Ryusei Yonee, un sprinteur plutôt atypique de 22 ans seulement, vient de repousser les limites biomécaniques du corps humain. À la fin du mois de septembre, il vient d’abattre le record du monde officiel du 100 m en courant sur ses quatre membres : 14,55 secondes, soit une moyenne de 24,73 km/h. Une performance que la plupart des gens, même ceux qui sont en forme, peineraient à atteindre en courant sur leurs deux jambes.
Il y a quatre jours, le Guinness World Record a partagé la vidéo de son exploit sur Instagram, et a officialisé le record le 24 septembre sur son site officiel, soulignant que celui-ci a été « battu pour la huitième fois ». Mais comment devient-on l’homme le plus rapide du monde sur quatre appuis ?

Les animaux : des modèles d’entraînement pour Yonee
La locomotion quadrupède est extrêmement répandue dans le règne animal : stabilité, vitesse, endurance et puissance ; de nombreuses espèces comptent sur leurs quatre membres pour survivre. L’homme, quant à lui, s’en est passé progressivement, un processus qui a débuté il y a environ 7 millions d’années, car la bipédie lui a donné d’autres avantages. Le fait de pouvoir utiliser des outils, de mieux voir et d’optimiser sa régulation thermique pour parcourir de longues distances ; la locomotion bipède est donc devenue exclusive à notre espèce il y a 2 millions d’années avec l’apparition du genre Homo (dont nous sommes les seuls survivants, puisque nous appartenons à l’espèce Homo sapiens).
Cela n’a pas empêché Yonee de cultiver, depuis son enfance, une certaine fascination pour l’agilité et la vitesse des quadrupèdes. Chiens, singes ou chats ; il les a observés et étudiés afin de reproduire leurs appuis et optimiser son propre mouvement.
L’idée de courir sur ses quatre membres a germé durant son adolescence, à la suite d’une remarque de son professeur de sport : « Le professeur avait dit que les animaux à quatre pattes pouvaient courir plus vite. Cela m’a fait réfléchir : je pourrais être l’humain le plus rapide sur quatre pattes ».
Un simple jeu d’ado à la base, qu’il a transformé en vraie démarche d’entraînement. Il fit ses premiers essais sur le sable, un sol plus souple et permissif, qui lui a permis de peaufiner sa technique. Il est ensuite passé sur une vraie piste, qui a, selon ses mots : « […] beaucoup plus de rebond, ce qui a changé ma façon de courir ».
En seulement trois ans, son travail a porté ses fruits, puisqu’il a battu le record précédent du 100 m sur quatre membres, détenu depuis 2022 par l’américain Collin McClure (15,66 secondes).
Si la course quadrupède n’est pas la plus élégante qui soit pour l’être homme, l’adaptation physique qu’elle réclame est tout bonnement ahurissante. Il faut pouvoir abaisser suffisamment son centre de gravité au plus près du sol, sans bloquer la respiration ni réduire l’amplitude des appuis, tout en parvenant à synchroniser les mouvements des jambes et des bras.
La charge mécanique, surtout à la vitesse à laquelle peut courir Yonee, est répartie très différemment par rapport à un coureur « normal ». Ce sont ses épaules qui encaissent une bonne partie des forces normalement absorbées par le bassin et la colonne vertébrale, qui doit conserver de son côté toute sa souplesse pour suivre le rythme : une posture qui exige une tonicité musculaire extrême, particulièrement au niveau du tronc.
D’un point de vue purement biomécanique, la technique de course impressionnante qu’il a développé se rapproche donc davantage de celles qu’on peut observer chez les guépards (souplesse de la colonne) ou les gorilles (appuis sur les paumes). Porté par ce record, Yonee ne compte pas s’arrêter là : « Je vais m’entraîner plus dur que jamais et faire tout ce qui est en mon pouvoir pour donner de l’avenir à ce sport unique ». Même s’il y a peu de chance de voir arriver cette discipline aux Jeux olympiques, la performance de Yunee valorise tout de même une autre facette de la performance sportive : l’expérimentation. Bon courage à ceux qui voudront tenter de battre son chrono !
- Ryusei Yonee, un athlète japonais de 22 ans, vient de battre le record mondial du 100 m en courant sur ses quatre membres.
- Il a parcouru cette distance en 14,55 secondes seulement, battant le précédent record de 15,66 secondes.
- Son approche, inspirée des quadrupèdes, repose sur une biomécanique exigeante qui sollicite autant les bras que les jambes.
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