- La numérisation de la musique a frappé de plein fouet le secteur
- Mal vu à ses débuts, le streaming a finalement permis de redresser la barre
- Il reste cependant de vrais inégalités, et les artistes indépendants ont encore du mal à se faire une place
Lors du lancement de Spotify en 2008, les acteurs de l’industrie musicale voyaient d’un très mauvais œil l’initiative de l’entreprise suédoise. Il faut dire que la numérisation du secteur a frappé de plein fouet les recettes. Pourtant, et si on regarde dans le rétroviseur, le streaming a permis à cet écosystème d’assurer sa survie et de retrouver le chemin de la croissance.
C’est en tout cas ce que l’on peut retenir de cette infographie publiée par le portail en ligne Statista. Les analystes se basent sur les données publiées par le dernier Global Music Report de la Fédération internationale de l’industrie phonographique (IFPI). En 2023, les revenus mondiaux de la musique enregistrée s’établissent à 26,2 milliards de dollars, en hausse de 9 % par rapport aux 24 milliards de 2021.
2022 was another good year for the #music industry. According to IFPI’s latest Global Music Report, worldwide recorded music revenues totaled $26.2 billion last year, up 9 percent from the previous year’s total of $24 billion.
— Statista (@StatistaCharts) March 29, 2023
Dans ce total, le streaming pèse pour 67 % des recettes. Si on regarde en arrière, on constate que la numérisation et l’arrivée des MP3 s’est avérée catastrophique pour ce marché. Les ventes physique se sont effondrées de 60 % entre 2001 et 2010, constatent les experts. En 2013, le secteur atteignait un plafond historiquement bas à 14 milliards de dollars.
Des inégalités de traitement ?
Mais peu à peu, les plateformes de streaming comme Spotify, Apple Music, ou Deezer ont permis de redresser la barre. Et l’IFPI rappelle à cet égard une excellente nouvelle : les internautes ont repris l’habitude de dépenser pour écouter de la musique, et 589 millions de personnes utilisent un abonnement payant.
Bien sûr, il ne faudrait pas tomber dans le travers inverse, et considérer que la situation actuelle est parfaite grâce à ces grands services. Parmi les critiques qui leur sont souvent adressées, on retrouve l’idée d’une inégalité de traitement entre les grandes maisons de disque et les petits artistes indépendants.
En 2021, nous vous parlions notamment de cette étude menée par des chercheurs de l’Université d’East Anglia, située à Norwich au Royaume-Uni. Les scientifiques ont constaté que les grands acteurs n’offrent pas des conditions de concurrence équitables pour les artistes et les maisons de disques.
Les auteurs proposaient alors de revoir en profondeur le système de paiement afin que les redevances générées par les abonnements d’un utilisateur soient réparties en fonction de ce qu’il choisit d’écouter.
📍 Pour ne manquer aucune actualité de Presse-citron, suivez-nous sur Google Actualités et WhatsApp.
