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ChatGPT rend le travail plus idiot, confirme une étude

L’IA rend-t-il le travail plus agréable ? Pas vraiment selon cette enquête de chercheurs.

Cela ne fait que quelques mois que ChatGPT (GPT-4) est disponible, déclenchant la première arrivée massive de l’intelligence artificielle dans de nombreux secteurs. À mesure que les salariés font l’expérience de cette nouvelle possibilité, trois conclusions s’imposent : d’abord, la frontière de ce que permet ou non l’IA de faire est mouvante, avec des avancées mais aussi des reculs.

Dans certaines activités et tâches, l’IA peut nettement augmenter la productivité du salarié. Mais plus globalement, comme le note une étude BCG en partenariat avec l’Université de Harvard réalisée sur un échantillon de 758 consultants, “ceux qui utilisent ChatGPT de manière extensive depuis six mois étaient moins bons et créatifs que ceux qu’ils l’utilisent moins”. 

ChatGPT n’améliore pas la qualité du travail selon cette étude

En tout, 18 types de tâches différentes étaient testées d’une difficulté, avec un groupe témoin sans IA, un autre qui pouvait s’aider de ChatGPT (spécifiquement le modèle GPT-4) et un autre qui avait suivi une formation autour de l’IA et pouvait utiliser ChatGPT. En plus de cela, les chercheurs ont aussi demandé à ChatGPT de réaliser les mêmes tâches seuls.

Evidemment, à cause des capacités inégales du modèle, il s’avère qu’utiliser ChatGPT est plus efficace dans certains cas que dans d’autres. Mais en moyenne, pour les tâches les plus simples, c’est plutôt un plus du point de vue de la productivité. Les consultants testés étaient en moyenne 12,2% plus efficaces avec IA que sans et ils ont terminé leurs tâches 25,1 % plus vite.

La qualité globale du résultat était 40% supérieure avec l’IA, mais avec des résultats variés en fonction de l’expérience du consultant. Les plus expérimentés étaient plutôt sur une hausse de 17% tandis que les consultants les moins bons bénéficiaient d’une hausse moyenne de la qualité de l’ordre de 42%.

Au passage on apprend que les formations autour du prompt – une compétence de plus en plus demandées en entreprise – ne servent quasiment à rien. Qu’ils aient eu ou non accès à une formation la performance et qualité du résultat restait en moyenne la même. Ce qui est plus utile, selon les chercheurs, est de s’informer en permanence des évolutions de l’outil et de savoir ce qu’il peut faire efficacement ou non.

Mais il reste un problème : les réponses de l’IA sont globalement plus entendues et moins créatives que celles d’équipes de salariés humains. Et au-delà, le constat change radicalement sur les tâches plus complexes. L’étude montre que pour 80% de ces tâches, les humains sans IA étaient plus efficaces. Utiliser l’IA pour les tâches les plus complexes est donc pour l’instant, a priori, un non-sens en entreprise.

Au-delà, on le voit, l’IA peut dégager du temps pour réaliser d’autres tâches en parallèle, mais c’est aussi un moyen de rendre le travail plus “idiot”. Il est en effet facile de se laisser tromper par les capacités de persuasion de l’IA. D’autant que ses réponses sont parsemées quelques erreurs pas toujours faciles à corriger.

  • Une étude BCG et Harvard met en lumière l’impact de l’IA dans le métier de consultant
  • L’IA permet de gagner en performance, mais elle a aussi des effets pervers
  • Elle peut notamment déboucher sur des résultats moins créatifs et variés

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