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Emploi : le CV vit ses derniers jours, voici ce qui le remplace

Une tendance de fond que l’on observe depuis plusieurs années

Vous n’en pouvez plus de refaire votre CV, et vous y passez des heures ? L’importance de ce document et des diplômes qu’il mentionne tend à décroitre. C’est en tout cas ce que l’on peut retenir du rapport The State of Skills-Based Hiring 2023 de TestGorilla qui a permis d’interroger 3000 employés et employeurs à travers le monde.

Un changement de paradigme

Un principal constat en ressort, les trois quarts des entreprises privilégient désormais les compétences dans leur processus de recrutement. C’est une progression par rapport à l’an dernier où ce niveau n’était que de 56 %.

Si vous n’êtes pas familier avec ce concept, sachez que c’est une méthode qui privilégie l’évaluation des aptitudes, connaissances et compétences d’un candidat pour un poste, plutôt que de se baser exclusivement sur son CV.

Les patrons semblent très largement s’y retrouver, puisque cette technique a permis de réduire le nombre d’erreurs de recrutement de 88 %, d’après l’étude. Notons également que le temps passé à rechercher un candidat diminue de 82 %, tandis que les coûts liés à l’embauche seraient quant à eux en chute de 74 %.

Par ailleurs, 92 % des employeurs estiment que le recrutement par compétence marche mieux que celui basé sur CV. En identifiant les compétences réelles d’un travailleur, parfois via des tests rapides, on aurait donc beaucoup moins d’échecs dans les choix de profils.

Reste à savoir ce qu’en pensent les demandeurs d’emploi. Ces derniers semblent justement plutôt favorables à cette nouvelle technique dans la mesure où cela peut permettre à des gens qui n’ont pas forcément le diplôme requis de s’illustrer.

Encore du chemin à faire en France

Cité par nos confrères de Fortune, David Meads, PDG de Cisco pour le Royaume-Uni et l’Irlande, conseille ainsi : “À l’université, vous obtenez un diplôme, quel qu’il soit, mais aussi de nombreuses dettes. Cela vaut-il mieux qu’une expérience sur le terrain, où l’on passe par différentes parties de notre organisation, et où l’on vit la réalité et pas seulement la théorie ? Pour moi, l’attitude et les aptitudes sont plus importantes que les lettres que vous avez après votre nom ou les qualifications que vous avez sur le papier. “

Il faudra aussi que cette vision s’impose en France où, pour l’heure, le CV reste un élément primordial très prisé dans le cadre du choix d’un candidat. De votre côté, préférez-vous le recrutement sur CV ou sur compétence ? N’hésitez pas à partager votre point de vue dans les commentaires.

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8 commentaires
8 commentaires
  1. Je pense qu’il faut des deux, un savoir théorique, académique et un savoir empirique, celui du vécu, de l’expérience, tous deux dans le cadre d’une culture générale autant que spécialisée.

    Quand l’universitaire, surtout frais émoulu, peut être tenté d’appliquer un acquis théorique en dépit d’un ajustement, d’un polissage voire d’un bon sens nourris de l’expérience du terrain, l’autodidacte tout dans sa connaissance pointue risque de trébucher lorsqu’il s’agit de positionner un problème, une problématique dans un cadre (plus) général, cadre général où le savoir académique livre toute sa puissance : je sais ce département mais saurais-je le lier à d’autres ?

    Si exceller dans une discipline est essentiel peut-être ne pas oublier que l’interdisciplinarité voire la transdisciplinarité signe une vision plus vaste qui permet une meilleure compréhension de l’environnement et, pour ce qui est du monde professionnel, un avantage certain pour la polyvalence, cette polyvalence bien souvent souhaité par les entreprises quand ce n’est pas par le sujet lui-même.

  2. Loin d’être aussi long et compliqué que ce qu’on dit, quand on est bien accompagné, et cela depuis plus de 20 ans, nous avons en France la Validation des Acquis de l’ Expérience (VAE), qui permet justement de faire certifier des compétences par un jury. Le terme de diplôme est encore utilisé pour identifier le document obtenu a la fin de cette démarche, mais le principe est le suivant : comparer les compétences acquises lors des activités pros ou perso avec les attendus d’un référentiel. C’est aussi le principe de base d’une certification ISO, HACCP ou CE : si les caractéristiques du produit ou du service répondent au référentiel de certification, cette dernière est obtenue et fait office d’assurance quant à la qualité du bien ou du service concerné. Bref : compétences -> diplôme / certification, et on trouve tout sur vae.gouv.fr

    1. Malgré j’ai un diplôme de licence en finance, je préfère la compétence que le diplôme. Puisque que,les gens comme nous qui n’avons pas eu le moyen de faire les grandes études n’auront pas la chance d’être un employé d’orange.
      Vous verrez qu’on est intelligent et on a les compétences mais nous ne sommes pas certifiés à travers titres comme doctorat.
      Exemple dans mon pays la Guinee Conakry, la plupart des entreprises recrutent à travers le diplôme.

