En 2020, Intel a réalisé un chiffre d’affaires de 72 milliards de dollars sur le marché des semis-conducteurs. L’entreprise américaine reste donc leader et ses revenus continuent de croître. Pour l’heure, la compagnie destine plutôt sa production aux ordinateurs et aux téléphones mais cela pourrait bien changer.
Face à la pénurie de puces électroniques, on vient en effet d’apprendre qu’Intel est en pourparlers avec des constructeurs automobiles. Cette filière est devenue très dépendante en semi-conducteurs et cherche à trouver des solutions pour ne pas sombrer. Le géant de la tech lui donne déjà des perspectives et son PDG, Pat Gelsinger a déjà promis des puces dans un délai de six à neuf mois.
L’Europe et les États-Unis tentent de réagir
Pour relancer la machine, la firme voit d’ailleurs très grand et prévoit d’investir 20 milliards de dollars dans deux nouvelles usines en Arizona. Ce dossier est suivi de très près par la nouvelle administration Biden. Le président américain a justement signé un décret en février avec un objectif très clair : s’assurer que les chaînes d’approvisionnement soient sûres et fiables.
L’Europe n’est pas en reste en la matière. Les dirigeants du Vieux souhaitent en effet qu’au moins 20 % des semi-conducteurs de pointe du monde soient produits sur place d’ici à 2030. Ce projet est pour le moins ambitieux car l’UE fabrique aujourd’hui moins de 10 % des puces à l’échelle globale.
Pour y parvenir, un projet de création d’un fonderie européenne est envisagée. Samsung et Taiwan Semiconductor Manufacturing Co (TSMC) pourraient être sollicités pour aider l’Europe à développer ses capacités de production des semi-conducteurs inférieur à 10nm. Pour la Commission, il s’agit d’un enjeu de majeur : « Une réduction des dépendances critiques permettra à l’UE de devenir numériquement souveraine et de mieux faire valoir les intérêts européens ».
Quoi qu’il en soit, la pénurie est bien là et devrait au moins se prolonger jusqu’en fin d’année. Certains fabricants de téléphone tels que Xiaomi n’excluent plus de devoir augmenter le prix de certains produits à cause de la hausse des coûts.
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Ce n’est pas la première pénurie de puces
Dans son histoire cyclique dont les amplitudes vont en augmentant, l’industrie des puces a toujours connu une période de forte demande lorsqu’un produit nouveau était mis sur le marché. Le problème a toujours été réglé par un important investissement dans les capacités de production, les produits nouveaux n’utilisant pas toujours les mêmes équipements que les produits précédents. Une fois les retards de livraison réglés l’outil industriel s’est trouvé en surcapacité générant une baisse des prix donc une crise. La crise a été surmontée grâce à de nouveaux « produits nouveaux » mais utilisant parfois d’autres équipements de production. Le succès des nouveaux produits a généré une pénurie……réglée comme la précédente…..La première période de pénurie dans les composants électroniques que j’ai connue commença en 1965 (je travaillais chez Texas instruments société qui a inventé les puces) et fut suivit par une période de surcapacité…..
François Francis Bus auteur du livre “A l’époque où les puces font leurs lois” Editions BoD