Depuis sa création en 2019 par une équipe de programmeurs, de roboticiens, et d’experts en art et de psychologues, l’androide Ai-Da n’en finit plus de faire parler. Le robot est conçu pour ressembler et agir comme une femme et dispose d’une voix féminine. Son nom a été créé en forme d’hommage à la mathématicienne britannique Ada Lovelace.
En deux ans, Ai-Da a notamment produit des peintures abstraites basées sur des modèles mathématiques complexes et sa première exposition a permis de récolter plus d’un million de dollars. Elle s’est même offerte le luxe de donner sa première conférence TEDx. Loin de s’arrêter en si bon chemin, l’humanoïde expose ses autoportraits jusqu’au 29 août prochain au Design Museum de Londres.
Ai-Da, le premier robot artiste, expose à Londres https://t.co/vNtpPC55vy pic.twitter.com/OUdmnTix1u
— Paris Match (@ParisMatch) May 20, 2021
Pour réussir cette prouesse, Ai-Da repose sur une combinaison d’intelligence artificielle et de robotique avancée nous apprend le Guardian. Ses yeux lui servent de caméra et elle s’observe elle-même avant de se représenter en peinture.
L’IA donne de nouvelles perspectives à l’art
Cette exposition revêt un intérêt culturel mais aussi philosophique. Pendant longtemps en effet, nous avons considéré l’art comme une trait appartenant uniquement aux humains. Et voilà qu’une machine parvient à reproduire des visuels de grande qualité en se servant de ses propres bras robotiques. Pour autant, comme beaucoup le font remarquer, Ai-Da ne pourrait exister sans les humains qui l’ont programmé.
Citée par la BBC, Lucy Seal, une des chercheuses à l’origine de cette initiatives explique que c’est justement le but de la création de ce robot :
Si Ai-Da ne fait qu’une seule chose importante, ce serait de nous amener à réfléchir au flou qui entoure les relations entre l’homme et la machine. Elle nous encourage à penser plus attentivement et plus lentement aux choix que nous faisons pour notre avenir.
À noter que l’intelligence artificielle est régulièrement utilisée sur des projets artistiques. Nous vous parlions récemment de l’idée de l’informaticien Glenn Marshall qui a utilisé cette technologie pour transformer radicalement la représentation d’un poème. Il a ainsi utilisé l’outil Story2Hallucination qui permet de convertir des mots en vidéo. La narration a été assurée par vo.codes avec lequel il a créé un deepfake basée sur la voix de l’acteur Christopher Lee.
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La langue et son évolution étant un fait social, rien ne s’oppose à trouver en grammaire robotique les termes :”robtisan” pour “artisan” et “robtiste” pour “artiste” comme distinguo de genre… Sans prétention de paternité.