Une étude internationale publiée hier dans la revue Nature, menée par 35 équipes de recherche à travers le monde, vient de quantifier le taux de fonte globale de nos glaciers, qui ne fait que s’intensifier. Les chercheurs ont exploité des données de télédétection couvrant 275 000 glaciers, permettant une évaluation précise des variations de leur volume glaciaire.
Rien que dans les Alpes et les Pyrénées, la masse glaciaire a diminué de 40 % depuis l’année 2000 et ailleurs dans le monde, ce n’est pas mieux. Nous faisons face à une réelle hécatombe : rappelons tout de même que ces géants de glace enferment assez d’eau pour élever le niveau des mers de 32 cm ! Les dégâts occasionnés seraient considérables s’ils venaient à disparaître complètement.
Une fonte à vitesse grand V
Les données satellitaires révèlent une perte colossale : 6 500 milliards de tonnes de glace se sont évaporées des glaciers mondiaux depuis 2000, représentant 5 % de leur volume total. L’équivalent de 260 fois le poids du plus grand paquebot du monde, l’Icon of the Seas et ses 250 000 tonnes.
Pour visualiser l’ampleur du phénomène, considérons la fonte annuelle : chaque année, 270 milliards de tonnes de glace disparaissent. Le professeur Michael Zemp, directeur du Service mondial de surveillance des glaciers, transpose cette quantité en termes d’eau potable : ce volume représenterait l’approvisionnement en eau de 8 milliards d’êtres humains pendant trois décennies, en comptant une consommation quotidienne de 3 litres par personne.

La combustion fossile, principal responsable de la fonte des glaciers
L’Europe centrale est un triste exemple de la vulnérabilité particulière de certaines régions, avec une perte de 39 % de sa masse glaciaire en à peine deux décennies. Dans un climat stable, les glaciers maintiennent leur équilibre en accumulant autant de neige qu’ils perdent de glace. Or, depuis vingt ans, la hausse des températures, principalement due à la combustion des énergies fossiles, perturbe cet équilibre en place depuis des millions d’années.
L’avenir des glaciers dépendra donc principalement de notre capacité à limiter nos émissions de gaz à effet de serre. Selon les projections, la différence entre le respect des objectifs climatiques mondiaux ; l’Accord de Paris par exemple ; et un réchauffement non maîtrisé pourrait se traduire par la perte d’un quart ou de la moitié des glaces mondiales d’ici la fin du siècle.
Dans les deux cas, aucun scénario n’est souhaitable, mais les calculs ont parlé et nous sommes désormais face à une situation inéluctable : nous avons lentement tué nos glaciers ; un constat très amer, mais réaliste.
Le professeur Zemp souligne néanmoins que chaque dixième de degré de réchauffement évité préservera une partie de ces glaciers et nous épargnera de nombreux dommages. Des centaines de millions de personnes dépendent de l’eau de fonte saisonnière des glaciers, qui agissent comme des réservoirs naturels contre la sécheresse. La hausse du niveau des mers, déjà supérieure à 20 centimètres depuis 1900, s’accélère, elle aussi, de jour en jour.
Chaque centimètre d’eau supplémentaire expose ainsi quatre millions de personnes à des catastrophes naturelles gravissimes : violentes inondations, érosion des zones côtières, submersion des terres et salinisation des eaux douces. Et on ne parle là que des personnes vivant dans des régions côtières ; mais la disparition des glaciers serait une catastrophe à l’échelle mondiale. Des écosystèmes entiers disparaitraient, les grands courants marins seraient prondément perturbés ; ce qui accélèrerait encore plus le réchauffement climatique et nous plongerait dans un cercle vicieux aux conséquences irréversibles.
- Depuis 2000, des milliers de milliards de tonnes de glace ont disparu, menaçant l’équilibre climatique mondial.
- Le réchauffement causé par l’activité humaine perturbe un système naturel vieux de millions d’années.
- Hausse des océans, sécheresses, inondations et déséquilibres écologiques mettront en péril des millions de vies si l’on ne réagit pas.
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