsale anticyclonique » ? C’est une sorte de « bosse » ou de « prolongement » d’une zone de haute pression (un anticyclone) qui s’étire et apporte, la plupart du temps, du soleil et de la chaleur.
Conjuguée à une insolation maximale à cette période de l’année, cette dorsale a affolé les thermomètres : 32 °C enregistrés à Canet-en-Roussillon (Pyrénées-Orientales) le 29 mai, près de 40 °C dans les vallées espagnoles du Guadalquivir et du Guadiana (sud du pays).
Le Portugal, en raison de sa position géographique, n’a pas été épargné non plus, avec des pointes équivalentes à celles que nous venons de citer. Météo-France projette désormais un mois de juin globalement plus chaud que la normale, avec des écarts moyens compris entre +1 et +1,5 °C, en particulier dans le nord et l’ouest de l’Hexagone.

L’impasse hydrique : trop d’orages, pas assez d’eau
Si les contrastes thermiques favorisent bien, en ce mois de juin, le déclenchement d’orages parfois violents, ces épisodes convectifs (phénomènes liés aux mouvements verticaux rapides de l’air chauffé) restent souvent trop courts et localisés pour réellement alimenter les nappes phréatiques en profondeur. Les pluies sont intenses, mais brèves, et ruissellent en surface avant de pénétrer correctement le sol, laissant ainsi le déficit hydrique s’accentuer, notamment dans le nord-ouest du pays.
Le grand coupable ? Le réchauffement climatique, qui provoque à la fois des températures extrêmes et modifie le régime des précipitations. Deux conséquences dont l’attribution aux activités humaines est solidement établie et validée par une écrasante majorité de la communauté scientifique internationale, n’en déplaise à ceux qui en douteraient encore.
Les bons gestes à adopter restent donc toujours les mêmes depuis que nous devons subir ces épisodes d’hyperthermie qui se sont accélérés depuis le début des années 2000. Hydratez-vous bien, ne vous amusez pas à vous exposer inutilement aux heures les plus chaudes, et prenez garde aux personnes vulnérables (enfants et personnes âgées). Comme chaque année en réalité, comme l’année prochaine et probablement la suivante…
- Des masses d’air sahariennes surchauffées ont provoqué des températures estivales dès la fin mai en Europe occidentale.
- Les orages violents qui en résultent restent trop courts pour compenser le manque d’eau dans les sols, aggravant la sécheresse.
- Le dérèglement climatique, directement lié aux activités humaines, accentue à la fois la fréquence des pics de chaleur et la modification des pluies.
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