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Cet effet secondaire positif des vaccins contre le COVID intrigue les chercheurs

Certains patients atteints de cancer vivaient presque deux fois plus longtemps après avoir reçu un vaccin COVID. Coïncidence ?

Les discours complotistes les avaient accusés de tout : altération de l’ADN, myocardites et affaiblissement du système immunitaire. Les vaccins à ARN messager (ARNm) utilisés contre le COVID-19 sont, sans conteste, ceux qui ont souffert de la pire réputation.

Des accusations qui ne reposaient sur aucun fondement scientifique, auxquelles une nouvelle étude clinique vient d’offrir une riposte cinglante. Ces vaccins, qualifiés de « poisons » par les partisans de l’anti-savoir, toujours prompts à dénoncer ce qu’ils ne comprennent pas, pourraient justement avoir des effets bénéfiques fortuits sur le système immunitaire. Des chercheurs américains ont observé que, lorsqu’on les administrait pendant l’immunothérapie chez des patients atteints de cancers avancés, leur survie était prolongée.

La bête noire des antivax : un nouveau traitement anti-cancer ?

Présentée à Berlin au congrès de l’ESMO 2025, cette étude prend à revers toutes les théories alarmistes qui continuent à essaimer sur les réseaux sociaux. En passant en revue plus de 1 000 dossiers de patients atteints de cancers avancés (stades 3 et 4), les chercheurs ont observé un effet qui n’était pas prévu au programme. Les malades qui avaient reçu une dose de vaccin à ARNm contre le COVID-19 (Pfizer-BioNTech ou Moderna) dans les 100 jours suivant le début de leur immunothérapie ont vu leur espérance de survie presque doubler dans certains cas.

CChez les patients atteints d’un cancer du poumon non à petites cellules (CPNPC), la survie médiane est passée de 20,6 mois à 37,3 mois. Chez ceux atteints de mélanome métastatique, elle est passée de 26,7 mois à une fourchette de 30 à 40 mois, certains patients étant toujours en vie au moment de la collecte des données. Aucun autre vaccin (grippe ou pneumocoque) n’a montré un effet comparable, preuve que ces traitements que certains accusaient d’affaiblir nos défenses font exactement l’inverse.

« Bien que le lien ne soit pas encore démontré de manière causale, c’est le type d’effet thérapeutique que nous espérons obtenir avec les traitements expérimentaux, mais que nous voyons rarement », explique Duane Mitchell, directeur du UF Clinical and Translational Science Institute.

Comment expliquer qu’un vaccin développé pour lutter contre un virus puisse avoir un tel effet ? Des chercheurs de deux institutions (l’Université de Floride et le Texas MD Anderson Cancer Center) pensent que ces vaccins pourraient avoir réactivé le système immunitaire de patients déjà affaiblis par les traitements, lui redonnant temporairement la capacité d’attaquer les cellules tumorales. Ces vaccins ne s’en prennent donc pas directement au cancer, mais ils poussent le système immunitaire à se réveiller, comme s’il faisait de nouveau face à un agent infectieux.

L’ARNm : nouvelle arme des chercheurs en oncologie

Depuis plus de dix ans, des équipes de l’université de Floride et du centre MD Anderson explorent l’idée d’utiliser les vaccins à ARn pour booster la réponse immunitaire face aux tumeurs. En juillet 2025, une équipe dirigée par Elias Sayour, oncologue pédiatrique à UF Health, avait déjà montré chez la souris qu’un vaccin à ARNm (même s’il ne ciblait pas une tumeur en particulier) pouvait bloquer la croissance tumorale en stimulant fortement l’immunité.

Peut-être qu’il serait possible d’extrapoler ces résultats pour l’être humain, c’est en tout cas ce que pense Seyour. « Nous pourrions concevoir un vaccin non spécifique, capable de relancer le système immunitaire et d’agir contre plusieurs formes de cancer ». Une espèce de vaccin universel contre le cancer : le Saint-Graal de l’oncologie moderne, que cette équipe a déjà effleuré du bout de doigt avec le BNT116 (cancer du poumon uniquement).

Un essai clinique randomisé est déjà en préparation afin d’évaluer, sur un plus large échantillon de patients, la validité de cette réponse immunitaire. Si ses résultats nous reviennent positifs, cela serait la preuve que l’ARNm, développée pour entraîner le système immunitaire à reconnaître un virus, pourrait aussi le rééduquer pour qu’il repère et détruise les cellules cancéreuses.En pratique, bien que l’accélération de la recherche par l’ARNm soit fulgurante depuis la pandémie, il faudra sans doute patienter a minima une décennie avant d’espérer voir un tel traitement émerger, le temps nécessaire à la réalisation des phases cliniques I, II et III qui garantissent son efficacité et sa sécurité. Un horizon qui peut paraître long, mais ces 10 à 15 années sont l’équivalent d’un battement de cil en recherche médicale.

  • Des chercheurs américains ont découvert qu’un vaccin à ARNm administré à des patients atteints de cancers avancés pendant leur traitement pourrait prolonger leur survie.
  • Les vaccins COVID-19 à ARNm auraient stimulé l’immunité des malades, ravivant leur capacité à attaquer les cellules tumorales.
  • Un essai clinique de grande ampleur doit confirmer ces résultats, mais un tel traitement ne verrait probablement pas le jour avant la fin des années 2030.

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Par : Gouvernement français
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