L’opération Epic Fury s’avère extrêmement coûteuse pour les États-Unis, qui ont consommé une part considérable de leurs munitions les plus stratégiques. Le bilan, publié cette semaine par le Center for Strategic and International Studies (CSIS), un think tank américain spécialisé en défense, est sans appel : sur sept types de missiles clés, quatre ont vu plus de la moitié de leurs stocks pré-guerre partir en fumée.
C’est notamment le cas du missile Patriot, un système sol-air conçu pour abattre des avions, des missiles balistiques et des drones. Sur un stock estimé à 2 330 unités avant le conflit, entre 1 060 et 1 430 ont été tirées. Le THAAD, son grand frère capable d’intercepter des missiles balistiques à haute altitude, a lui aussi été fortement entamé : 190 à 290 intercepteurs consommés sur un stock de seulement 360.
Quant au PrSM, un missile sol-sol de précision capable de frapper des cibles à plus de 500 kilomètres, « l’intégralité du stock » a été exploitée, a révélé un responsable militaire américain. Et les missiles de frappe longue portée n’ont pas été épargnés.

Une facture astronomique
Le contexte était déjà tendu, les stocks américains étant jugés insuffisants avant même le début du conflit, notamment après des livraisons massives à l’Ukraine. Plus de 600 missiles Patriot ont ainsi été cédés à Kiev depuis le début de la guerre, amputant des réserves qui ne s’étaient jamais pleinement reconstituées.
La facture est d’autant plus difficile à avaler que l’équation coût-efficacité tourne à l’avantage de l’Iran. Un drone Shahed iranien coûte entre 20 000 et 50 000 dollars à produire. L’intercepter avec un Patriot revient à dépenser près de 4 millions de dollars. De quoi faire encore grimper le coût de cette guerre mal perçue par l’opinion publique américaine.
Donald Trump avait pourtant promis une victoire rapide et assuré, au début du conflit, que les stocks de munitions n’avaient « jamais été aussi hauts ». La réalité lui donne tort. Si Sean Parnell, porte-parole du Pentagone, affirme que l’armée « dispose de tout ce dont elle a besoin », le rapport du CSIS est nettement plus prudent. Les États-Unis peuvent certes continuer à se battre contre l’Iran, mais au prix d’un affaiblissement structurel de leur arsenal.

Une menace bien plus dangereuse
Reconstituer les stocks aux niveaux d’avant-guerre prendra entre un et quatre ans. Car les délais de production sont structurellement longs, s’élevant à 42 mois pour un Patriot, et à 64 mois pour un SM-3. Même si le Congrès approuve le budget défense record de 1 500 milliards de dollars demandé par Trump pour 2027, les premières livraisons ne se matérialiseront pas avant plusieurs années.
Problème, des craintes concernant un conflit avec un ennemi bien plus sophistiqué émergent. La Chine convoite en effet Taïwan depuis des années, et pourrait ne plus tarder à lancer l’assaut. Mais un conflit avec Pékin consommerait des munitions à un rythme bien supérieur, et les stocks actuels contraindraient gravement les opérations américaines.
Un risque que l’administration Trump semble avoir accepté, pariant sur une victoire rapide en Iran malgré un conflit qui s’éternise.
- Les États-Unis ont tiré plus de la moitié de leurs stocks de quatre missiles majeurs en 39 jours de guerre contre l’Iran.
- Reconstituer ces arsenaux prendra jusqu’à quatre ans, à un coût colossal, dans un contexte déjà fragilisé par la guerre en Ukraine.
- Le vrai danger est ailleurs : face à la Chine, ces stocks vidés pourraient s’avérer fatals.
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