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Eli Lilly ralentit Alzheimer et monte en flèche en Bourse

La maladie donne du fil à retordre à la médecine. Alors à défaut de pouvoir la soigner, les laboratoires planchent sur des traitements pour ralentir son développement. Eli Lilly est le deuxième groupe à faire une demande d’autorisation de commercialisation cette année aux Etats-Unis.

Le dixième plus gros groupe pharmaceutique, Eli Lilly, travaille sur un médicament expérimental contre la maladie d’Alzheimer. Il vient d’obtenir des résultats très prometteurs après 10 ans d’échec à démontrer que son procédé était la solution. Sur les clients qui ont testé son traitement, le développement de la maladie a ralenti de 35 % et la détérioration de leur habilité à réaliser des tâches de la vie quotidienne a elle aussi baissé de 40 %.

L’annonce de ces résultats met au premier plan le nom de “donanemad” parmi les médicaments en lice pour obtenir une autorisation de commercialisation auprès de la FDA, l’autorité américaine qui régule les produits d’alimentation et les médicaments sur le marché. Eli Lilly, à l’origine du donanemad, a instantanément grimpé en Bourse alors que 55 millions de personnes sont atteintes de la maladie d’Alzheimer dans le monde.

Les investisseurs ont applaudi la nouvelle et son cours a augmenté de 6,68 % sur la journée de mercredi. Sur un an, Eli Lilly profite d’une hausse de plus de 46 %, dont le principal de la croissance est survenu depuis le mois de mars 2023. La capitalisation du groupe pharmaceutique a ainsi dépassé les 400 milliards de dollars, en route sur de potentiels sommets alors que la demande d’autorisation de commercialisation est prévue pour fin juin.

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© Google

Amasser autant de milliards en Bourse en prédiction d’un nouveau traitement contre Alzheimer révèle la situation toute particulière : le médicament donanemad d’Eli Lilly a des défauts, mais le milieu financier n’en tient pas compte. Or effectivement, le prix à payer pour ralentir de 35 % l’évolution de l’affection cérébrale de la maladie implique aussi de payer très cher et de passer par des effets secondaires.

Près d’un quart des patients du donanemad ont rencontré des saignements dans le cerveau et un gonflement cérébrale, réglés dans la plupart des cas mais qui ont tout de même conduit au décès de deux individus. En parallèle, il n’existe toujours pas de perspective de plan de remboursement chez un assureur pour prendre en charge le traitement d’Eli Lilly ou de celui de son concurrent, le Leqembi (26 500 dollars par an).

Forcément, les plus gros groupes annoncent qu’ils ne prendront aucune décision avant une approbation de la FDA pour une commercialisation des traitements. Pour toucher le plus de patients possible, la question de prise en charge financière n’est pas la seule : il faudra aussi que les diagnostics pour prévenir d’Alzheimer se démocratisent avec des procédés moins coûteux comme des tests sanguins.

Eli Lilly n’a pas prévu de parler de son positionnement tarifaire avant une approbation des régulateurs. En attendant, les tests expérimentaux ont montré que 52 % des patients étaient aptes à arrêter le traitement après un an, une part portée à 72 % après un an et six mois. En janvier dernier, Eli Lilly se voyait refuser sa demande d’approbation par la FDA à cause d’une quantité de données insatisfaisantes sur les essais cliniques.

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