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Critique Astérix et Obélix : l’Empire du moyen

Nos deux gaulois préférés sont de retour. Mais on aurait peut-être pu s’en passer… On vous dit tout dans notre critique d’Astérix et Obélix : l’Empire du Milieu.

“Nous sommes en 50 avant Jésus-Christ. Toute la Gaule est occupée par les Romains… Toute ? Non ! Car un village peuplé d’irréductibles Gaulois résiste à l’envahisseur. Et la vie n’est pas facile pour les garnisons de légionnaires romains des camps retranchés de Babaorum, Aquarium, Laudanum et Petibonum…”

Vous connaissez la chanson, nous en sommes certains. Nous voilà donc de retour en Gaule avec le nouveau long métrage de Guillaume Canet. Cette fois, direction la Chine. Le réalisateur n’a pas hésité à sortir l’artillerie lourde pour les nouvelles aventures des deux gaulois adorés des Français. Mais derrière sa distribution 5 étoiles et une esthétique fidèle aux bandes dessinées, Astérix et Obélix : l’Empire du Milieu sonne creux.

L’ombre du succès tonitruant d’Astérix et Obélix : Mission Cléopâtre plane toujours sur la saga. L’envie de réitérer l’exploit réalisé par Alain Chabat en 2002 est évidemment là. Mais c’est loin d’être suffisant pour ce nouvel opus. Vingt ans plus tard et onze ans après son dernier opus, la saga est sur le déclin. Et L’Empire du Milieu n’est pas près de la relever.

Direction la Chine

Faisons d’abord un point sur le synopsis d’Astérix et Obélix : l’Empire du Milieu. Pour la toute première fois, nous avons droit à un scénario original et non pas à une adaptation d’un des albums d’Astérix et Obélix. Une opportunité qui pourrait permettre d’amener un nouveau souffle…

Alors que l’Impératrice de Chine est victime d’un coup d’État, sa fille, la princesse Fu Yi, se rend jusqu’au fameux village de nos Gaulois préférés pour leur demander de l’aide. Bien entendu, nos valeureux guerriers acceptent de se rendre jusqu’en Chine pour délivrer l’Impératrice et rétablir l’ordre.

Dans ce long périple qui leur réserve de sacrées aventures, la princesse Fu Yi, Astérix et Obélix ne sont pas seuls. Idéfix est, évidemment, de la partie. Il y a également Tat Han, qui protège la princesse, et Graindemaïs, un commerçant phénicien qui se fait passer pour un Gaulois pour ses affaires.

Somme toute, Astérix et Obélix : l’Empire du Milieu suit une feuille de route rodée. Le schéma narratif ne s’écarte pas du droit chemin : situation initiale, élément perturbateur, péripéties, dénouement et situation finale. On ne peut pas mentir : la recette fonctionne. Film familial par excellence, ce nouvel opus des aventures d’Astérix et Obélix au cinéma devrait séduire les enfants… Mais un peu moins les plus grands.

Malgré un scénario original, qui offre une certaine liberté, le film n’arrive pas à en tirer profit. Ses personnages comme les enjeux de l’intrigue peinent à être approfondis au cours des deux heures. Astérix et Obélix : l’Empire du Milieu se cantonne à son rôle de film familial qui ne va pas forcément plus loin. Néanmoins, on note une certaine poésie dans les personnalités très enfantines des héros mais elle ne se dévoile réellement qu’à la conclusion. Un peu tard, hélas.

Faire venir nos gaulois préférés jusqu’en Chine est également l’occasion de rendre hommage à la culture asiatique. Combats obligent, certaines scènes d’Astérix et Obélix : l’Empire du Milieu nous renvoient aux films d’arts martiaux cultes menés, tambours battants, par Bruce Lee ou encore Jackie Chan. De quoi titiller les amateurs du genre.

Casting sous stéroïdes

En plus d’un scénario original, Astérix et Obélix : l’Empire du Milieu est le premier film de la saga cinématographique sans Gérard Depardieu dans le rôle du Gaulois enrobé. La bonne nouvelle, c’est que Gilles Lellouche réussit à reprendre le flambeau avec brio. Si Gérard Depardieu était un Obélix-né, l’interprétation de Lellouche est pertinente. Que cela soit dans sa manière de s’exprimer ou ses mimiques, on retrouve l’Obélix qu’on adore. C’est déjà un bon point.

De son côté, Guillaume Canet réussit à porter fièrement le costume du petit héros au casque ailé. Sans être une interprétation catastrophique, elle n’est pas spécialement marquante. Par conséquent, elle est loin d’être au niveau de celle de Christian Clavier dans les opus passés.

Dans cette nouvelle aventure, Jonathan Cohen décroche une place de choix. Celui qui fait rire tout l’Hexagone ne pouvait qu’être présent dans cette comédie événement. Sans qu’on en soit à l’indigestion, l’acteur reste sur ce qu’il connaît. On aime ou on n’aime pas. Mais il s’agirait de ne pas trop tirer sur la corde…

Décidément, Guillaume Canet a mis le paquet pour ce film. Pensez à toutes les célébrités en vogue. C’est bon ? Bah voilà, elles sont toutes dans Astérix et Obélix : l’Empire du Milieu. On aimerait exagérer (et on grossit le trait sûrement un peu, on vous l’accorde) mais c’est la vérité. Pas étonnant que le budget du film soit colossal. Rappeurs, influenceurs ou sportifs acclamés sur les réseaux sociaux, ils sont presque tous au rendez-vous. Mais le problème, c’est qu’ils sont rappeurs, influenceurs ou sportifs. Pas acteurs.

