En France, les start-up françaises spécialisées dans les technologies de la blockchain lèvent moins de fonds qu’avant. Cette tendance s’explique par différents facteurs, et a le potentiel d’être inversée.
Moins de levées de fonds pour les start-up crypto
Ce sont les résultats d’une étude commandée par Les Échos à Invyo, spécialiste de l’analyse de données : au cours du premier semestre 2024, 19 start-up de crypto-monnaies françaises ont levé des fonds. C’est une baisse de 35 % par rapport à la même période de l’année dernière où elles étaient 29.
Le montant total levé, lui, était plus haut que celui de 2023. Il a atteint les 178 millions d’euros contre 134 millions d’euros. Ce chiffre s’explique néanmoins par la performance de deux jeunes pousses, et ne reflète pas l’état global du marché. Zama, qui développe un logiciel permettant de chiffrer et de protéger les données des blockchains, a ainsi levé 67 millions d’euros, soit l’une des plus belles opérations réalisées par une fintech cette année.
Pour sa part, Flowdesk, spécialiste des technologies financières pour les crypto-actifs, a enregistré un tour de table à 50 millions d’euros. Ces deux levées de fonds ont permis de faire grimper le ticket moyen des opérations lors du semestre, les faisant passer de près de 2 millions d’euros à 2,6 millions d’euros.
Malgré tout, la situation des start-up de crypto n’est pas au beau fixe. Entachées par le scandale FTX, elles subissent un important déclin depuis 2022. Pour rappel, la deuxième plus grande plateforme d’échange de crypto-monnaies au monde s’est effondrée à la suite de révélations sur sa gestion financière douteuse.
L’espoir subsiste
Mais il ne s’agit pas de la seule explication. Les investisseurs semblent en effet plus enclins à dépenser dans le secteur de l’intelligence artificielle, bouleversé par l’essor de l’IA générative. La plus récente levée de Mistral AI, champion français du domaine, en est le parfait exemple. La jeune pousse a opéré un tour de table à hauteur de 468 millions d’euros, portant sa valorisation à 6 milliards d’euros.
Par ailleurs, le domaine des crypto-monnaies reste très lié au prix du bitcoin, ce qui le rend instable et moins attractif pour les investisseurs. À cela vient s’ajouter un manque de cas d’usages concrets. Si la blockchain s’avère prometteuse dans plusieurs industries, le secteur peine encore à démontrer des applications à grande échelle. Le contexte global est, lui aussi, à prendre en compte : la hausse des taux d’intérêt et l’inflation ont freiné les investissements en capital-risque dans leur ensemble.
Attention tout de même. Si cette étude témoigne des difficultés actuelles du marché, elle n’est pas, non plus, synonyme de catastrophe pour la blockchain. Par exemple, la nouvelle réglementation Digital Product Passport (DPP), qui devrait entrer en vigueur en 2027, obligera chaque produit vendu dans l’UE à posséder une identité numérique unique. Cette carte d’identité électronique pour objets reposera sur la technologie de la blockchain, offrant potentiellement de nombreuses opportunités supplémentaires aux start-up évoluant dans ce domaine.
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