« Do Not Track » par défaut dans Internet Explorer 10 remis en question

Une révisión des spécifications de la fonctionnalité « Do Not Track » publiée mercredi dernier stipule que DNT doit être activé par l’utilisateur. Microsoft va donc vraisemblablement devoir faire machine arrière quant à l’activation par défaut de cette fonctionnalité dans Internet Explorer 10. Explications.

La semaine dernière, la fondation Mozilla se félicitait de l’annonce de Microsoft d’activer par défaut la fonctionnalité « Do Not Track » dans Internet Explorer 10 (lire notre article). Mais la nouvelle spécification de DNT publiée hier (i.e. le 06/06/2012) insiste sur le fait que l’activation de DNT doit être à la seule discrétion de l’utilisateur. Sur son navigateur (qui supporte DNT), celui-ci peut décider de l’activer à « 1 » pour informer les sites web qu’il visite qu’il ne désire pas être suivi. Ou bien, il peut le mettre à « 0 ».

C’est un groupe constitué d’avocats, des sociétés qui développent les navigateurs internet, de sociétés IT et de compagnies de publicité, qui oeuvre à la définition des spécifications du DNT. Or, dans la dernière version en date (qui n’est toutefois pas la version finale mais une version préliminaire), une rubrique s’intitule « Nécessité d’un consentement explicite » (partie 1.1 du .pdf). Elle stipule qu’un user agent, un navigateur internet ou un quelconque logiciel, ne doit pas se substituer à l’utilisateur et envoyer une information de type DNT si sa valeur (« 1 » ou « 0 ») n’a pas été choisie explicitement par l’utilisateur. Par défaut, la valeur de DNT doit donc être mise à la valeur « null » dans les navigateurs, signifiant alors que la personne ne s’est pas encore exprimée. La démarche de l’activer à « 1 » ou de la positionner à « 0 » participera alors de son libre arbitre.

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Si Microsoft décide de l’activer par défaut dans IE10, les sociétés de publicité pourront et devront même ignorer les requêtes en provenance de ce navigateur. Cela signifie donc que Microsoft va probablement devoir revoir sa copie.

L’annonce faite par Microsoft la semaine dernière avait largement été vue comme un pied de nez à Google qui s’appuie sur un système basé sur des cookies pour sa publicité. La société de Redmond s’est par ailleurs attirée les foudres des annonceurs en ligne ainsi que celles de nombreux groupes industriels.

DNT ne bloque pas les cookies. Des messages exprimant votre souhait de ne pas être tracé sont simplement envoyés via une requête http à chaque fois que vous visitez un site internet. Libre alors aux sociétés de ne pas en tenir compte. Mais la popularité croissante de cette fonctionnalité et le fait que certaines sociétés de publicité se soient engagées à la respecter font que DNT est de plus en plus suivi et « respecté ».

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A la lueur de cette fronde des acteurs de la définition du DNT, il semble qu’il y ait clairement des conflits d’intérêt parmi ces mêmes membres du groupe.

Toutefois, en l’état, le document publié n’est pas définitif. On attendra donc de voir si Microsoft va résister ou non à cette pression.

(source)


6 commentaires

  1. Ca sent le lobbying ce revirement. Les enjeux sont énormes pour les publicitaires qui doivent déjà faire face à l’installation de plus en plus importante de bloqueurs de pubs tel adblock, mais si les navigateurs s’y mettent par défaut c’est pour eux la fin des haricots 🙂

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