CES : bienvenue au salon de l’auto !

Le CES de Las Vegas est devenu un véritable salon de l’auto avec des démos, des keynotes, des premières et des concepts. Visite guidée.

Avec toutes les nouveautés annoncées, à côté, le très classique salon de Detroit, une semaine après, fait bien propret. Visite guidée dans le North Hall, celui consacré à l’auto, où constructeurs et équipementiers rivalisent pour montrer leurs avancées en trois mots qui n’auront jamais été si concrets : connexion, autonomie, électrification.

Le futur de Faraday

Dès la première journée presse, on attaque fort avec la marque probablement la plus symbolique des mutations profondes de l’auto dans ces prochaines années : Faraday Future. La nuit tombe et la fièvre monte pour le deuxième rendez-vous « quitte ou double » de la start-up sino-américaine. L’an passé, elle avait autant suscité des attentes exceptionnelles qu’elle avait déçu avec un concept tendant vers la Batmobile, trop virtuel. Là, ambiance mondaine avec VIPs et investisseurs en attendant le lancement tant annoncé, la première voiture de production en série pour la marque, dans un moment où beaucoup doutent de sa santé. Départs en série, travaux de l’usine arrêtés, fournisseurs non payés : FF a plutôt mauvaise presse ces derniers temps.

faraday

En réponse, voilà un show à l’américaine avec une obsession, les performances d’accélération. Tesla a commencé le jeu, NextEV/Nio a surenchéri et maintenant, c’est FF qui aura le temps le plus court pour aller à 100 km/h. Sous une tente vraiment géante avec 1 400 personnes, le spectacle commence en retard – d’où le risque d’afficher un compte à rebours non tenu. Dans une logique de publicité comparative très US, une Ferrarj, une Bentley et deux Tesla se succèdent pour montrer leur capacité d’accélération. Et la FF91, un crossover géant (5,25 m), fait son entrée. Elle est présentée comme une nouvelle espèce, la première voiture vraiment entièrement connectée, avec la plus grosse puce embarquée. Mais on n’en saura pas beaucoup plus, l’intérieur restant fermé aux journalistes… Les grosses batteries assurent en théorie 700 km d’autonomie, un record. Et évidemment, ses plus de 1 000 ch ont permis de battre tout le monde en accélération pure. Un record pas bien exploitable au quotidien… Plus utile, le parking automatique, sauf s’il tombe en panne, gênant surtout si ça se passe devant le père fondateur de la marque, le milliardaire YT Jia, le patron de LeEco, qui n’en a pas perdu son sourire pour autant…

Les équipementiers en première ligne

Au delà des effet d’annonce, et même pour FF, tout se joue avant tout du côté des équipementiers. C’est eux, désormais qui ont les cartes en mains pour la plupart des avancées technologiques et ils fournissent le cœur de tous ces nouveaux écosystèmes, à coups d’accord entre marques, fournisseurs des capteurs et processeurs de calcul avec Intel, Nvidia ou Qualcomm. Les progrès en termes de radars laser (les fameux lidars qui trônent sur les Google cars) permettent d’envisager leur lancement en série d’ici peu. Peu à peu, toutes les briques permettant sérieusement d’envisager des phases de conduite autonome se mettent en place, comme le futur déploiement de la 5G ou la cartographie HD de TomTom ou Here.

Et chacun y va de sa démo en conduite autonome sur les parkings du parc des expos, avec beaucoup de points communs et, parfois, des solutions individuelles. Les ingénieurs conseils allemands de IAV poussent pour une intégration de systèmes de commande et paiement embarqué privilégiant le commerce local. Et ils proposent un système d’analyse de l’état de fatigue et d’activité des passagers pour régler automatiquement la lumière en conséquence. Dans le même esprit, Bosch adapte la position de conduite et la musique au conducteur qu’il a reconnu avec une caméra. Nvidia et Audi, récents partenaires, montrent comment leur voiture est capable de réagit seule face à une zone de travaux tout juste installée.

audi-nvidia

L’interface homme-machine est aussi un sujet chaud du moment. Avec des ultrasons, Bosch donne un retour haptique perceptible dans la main pour valider des commandes gestuelles. Impressionnant. Et BMW présente un concept d’intérieur utilisant des commandes holographiques.

Les aspects de réalité augmentée montent aussi en puissance, de différentes manières. Panasonic projette dans un système de vision tête haute de grande surface des marquages au sol ou une voiture « témoin » qui conduit devant vous, à suivre de manière plus simple et naturelle que des instructions de navigation. L’affichage se fait virtuellement à une dizaine de mètre devant la voiture, ce qui évite à l’œil de devoir se réaccommoder. Un principe appliqué par Valeo dans un rétroviseur intérieur par caméra et projection.

Enfin, Bosch et Continental proposent enfin une solution d’écran intégré au tableau de bord d’un deux-roues pour les indications du GPS par exemple.

Ces chers « millenials »

Immanquablement, cela revient dans la bouche des constructeurs, tout comme l’obsession du premium : les millenials sont la cible du concept Chrysler Portal, conçu par et pour eux d’après le constructeur de Detroit. L’analyse générale pour positionner la voiture est ici semblable à ce que l’on voit chez les autres, elle devient le troisième lieu et sa connectivité assure les loisirs lorsque c’est elle qui conduit. Intéressant, un système de haut-parleurs directionnels permet d’écouter différentes choses à l’avant et à l’arrière sans se gêner. Cela rappelle le produit de la start-up française Akoustic Arts.

Intelligence artificielle à bord

Toyota a surpris son monde avec un concept-car à la fois très « manga » (mais il a été dessiné en Californie) et fou, mais aussi sympathique. Doué d’intelligence, il est capable de conduire ou vous laisser conduire selon les conditions, d’apprendre de vos goûts et comportements, et de communiquer de manière douce avec des couleurs projetées au sol ou le toucher. Quelle délicatesse, ce robot !


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