La France est-elle en train de se faire piler par les États-Unis ? Alors que les rumeurs autour d’un rachat de Mistral AI par Apple circulent toujours, une autre pépite française serait sur le point de basculer sous pavillon américain. Il est question d’Exaion, une filiale d’EDF parmi les meilleures entreprises au monde dans le calcul de haute performance.
La petite structure, inconnue du grand public, emploie aujourd’hui 70 ingénieurs. Elle est l’un des visages du Vieux Continent dans le monde des cryptomonnaies. Très bien placée sur les sujets de pointe, comme l’IA et le “néocloud”, c’est l’une des fiertés technologiques de notre pays. Mais en aout dernier, l’annonce tant redoutée tombe.
EDF va se séparer de son poulain. C’est le géant américain Mara (spécialisé dans le minage de cryptomonnaies) qui va récupérer l’entreprise. Contre 168 millions d’euros, Mara récupère 64% des parts de la pépite française. Sa participation pourrait même atteindre 75% en 2027, contre 125 millions d’euros supplémentaires.
Des investissements étrangers
Derrière ce rachat, Mara compte surtout investir dans cette jeune entreprise. Fondée en 2020, Exaion a encore de belles marges de progression devant elle. Le géant des cryptomonnaies américain serait prêt à sortir le chéquier pour faire de la France le “centre” de son projet sur les calculs de haute performance.
Dans les 5 prochaines années, l’entreprise compte investir pour plus de 5 milliards de dollars. Selon Gérard Mestrallet, ancien patron de GDF Suez et aujourd’hui conseiller du groupe américain, Mara aurait fait de la France une priorité. Il faut dire que l’hexagone dispose d’un des meilleurs réseaux électriques de la planète.
Une consommation massive, que Mara assume et défend. Le groupe américain compte s’appuyer sur le réseau photovoltaïque et éolien déjà présent en France. L’entreprise assure que ses installations pourraient devenir de “très gros régulateurs du système énergétique.”
L’État doit encore donner son feu vert
Afin de conclure la transaction et de l’entériner, le Trésor français doit étudier le dossier. Il doit notamment regarder si l’État a intérêt à se séparer de cette entreprise ou si elle présente des intérêts stratégiques et de souveraineté. Exaion est aujourd’hui une possession d’EDF, une entreprise détenue à 100% par l’État français. Les pouvoirs publics ont donc les mains libres pour bloquer la transaction s’ils jugent qu’elle présente un danger quelconque pour les intérêts du pays.
Le verdict est attendu pour la fin du mois d’octobre. En attendant, les politiques de tous bords donnent leur avis sur la question. L’un des premiers à prendre la parole sur ce dossier fut l’ancien ministre de l’Économie Antoine Armand. Membre du groupe présidentiel, il se désole de cette vente programmée. Il ne comprend pas que la France et l’Europe puissent perdre ainsi des pépites technologiques.
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