Comment Facebook va se conformer à la loi européenne de protection des données RGPD

Dans un mois, le RGPD protégera les données personnelles des internautes européens. Une loi avec laquelle Facebook est entrain de se mettre en conformité, mais en s’arrangeant pour n’en faire bénéficier qu’une minorité de 30% de ses 2 milliards d’utilisateurs à travers le monde.

Dans un mois environ, une nouvelle loi européenne de protection des données nommée RGPD (Règlement Général de la Protection des Données) entrera en vigueur. Celle-ci a pour but de rendre plus transparentes les conditions d’utilisation des données personnelles des internautes, mais aussi de les protéger des usages abusifs. Une nouvelle qui tombe à pic après le scandale de Cambridge Analityca. Pourtant, sa mise en place a été votée il y près d’un an, et le projet initié en 2012.

Loi RGPD : Informer et protéger les internautes

Facebook est donc dans l’obligation de s’y conformer pour pouvoir continuer de proposer son service en toute légalité sur le continent européen. Dans le cas contraire, l’Union Européenne est en droit de donner une amende à hauteur de 4 % du revenu annuel de l’entreprise, soit plusieurs milliards de dollars dans le cas de Facebook. Le réseau social ne prend aucun risque et est déjà entrain d’adapter ses conditions d’utilisations pour se mettre en conformité un mois avant la mise en vigueur de la loi.

Par ailleurs, la mise en place de cette nouvelle loi permettra à Facebook de proposer la reconnaissance faciale à ses utilisateurs, chose jusqu’à présent impossible. La fonctionnalité censée limiter les usurpations d’identité sur le réseau social n’est actuellement disponible qu’aux États-Unis.

Les utilisateurs européens et américains mieux logés ?

Mais Facebook est astucieux. Reuters rapport que seuls les utilisateurs européens, américains et canadiens bénéficieraient de ces règles de protection des données plus stricte. En effet, seuls les utilisateurs des ces zones seront reliés à la filiale irlandaise de Facebook, régie par cette nouvelle réglementation européenne. Cela concerne un peu plus de 600 millions d’utilisateurs pour plus de 2 milliards à travers le monde, soit approximativement 30% du total des utilisateurs.

Concrètement, cela sous-entend que le reste des membres, situés en Afrique, en Asie, en Australie et en Amérique latine, ne devraient pas bénéficier des avantages de cette nouvelle loi. Autrement dit, Facebook va adapter les conditions d’utilisation de son service qui ne profiteront qu’à une minorité de 30% de ses utilisateurs. Les plus de 1,5 milliards d’utilisateurs restant seront rattachés à Facebook Inc., et donc à la réglementations américaine, plus souple en matière de protection des données.

Facebook montre patte blanche (et il vaut mieux)

En s’adressant au média Reuters, Facebook a minimisé l’impact de ce changement, en affirmant avoir l’intention de mettre à la disposition de tous les contrôles et paramètres de confidentialité que l’Europe obtiendra dans le cadre de la RGPD. « Nous appliquons les mêmes mesures de protection de la vie privée partout, que votre accord soit avec Facebook Inc. ou Facebook Ireland« , a déclaré la société.

Lors de son témoignage devant le Congrès Américain pour l’affaire Cambridge Analytica, Mark Zuckerberg a même affirmé approuver la démarche de l’Union Européenne : la « RGPD serait une évolution positive » pour internet dans son ensemble.

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