Alors oui, Jonathan Cohen est de la partie, Vincent Cassel incarne Jules César, Angèle fait une apparition et il y a même McFly et Carlito du côté des Romains. Mais pas de quoi nous dérider vraiment pour autant. Car une belle affiche, cela ne fait pas tout. Si on n’assiste pas à un naufrage total, on a un peu les pieds dans l’eau dans ce bateau. Cependant, on imagine que les plus jeunes devraient savourer ce casting trié sur le volet.

Entre des acteurs majeurs qui ne sont pas forcément convaincus et des grands noms qui ne sont pas du métier (et cela se voit), la distribution d’Astérix et Obélix : l’Empire du Milieu nous laisse un goût amer en bouche .

Une gorgée de potion magique, s’il vous plaît ?

Ce qui a fait le succès phénoménal d’Astérix et Obélix : Mission Cléopâtre, c’est son humour et la qualité de l’écriture des gags. Aujourd’hui, les scènes du film d’Alain Chabat sont cultissimes. Il y en a même qui connaissent par cœur le monologue d’Édouard Baer (ne les jugez pas). Malheureusement pour L’Empire du Milieu, il ne lui arrive pas à la cheville.

Si vous voulez de la subtilité, vous pouvez toujours courir. On voit les vannes arriver à des kilomètres et c’est bien notre grand reproche au film. On aurait sûrement aimé une deuxième lecture pour les spectateurs qui ont dépassé les 15 ans. Bien sûr, quelques blagues et autres jeux de mots nous décrochent un sourire. Voire un rire sincère. Mais ils se comptent sur les doigts d’une seule main. Pour une comédie, c’est bien dommage. D’autant que les meilleures blagues du films sont déjà dans les bandes-annonces.

La mayonnaise ne prend pas car tout semble forcé. Le rythme des blagues est bien trop effréné et on peine à respirer entre deux (tentatives de) vannes. Le film veut absolument nous faire rire. À tout prix. Et il n’y a pas pire pour faire l’effet inverse.

Astérix et Obélix : l'Empire du Milieu
© Pathé

Finalement, si on rigole, c’est plus de gêne. “Mais non, ils n’ont pas osé quand même ?” peut-on se demander à plusieurs reprises lors du visionnage. Bah si, ils ont osé. Et ça nous aurait presque donné envie de (Guillaume) Canet.

L’univers d’Astérix et Obélix respecté

Les fans des héros de Goscinny et Uderzo devraient tout de même s’y retrouver. Les décors d’Astérix et Obélix : l’Empire du Milieu sont beaux et fidèles à l’univers de la bande dessinée originelle. On retrouve le village comme on le connaît depuis des décennies. De même, tous les personnages resplendissent dans des costumes de qualité et cela mérite d’être souligné.

Ainsi, visuellement, Astérix et Obélix : l’Empire du Milieu est à la hauteur. Pareillement les effets spéciaux du film sont travaillés et respectent parfaitement l’univers qui a accompagné plusieurs générations. On note notamment les scènes lorsque les sentiments amoureux d’Astérix sont trop forts et que les ailes de son casque s’emballent.

Verdict : peut (vraiment) mieux faire

Si Astérix et Obélix : l’Empire du Milieu n’est pas la catastrophe que nous redoutions, le film n’est pas une bonne surprise pour autant. C’est (très) moyen. Et c’est dommage. Visuellement, c’est plutôt chouette. Les costumes des personnages, les décors… Il y a de bons éléments.

Le synopsis, bien que très classique, n’est pas à jeter aux oubliettes non plus. Mais tout sonne creux. Comme le casque des Romains. Un peu de subtilité et des blagues plus travaillées n’auraient pas été de refus. Les vedettes du moment et le signe JUL, cela ne fait pas un film. Astérix et Obélix : l’Empire du Milieu se laisse regarder mais il y a de fortes chances pour qu’il soit rapidement oublié.

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Astérix et Obélix : l'Empire du Milieu

3

Note Globale

3.0/10

On aime

  • De beaux décors et costumes

On aime moins

  • Un humour qui ne prend pas
  • Un casting qui sonne creux
  • Un scénario pas assez approfondi
2 commentaires
2 commentaires
  1. Je pense que vous avez inversé les j’aime et j’aime pas, mais le lecteur aura rectifié.
    Sans avoir vu le film, la critique que je viens de lire est un peu celle que j’avais imaginée, au vu de la promo bruyante et forcée à laquelle on a pu assister…

  2. Critique très pertinente j’ai eu le même ressenti en sortant de la salle. Les seules notes positives sont tout comme l’a dit la rédactrice notre cher Obélix, je rajouterais également le personnage de José Garcia ainsi que l’apparition de Zlatan qui à mon sens aurait du être le seul guest du film. Merci à vous pour votre honnêteté.

Les commentaires sont fermés.