Passer au contenu

“Capped-profit” : pourquoi le créateur de ChatGPT a-t-il opté pour cette structure atypique ?

Alors qu’il a été lancé sous forme d’organisation à but non lucratif, OpenAI a adopté une nouvelle structure, basée sur le “capped-profit”, en 2019. Tout en évitant de fonctionner comme une entreprise classique, le créateur de ChatGPT a pu lever des fonds. Et celui-ci vaut aujourd’hui 157 milliards de dollars.

On l’oublie parfois, mais OpenAI, le créateur de ChatGPT, n’est pas tout à fait une organisation à but non lucratif ni tout à fait une entreprise. Lors de sa formation en 2015, celui-ci était une organisation à but non lucratif qui fonctionnait grâce à des donations. Puis, en 2019, cette structure a été revue. Dans une interview publiée récemment par Harvard Business School, Sam Altman rappelle que ce changement était indispensable pour lever plus d’argent pour développer l’IA. Le patron d’OpenAI explique qu’à l’époque, ils avaient sous-estimé les besoins en capitaux et admet qu’il est aujourd’hui impossible “d’être à l’avant-garde de la recherche d’échelle” si on est une organisation à but non lucratif.

OpenAI a deux composantes. D’un côté, il y a l’organisation à but non lucratif, qui contrôle les activités, via son conseil d’administration. Et de l’autre, il y a une filiale à but lucratif, qui génère des revenus, et qui est capable de lever des fonds. Mais cette filiale ne fonctionne pas comme les autres entreprises, comme SpaceX, par exemple. En effet, OpenAI fonctionne sur un principe de “Capped-profit” ou de profit plafonné. Outre le fait que ses investisseurs n’ont pas de pouvoir de décision (les décisions sont prises par le conseil d’administration de la branche à but non lucratif), ceux-ci ont aussi des retours sur investissement plafonnés.

Pourquoi un plafond ?

“La structure des capitaux propres de l’entreprise à but lucratif comporterait des plafonds qui limiteraient le rendement financier maximum pour les investisseurs et les employés afin de les inciter à rechercher, développer et déployer l’AGI d’une manière qui concilie l’aspect commercial avec la sécurité et la durabilité, plutôt que de se concentrer sur la maximisation du profit pur et simple”, lit-on sur le site d’OpenAI. Autre règle de cette structure : les membres du conseil d’administration n’ont pas de parts dans OpenAI. D’après celui-ci, même Sam Altman n’a pas de directement de parts dans le créateur de ChatGPT. “Il n’a d’intérêt qu’indirectement, par l’intermédiaire d’un fonds d’investissement de Y Combinator qui a fait un petit investissement dans OpenAI avant qu’il n’y travaille à plein temps”, précise OpenAI.

Une organisation qui vaut 157 milliards de dollars

En tout cas, le plan d’OpenAI a fonctionné puisque, grâce à sa structure hybride, celui-ci a pu lever des milliards de dollars. Au mois d’octobre, celui-ci a d’ailleurs levé 6,6 milliards de dollars, ce qui a porté sa valorisation à 157 milliards de dollars. Et aujourd’hui, OpenAI fait partie des “startups” les mieux valorisées dans le monde, aux côtés de SpaceX et de Bytedance, la société chinoise qui propose le réseau social TikTok.

En septembre, des rumeurs ont circulé au sujet d’un possible changement de structure au sein d’OpenAI et de la possibilité que celui-ci ressemble un peu plus à une vraie entreprise. En réaction à ces rumeurs, voici ce qu’a déclaré un représentant d’OpenAI, d’après un article de Reuters : “Nous restons concentrés sur la construction d’une IA qui profite à tous, et nous travaillons avec notre conseil d’administration pour nous assurer que nous sommes les mieux placés pour réussir notre mission. L’organisation à but non lucratif est au cœur de notre mission et continuera d’exister.”

Contrairement aux sociétés cotées en bourse, OpenAI n’est pas tenu de présenter ses résultats financiers chaque trimestre. Cependant, d’après les rumeurs, malgré le succès de ChatGPT, celui-ci ne ferait toujours pas de profits, alors que l’entraînement et le fonctionnement de ses modèles d’IA nécessitent d’importantes ressources informatiques et beaucoup d’énergie.

  • OpenAI a été créé sous forme d’organisation à but non lucratif en 2015, mais il a adopté une nouvelle structure en 2019, afin de lever plus de fonds
  • Le créateur de ChatGPT est toujours contrôlé par une organisation à but non lucratif, mais se sert d’une filiale à but lucratif pour développer et commercialiser ses technologies
  • Cette filiale à but lucratif peut lever des fonds, mais ses investisseurs ont des profits plafonnés (le principe du “capped-profit”) et n’ont pas de pouvoir de décision

📍 Pour ne manquer aucune actualité de Presse-citron, suivez-nous sur Google Actualités et WhatsApp.

Newsletter 🍋

Abonnez-vous, et recevez chaque matin un résumé de l’actu tech