Etats-Unis : les chiffrements d’Apple et Google ne plaisent pas au procureur général

Le directeur du FBI n’est pas le seul à ne pas aimer les nouveaux systèmes de protection des appareils sous Android L et iOS 8.

Espionnage pixabay

Apple et Google ont décidé de mieux sécurisé nos smartphones. Récemment, Apple a annoncé une nouvelle fonctionnalité d’iOS 8 qui (théoriquement) protège un peu mieux nos mobiles des intrusions des hackers et des agences gouvernementales, pour ne pas dire la NSA et le FBI.

Le principe, pour faire simple, est que le contenu stocké dans l’iDevice sera chiffré et que seul l’utilisateur connaîtra la clé de ce chiffrement.

De ce fait, même si Apple reçoit une gentille lettre signée par un juge, il ne sera pas (théoriquement) en mesure de fournir les renseignements demandés.

Quant à Google, il propose déjà une fonctionnalité similaire sur Android depuis des années. Mais peu d’entre vous l’ont remarqué puisqu’il s’agit d’une option cachée dans les paramètres. Mais à partir d’Android L, ce chiffrement sera activé par défaut.

Pour les utilisateurs, il s’agit bien entendu d’une bonne nouvelle. Et pour les deux entreprises qui développent les deux systèmes d’exploitation pour mobiles les plus utilisés de la planète, il s’agit vraisemblablement d’un moyen de rassurer les utilisateurs, dans l’ère post-Snowden (peu importe l’efficacité).

Mais s’il y en a qui ne sont pas ravis par ces « bonnes nouvelles », ce sont les policiers. Aux Etats-Unis, le directeur du FBI s’était déjà exprimé sur le sujet. Pour lui, c’est comme si Google disait carrément « achetez nos téléphones et les forces de l’ordre ne pourront pas y accéder, même via des procédures légales ». Mais « légales » ou pas, personne n’aime être espionné (je suppose).

Cette fois-ci, c’est un personnage encore plus haut placé, le procureur général Eric H. Holder Jr. qui fait part de son désaccord.

Pour lui, « il est tout à fait possible de permettre aux forces de maintien de l’ordre de faire leur travail, tout en protégeant adéquatement les données personnelles ».

Eric H. Holder Jr. a choisi de ne pas citer Google et Apple (ni Android et iOS). Néanmoins, le timing est là pour nous dire que c’est bien de cela qu’il est question.

Celui-ci a appelé les acteurs des nouvelles technologies à travailler avec eux pour « faire en sorte que les forces de l’ordre conservent la capacité, avec une autorisation de la cour, à obtenir légalement des informations dans le cadre d’une enquête, par exemple pour capturer des kiddnapers ou des prédateurs sexuels ». En substance, il veut des backdoors (a.k.a. porte dérobée).

Les enfants sont-ils instrumentalisés ?

Difficile de dire si M.  Eric H. Holder Jr. est sincère ou s’il tente de prendre l’opinion par les sentiments. Mais en tout cas, la pédophilie et les agressions sexuelles sont évoqués à plusieurs reprises dans son argumentation. Par exemple : « lorsqu’un enfant est en danger, les forces de l’ordre ont besoin d’être en mesure de prendre toutes les dispositions légales… ». On notera tout de même que ces propos ont été tenus lors d’une conférence sur le sujet.

Il y a quelques jours, le directeur du FBI avait également déclaré : « L’idée que quelqu’un puisse commercialiser un placard qui ne pourrait jamais être ouvert – même s’il s’agit d’une affaire de kiddnaping et avec un ordre de la cours – pour moi n’a aucun sens ».

Les amateurs de la théorie du complot pourraient facilement en déduire que le gouvernement américain a lancé une campagne de communication anti-chiffrement, avec un mot d’ordre simple : « parlez des enfants ». Cela met bien entendu les consommateurs dans une situation inconfortable. En réclamant son droit à la vie privée, devient-on complice des criminels ?

(Source)


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6 commentaires

  1. La grande majorité des viols et des incestes ont lieu dans la chambre, à la maison. Installons des caméras dans nos chambres, il en va de la sécurité de nos enfants !

  2. De toute façon le chiffrement nous y allons a grand pas ne serait-ce parce-que sous couvert de lutte contre le terrorisme et les pirates de plus en plus de mesure deviennent possibles sans décisions de juges. En gros nos politiques sont en train de saboter les tableaux bords qui pouvaient leur donner de vraies indications et ainsi pouvoir faire le job qu’on leur demande c’est çà dire anticiper des moyens ou des actions à mettre en place.
    A terme quand un maximum de choses seront chiffrées ils n’auront plus qu’une indication de quantité de données et des bout de tronçons d’infos empruntés. C’est vraiment dommage car à force de mauvaises décisions c’est en fait le deep web qui va devenir le web normal. Actuellement ils pouvaient concentrer leurs moyens humains sur la surveillance du deep web et par le biais de programme de veille surveiller le reste avec peu de moyens enfin surtout matériels. Finalement demain ils devront exploser les moyens humains et les moyens machines, dommage pour nos impôts.

  3. L’on voit clairement l’interdépendance entre la FBI et la justice américaine qui approuve l’incursion à tout-va du premier nommé dans la vie privée de chacun.
    Et ces gentils Messieurs du FBI qui se préoccupent du kidnapping des enfants… Comme c’est bienveillant !
    Quand je pense qu’ils sont occupés à récolter un maximum de photos dans leurs banques de données, il est temps de tirer la sonnette d’alarme et de dire : STOP. Le FBI recupère vos selfies à votre insu.!

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