- L’Unesco révèle dans un rapport qu’en France, seule la moitié des enseignants sont formés aux outils éducatifs – malgré une numérisation poussée des ressources éducatives dans le pays
- Le problème est double : d’un côté, peu d’élèves finissent par réellement bénéficier des outils numériques de l’éducation nationale, de l’autre l’Unesco met en garde contre un surinvestissement contre-productif
- L’organisation rappelle que ces outils n’ont d’intérêt que s’ils sont effectivement intégrés à la démarche éducative
L’Unesco tire la sonnette d’alarme dans son rapport sur les nouvelles technologies à l’école dans le monde. L’organisation vient en effet de publier un rapport qui examine la situation dans près de 200 pays. Or, après la période charnière de la pandémie qui a poussé à accélérer la numérisation de l’enseignement, le constat est loin d’être glorieux en France.
En effet, d’un côté, l’Unesco reconnaît les efforts du ministère de l’Éducation nationale pour numériser l’enseignement. De nombreuses ressources sont désormais accessibles en ligne, dont des plateformes d’enseignement, notamment en mathématiques, ce qui peut être très utile, notamment pour les populations vivant dans des zones reculées, ou pour les modes d’enseignement à distance. À date, selon le site du ministère, il existe une Éduthèque avec plus de 80 000 ressources numériques utiles.
Tous les outils numériques ne sont pas suffisamment intégrés à la démarche éducative
16 banques de ressources numériques éducatives pour les élèves du niveau CM1 à la 3e, voire au-delà pour une partie des documents. Il y a aussi les ressources du dispositif Édu-Up, ou le partenariat d’innovation “intelligence artificielle”, entre autres. Tous ces outils sont une bonne chose, car ils rendent le secteur de l’éducation plus résilient. Mais au-delà, tous les enseignants ne peuvent pas en tirer parti.
Car dans le même temps, l’Unesco explique que près de 50% des enseignants ne sont pas formés à ces outils et ne les intègrent donc pas à leurs cours. Ce chiffre, dans la moyenne européenne, est jugé insuffisant par l’organisation. Moins de 5% des élèves auraient ainsi accès à un ordinateur dans le cadre de leurs cours, au moins une fois par semaine, ce qui est deux fois moins que dans des pays de niveau économique équivalent.
L’Unesco insiste dans son rapport sur le risque de gaspillage autour de la numérisation de l’enseignement. Selon l’organisation, en effet, il faut absolument penser ces outils de façon intégrée à la démarche éducative – sinon ils finiront par n’être utilisés, ni par les enseignants, ni par les élèves.
Nos confrères de France Info prennent l’exemple du Pérou qui a distribué un million d’ordinateurs sans les intégrer au programme, ce qui a débouché sur une somme nulle d’un point de vue éducatif. La conclusion de l’Unesco ? Les décideurs ne doivent pas forcément être aveuglés par les nouvelles technologies dans l’éducation. La technologie n’est pas en soi un critère qui permet de juger de la qualité des enseignements. Elle peut apporter un plus, dans certains cas, mais pas forcément dans tous.
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