Dans un contexte environnemental assez moribond, l’industrie aéronautique fait figure de mauvais élève. Polluante (24,2 millions de tonnes de CO2 émises en 2019 selon l’ADEME), elle provoque également une artificialisation forcenée des sols, des nuisances sonores et menace la biodiversité. Le secteur se tourne de plus en plus vers la recherche de nouveaux carburants, comme l’hydrogène, pour faire voler ses aéronefs. Une entreprise britannique, Firefly, explore une autre voie pour fabriquer du carburant de manière plus écologique : la liquéfaction hydrothermale.
Les eaux usées, un trésor énergétique insoupçonné ?
Firefly est une société pionnière dans l’exploitation de ce procédé pour l’aviation. Derrière ce terme un peu barbare se cache une technique en réalité plutôt simple à comprendre. C’est un processus chimique qui convertit les matériaux organiques en combustibles liquides ou autres produits chimiques utiles. En voici les étapes simplifiées :
- Utilisation de biomasse : tout d’abord, il s’agit de collecter différentes biomasses comme les résidus alimentaires, les déchets agricoles ou les eaux usées. Ces dernières sont la base de la réaction.
- Application de conditions extrêmes : mélangée à de l’eau et exposée à de très fortes chaleurs (de 250 °C à 374 °C) sous haute pression, cette biomasse cuit pour déclencher la réaction chimique nécessaire.
- Transformation chimique : dans ces conditions, la biomasse se transforme en un liquide très riche en hydrocarbures, très semblable au pétrole brut dans sa composition.
- Raffinage : l’étape finale, où ce liquide est ensuite traité et raffiné pour produire des carburants, comme le biodiesel.
Grâce à cette technique, Firefly a réussi à extraire du pétrole brut et du biochar, une forme de charbon issu de la biomasse et obtenu grâce à un processus de pyrolyse. Selon ses calculs, ce nouveau carburant affiche un bilan carbone très convenable par rapport aux combustibles fossiles. En effet, il produirait 92 % d’émissions de gaz à effet de serre en moins.
Les eaux usées étant très abondantes, cela pourrait représenter une avancée réellement intéressante pour l’industrie. Toutefois, Firefly devra traverser le labyrinthique processus réglementaire afin d’industrialiser la production de son carburant durable. En effet, les SAF (Carburants Durable d’Aviation) sont soumis à une réglementation vraiment stricte pour plusieurs raisons. Ils doivent répondre à des normes de sécurité et de performances très rigoureuses, être compatibles avec les infrastructures de distribution de carburant et être conformes aux standards internationaux établis par l’ATSM International et l’Organisation de l’aviation civile internationale.
Décarboner l’industrie aéronautique est une priorité, tant celle-ci s’est développée depuis les années 1980. Même si le chemin vers l’application de ce type d’initiative est encore long et parsemé d’embûches réglementaires et techniques, ces initiatives rassurent quant à la propension de l’homme à adapter ses comportements. C’est un petit pas, mais cela reste un pas vers l’avant quand même.
- Une entreprise britannique, Firefly, a trouvé le moyen de produire du carburant pour avions à partir des eaux usées.
- Leur technique s’appuie sur un procédé chimique nommé liquéfaction hydrothermale.
- Même si cette innovation est prometteuse, une adoption globale n’est pas pour demain.
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