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Connaissez vous celui que les scientifiques surnomment “l’animal le plus joyeux au monde” ?

Partons à la rencontre du quokka, un adorable marsupial originaire du sud-ouest de l’Australie, dont le sourire permanent attendrirait n’importe qui.

Le quokka (Setonix brachyurus) est de petite taille (environ 40 à 54 cm de long) et son poids varie entre 2,5 et 5 kg. Avec son petit gabarit, sa tête franchement mignonne et sourire en coin caractéristique, le quokka a su conquérir le cœur de millions d’internautes. Il est même devenu une star des selfies viraux sur les réseaux sociaux avec le hashtag #quokkaselfie sur Instagram, comportant plus de 50 000 publications !

Pourtant, la vie de ces vedettes du web reste méconnue du grand public alors que leur population décline rapidement. Voici ce qu’il faut savoir sur ces animaux surnommés les « animaux les plus heureux du monde » et sur les efforts des scientifiques pour préserver leur sourire.

Quokka
© Ena Music / Wikipedia

L’île Rottnest : un sanctuaire touristique mais fragile

Nichée au large de Perth, dans l’ouest de l’Australie, l’île Rottnest attire les foules grâce à ses plages paradisiaques et son atmosphère paisible. Mais ce qui la rend unique, c’est également sa population de quokkas. En effet, l’île abrite environ 10 000 individus, soit la majorité de la population mondiale de quokkas et offre un cadre idyllique pour observer ces créatures dociles et habituées à la présence humaine.

Leur nature curieuse et leur sourire contagieux en font des sujets parfaits pour des selfies mémorables, c’est pourquoi le quokka a tant gagné en popularité. Cependant, Larisa DeSantis, paléontologue spécialiste des vertébrés à l’Université Vanderbilt qui étudie les quokkas, met en garde contre ce rapprochement excessif. « Il vaut mieux éviter de trop s’approcher d’eux » explique-t-elle.

Elle rappelle par ailleurs que le quokka, malgré son apparente sympathie, reste un animal sauvage. « On ignore souvent que les quokkas peuvent mordre […] Il est possible d’obtenir une belle photo avec un quokka sans empiéter sur son espace vital ».

Malheureusement, sa notoriété sur les réseaux sociaux n’est pas sans ombre au tableau. Un meme populaire, circulant depuis 2018, véhicule une image erronée et cruelle de cet animal. Ce meme prétend que les quokkas adultes n’hésitent pas à sacrifier leurs petits face aux prédateurs pour sauver leur propre peau du danger.

Bien que cette affirmation soit évidemment exagérée et ne reflète pas la réalité, elle s’inspire d’un comportement observé chez certains marsupiaux. En effet, face à un danger imminent, la femelle quokka peut effectivement détendre sa poche et laisser tomber son petit au sol. Cette stratégie, documentée dans cette étude, bien que risquée, vise à distraire le prédateur et à donner à la mère le temps de se sauver.

Un habitat en danger et un avenir menacé

Auparavant, le quokka occupait un territoire bien plus vaste dans l’ouest de l’Australie. Actuellement, son habitat ne se résume plus qu’à une poignée d’îles et dans des zones restreintes des denses forêts du sud-ouest du continent australien. Selon les estimations des experts, il ne resterait que 15 000 quokkas à l’état sauvage. Ils sont donc classés dans la catégorie des espèces vulnérables et sur la liste rouge de l’UICN (Union internationale pour la conservation de la nature).

Lara DeSantis exprime son inquiétude à propos de la situation des quokkas : « La fragmentation de leur habitat est un problème chronique. S’ajoutent à cela les espèces envahissantes et maintenant le changement climatique avec des incendies de plus en plus violents ». L’Australie continentale a quasiment vu disparaître entièrement ces marsupiaux, ces derniers préférant se réfugier dans les zones forestières qui leur procurent abris et nourriture.

Une situation qui, selon Lara DeSantis, aurait déjà débuté avec la colonisation de l’Australie au 19ᵉ et 20ᵉ siècles, les arrivants européens ayant amené avec eux des espèces envahissantes qui ont largement fragilisé les écosystèmes locaux. Les quokkas ont été victimes de ce phénomène, entraînant un déclin drastique de leur population.

Mieux comprendre les quokkas pour mieux les sauvegarder

Des recherches menées par Lara DeSantis et son équipe de l’université Vanderbilt ont dévoilé un aspect inconnu de l’histoire de ces animaux. Publiés en 2020 dans le Journal of Zoology, elles ont révélé que les quokkas occupaient pendant des millénaires des habitats bien plus diversifiés, qualifiés de « mosaïques ». Des travaux ouvrent qui ouvrent de nouvelles perspectives pour la conservation de ces petites bestioles.

« Si nous parvenons à réduire et à éliminer les renards dans ces régions, ce que les acteurs de la conservation s’efforcent activement de faire, nous n’aurons plus nécessairement à gérer des populations isolées dans les zones les plus denses des forêts. Les quokkas se débrouillent parfaitement dans ces habitats mosaïques » explique la paléontologue.

Ces résultats suggèrent que la préservation des quokkas ne doit pas se cantonner à la protection des forêts denses actuelles. Elle doit aussi se concentrer sur la restauration d’habitats plus diversifiés et plus proches de leur environnement historique. Ces marsupiaux ont fait preuve d’autres recherches plus récentes, dont une qui s’est attardé sur la cartographie de leur ADN afin de mieux comprendre comment ceux-ci s’adaptent.

Si le quokka attire les foules par son sourire contagieux, sa situation est très loin d’être idyllique. Victime, comme beaucoup d’espèces en Australie, de la fragmentation de son habitat, de la prédation par des espèces envahissantes et du changement climatique, cet animal emblématique du pays n’a, pour le moment, pas un avenir très heureux. C’est pourquoi ces recherches et les efforts conjugués des scientifiques et des défenseurs de l’environnement sont essentiels : pour que le quokka continue de sourire pour les générations à venir.

  • Le quokka est un marsupial australien, à l’apparence atypique. Sa morphologie est telle que l’on peut avoir l’impression qu’il sourit, ce qui a fait de lui une véritable star des réseaux sociaux.
  • Son habitat s’est largement dégradé depuis la colonisation du 19ᵉ et 20ᵉ siècles, et sa population est majoritairement concentrée sur île Rottnest.
  • La communauté scientifique continue de l’étudier pur comprendre comment mieux le préserver, le quokka étant classé en espèce vulnérable par l’UICN.

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