  3. Je trouve que c’est une bonne méthode de recrutement. Cela laisseras la chance à des candidats qui n’ont pas de diplôme mais de l’expérience même petite en leurs faisant passer des tests, car de nos jours les employeurs recherchent beaucoup la polyvalence chez les candidats

  4. Et le jeune qui vient de sortir du cercle scolaire avec 3 stage en poche qui n’a aucune expérience sera encore et toujours mit de côté ! De base je suis menuisier et j’ai rien trouvé en sortant du lycée en revanche j’ai fais 7 ans dans le domaine agricole où j’ai été formé. Arrêtez de ne pas laisser la chance aux jeune qui veulent s’en sortir en voulant prendre tout ce qu’ils trouvent et j’en faisais parti dès mes 18 ans !

  5. Le CV est un outil mal utilisé, car les recruteurs s’en servent pour sélectionner les futurs candidats uniquement par rapport aux termes techniques qu’il contient.

    Or, ce n’est pas juste ça. Un CV bâclé ou négligé donne un aperçu de la personnalité.et de l’implication du candidat. Et ça peut être un non direct, car malgré de bonnes compétences, le candidat ne pourra probablement pas s’intégrer à une équipe et suivre les mêmes règles. On lui préférera très probablement quelqu’un de moins expérimenté, mais dont le CV sera mieux rédigé.

    Le CV est la phase 1 du processus, qui permet de présenter le candidat, dire quelles sont ses compétences, ce qu’il a étudié, et, s’il a une expérience professionnelle, dans quelle mesure il a pu les mettre en pratique.

    Pour conclure la phase d’entretien, et également pour donner sa chance à un candidat qui n’a pas d’expérience professionnelle, un échange technique permet de faire le point sur ces connaissances.

    Le CV seul ne sert à rien. Mais il fait partie d’un tout. Et ce n’est pas le CV qui est en perdition. Malheureusement ce sont les recruteurs qui s’en servent mal.

    Et un bon CV, ça ne prend pas des heures à mettre à jour. Inutile de modifier le format ou le contenu initial. Il suffit juste de rajouter les nouveautés. Ou alors, c’est c’est qu’on reprend à zéro à chaque CV.

  6. Moi personnellement je suis complètement contre car il y a des personnes qui sont peut être sortis du cadre professionnel pour divers raisons du style maladie, raison familiale etc et par la suite souhaitent reprendre un vie professionnelle et sociale.Mais ce principe les mettra de côté s’ils n’ont pas le niveau du test et des fois certains test sont très difficiles et ne correspondent pas au poste. D’autre part c’est pas avec un test que l’on aura forcément le bon profil. On peut exceller au test sans pour autant être passionné pour le travail en question et vise versa. Après certains employeurs se plaignent d’avoir énormément de turn over. Pourquoi vouloir faire comme les autres ? Juste pour être dans la tendance ? Le problème d’aujourd’hui est qu’on veut faire toujours plus avec moins de moyen et de temps.

  7. Je crois avoir fait un test dans une société pour une mission (donc même pas pour une embauche) plutôt qu’une lecture de CV… Une ou deux autres fois en complément du CV pour départager les candidats, toujours pour des missions…

    Mon premier changement de société c’est fait quasi de gré à gré (les deux sociétés étaient concurrentes mais partenaires, lors de mon pot de départ , on sonne à la porte, c’était mon nouveau patron qui venait manger avec l’ancien , mouah, ah, ah, ah….)

    Pour toutes les autres sociétés, c’est sur CV (sauf la dernière puisqu’ils ont acheté la boîte où j’étais, qui m’avaient d’ailleurs recruté parce que j’avais déjà bossé pour eux en sous-traitance et pour le client dans une vie antérieure !!!)

    toutes les autres missions que j’ai pu faire, c’est sur CV ou par “affinité” pour le projet (tu connais cette – sous entendu vieille – techno, hein ?)…

    Donc le CV (et les diplômes, même avec 30 ans d’expériences on m’a discriminé à cause de mes diplômes, chez TF1 pas possible d’évoluer au dessus d’un certain point si tu ne sors pas de la bonne école, même en info qui n’a rien à voir avec l’école) reste et restera la porte d’entrée , loin devant les compétences, d’ailleurs les annonces demandent toujours le mouton à 5 pattes, bardé de diplômes, très jeune (donc moins cher) mais avec une grande expérience … La France reste la France quoi…

    Ce n’est pas pour rien que dans l’administration on évolue par concours (donc en améliorant le CV)

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