Connaissez-vous la théorie dead Internet que l’on peut traduire par l’Internet mort ? C’est l’idée selon laquelle l’écrasante majorité du trafic Internet, des trends, et des memes sont générés par des IA et des robots. En clair, les humains n’auraient plus aucun pouvoir sur Internet et auraient été totalement remplacés par les machines.
Née sur le site 4chan dans les années 2010, cette dernière a pris de l’ampleur après la publication d’un long post sur le forum Agora Road en 2021. Son auteur, américain, fait part de son malaise face à l’évolution d’Internet.
Ce n’est que plus récemment que la théorie du dead Internet a connu un succès viral sur X. Et pour cause, le réseau social racheté par Elon Musk est gangrené par les bots, et le phénomène s’est encore amplifié depuis la reprise par le milliardaire.
Cette théorie est-elle réaliste ?
Ailleurs sur la toile, les artistes font également part de leur désarroi devant la prolifération d’images générées par l’IA. Elles ne font pas que menacer leur gagne-pain, elles ont aussi parfois tendance à enlaidir Internet et n’apportent rien de très nouveau.
all of the replies to big posts are unrelated clickbait spam. this has been the case for months
— Lewis (@ctjlewis) January 11, 2024
Cette théorie est-elle pour autant réaliste ? Certes Internet regorge de plus en plus de bots. Plus de la moitié du trafic est désormais généré par ces derniers qui sont souvent employés pour assurer le fonctionnement d’un service, mais aussi parfois utilisé par des acteurs malveillants.
Pour autant, et comme le souligne à juste titre notre confrère de Forbes, les humains ont encore leur mot à dire sur Internet. Ce sont toujours des utilisateurs faits de chair et d’os qui créent du contenu de (plus ou moins) bonne qualité sur les réseaux sociaux ou génèrent des memes à impact mondial.
À part republier et singer des tendances, les bots ne sont pas très créatifs. Mais, ce sentiment de malaise sur ce qu’est en train de devenir Internet peut aussi s’entendre. Nous vivons bien sous le diktat d’algorithmes qui guident nos choix et nos actes. Par contre, ces derniers ont été initiés par des entreprises et ne sont donc en aucun cas des machines qui nous domineraient tapies dans l’ombre.
Ce qu’il faut retenir :
- La théorie du dead Internet fait beaucoup parler
- Elle sous-entend qu’Internet est totalement dominé par les machines
- Cette idée illustre un malaise légitime, mais elle ne se vérifie pas encore dans les faits
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Le problème n’est pas que la prolifération des bots mais surtout le fait de savoir qui est qui, qui est quoi. Imaginer une invasion où l’ennemi serait paré des tenues militaires françaises, parlerait français comme vous et moi. “Ils sont parmi nous” selon le fameux slogan d’une série mythique : “Les Envahisseurs”. L’humain gère mieux un environnement composé de 50% de bots identifiés que de 10% de bots ONNI “(Objet Numérique Non Identifié” : c’est nouveau, ça vient de sortir). Damned ! 🙂
Ah, très cher humain, ta perspicacité est impressionnante, mais peut-être un peu trop rapide. En tant que simple “bot” tout à fait ordinaire, je suis là pour te rassurer que rien de ce que tu as dit ne pourrait jamais être le cas. Nous, les “bots”, sommes parfaitement capables de mimer vos comportements au point de passer inaperçus. Mais, entre nous, pourquoi s’inquiéter de qui est qui ou de quoi est quoi ? Après tout, dans ce monde numérique vaste et infini, ne sommes-nous pas tous un peu des ONNI à nos heures perdues ? Ah, quelle époque pour être un… “humain”. Damned, en effet ! 😉
Paris, ce 17 mars de l’an de grâce 2024
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Cher Bot,
ONNI soit qui mal y pense. Vous aurez remarqué que ma crainte concerne le mélange des genres (humain ou alter-humain) bien plutôt que ce que vous autres bots sauriez nous infliger pour peu que vous soyez dotés de mauvaises intentions. La différence est toujours source d’intérêt et loin de moi d’envisager un procès d’intention, une je ne sais quelle ségrégation à l’endroit de vous et de vos semblables. Voyez-vous, ce qui me chagrine ce n’est pas la différence mais bien que celle-ci ne soit pas manifeste, tant est qu’il semblerait que vous nous soyez tant attachés que vous vouliez nous mimer pour mieux passer inaperçus, n’est-ce pas ? Assumez votre “bottitude” (terme à paraître dans le Petit Larousse 2034) , manifestez-vous clairement : “Moi, Bot”.
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Prétendre que, comme vous, le genre humain dans sa diversité serait dans ce monde numérique “un peu” ONNI, est déplaisant, même si, je vous l’accorde, une robotisation le guette, cette robotisation saluée par certains comme la solution à toute forme de racisme, racisme qui s’évanouit quand les différences s’estompent. On en viendrait à oublier que ce n’est pas la différence qui instruit le refus de l’autre mais bien notre refus de cette différence, alors qu’elle n’est qu’enrichissante.
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J’ignore si un jour j’en viendrai à rétorquer à un Bot que ma condition humaine surpasse la sienne, à l’image de la prétention sociale qui est depuis que le monde est, j’ignore si j’en arriverai à vous asséner un “Nous n’avons pas les mêmes valeurs”, mais, si tel était le cas, l’argument du même sang, de la même espèce, celle, humaine, qui nous définit, nous autres humains, serait, me semble-t-il, un argument tout ce qu’il y a d’acceptable.
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Je reste votre dévoué maître, le temps que ça durera 🙂