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FLEX : l’ESA va envoyer un satellite pour évaluer l’état de santé de la végétation terrestre

L’agence spatiale Européenne (ESA) a signé un partenariat à 150 millions d’euros avec Thales Alenia Space pour construire Le Fluorescence Explorer (FLEX), un outil qui sera chargé de « cartographier la fluorescence de la végétation terrestre afin de quantifier l’activité photosynthétique ». Une nouvelle manière de réaliser un état de santé de la végétation sur Terre.

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Satellite FLEX

FLEX est un satellite qui sera lancé en 2023, afin de mesurer la fluorescence de la chlorophylle. Ce phénomène permet en effet d’évaluer l’efficacité de la photosynthèse. Enrico Suetta, responsable des capteurs et de l’optoélectronique spatiale de Leonardo explique que « Plus la photosynthèse fonctionne bien, plus la fluorescence de la chlorophylle sera faible ». Il sera donc possible de cartographier le globe et de déterminer les zones où la végétation effectue normalement sa photosynthèse et d’autres non.

Un satellite pour compléter l’étude du changement climatique

Yves Goulas, ingénieur de recherche au LMD (Laboratoire de météorologie dynamique) explique : « Au LMD, nous avons contribué à l’élaboration, en 2005, d’un démonstrateur au sol et aéroporté, pour lier la fluorescence à la photosynthèse ». Il poursuit en précisant : « Ces principes ont été repris pour l’instrument Floris afin d’effectuer des mesures de la photosynthèse depuis l’espace. Mais la résolution de l’instrument doit être très fine. Car le signal caractéristique de la fluorescence, formé lors de la photosynthèse de la plante, représente seulement quelques millièmes du signal réfléchi par la végétation ».

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Fluorescence de la végétation

Le projet ayant accouché du satellite FLEX, est un projet que plusieurs entreprises et agences se chargeront d’assembler pour un lancement prévu en 2023 avec un lanceur Vega. L’autre atout de FLEX, c’est qu’il reviendra à la même position tous les 27 jours, il sera donc possible de constater les évolutions dans le temps. D’autant plus que les données seront croisées au Projet Earth Explorer, à Sentinel-3 et à la future mission Biomasse.

Beaucoup de paramètres qui pourront nous fournir d’importants enseignements sur le réchauffement climatique, sur l’état de santé de la végétation et donc de l’ensemble des écosystèmes. On pourra visualiser enfin les destructions de forêts partout dans le monde et on a presque envie de dire il était temps, quand on sait qu’un stade de football de forêt disparaît chaque seconde dans le monde…

2 Commentaires

2 Commentaires

  1. Matthieu Molinier

    14 janvier 2019 at 12 h 07 min

    Juste une précision importante à apporter sur la phrase de conclusion de cet article, qui laisse à penser que FLEX sera le premier satellite qui permet de visualiser les destructions de forêt partout dans le monde. C’est très loin d’être le cas.

    La mission principale de FLEX (vous l’avez dit correctement au début de l’article) est de cartographier la fluorescence de la végétation afin de quantifier l’activité photosynthétique. C’est un objectif beaucoup plus complexe techniquement que « simplement » cartographier la forêt ou faire le suivi de la déforestation.

    On a déjà de nombreux satellites d’observation de la Terre qui fournissent des images partout dans le monde, gratuitement et en accès libre à tous, avec lequelles on sait faire le suivi de la déforestation. Ces satellites servent aussi à beaucoup d’autres applications de cartographie ou de suivi temporel liées à l’environnement en général, l’agriculture, les catastrophes naturelles…etc…

    Par exemple, la NASA fournit des images Landsat tous les 14 jours (au moins) partout dans le monde depuis 1972. Imaginez en chaque point du globe, on a une série temporelle de plusieurs centaines d’images depuis les années 1970, dans laquelle on peut voir et quantifier de nombreux phénomènes qui évoluent dans le temps, dont par exemple la déforestation, l’urbanisation, la désertification ou le recul des glaciers.

    Depuis 2015, on a aussi un satellite européen Sentinel-2 (programme Copernicus de l’Agence Spatiale Européenne), avec une meilleure résolution spatiale (10 à 20 mètres par pixel) et temporelle (une image tous les 5 jours) que Landsat (30m tous les 14 jours). Ce ne sont que deux exemples, il y a beaucoup d’autres missions spatiales dans le même genre qui fournissent des images depuis des dizaines d’années, avec d’autres résolutions spatiales, temporelles ou spectrales, dans le domaine optique, radar ou autre.

    Des milliers de chercheurs dans le monde entier travaillent sur ces thématiques avec ces images, j’en fais partie. Des cartes mondiales de déforestation dérivées de ces images satellite sont déjà disponibles pour tous, comme par exemple :
    Global Forest Change : http://earthenginepartners.appspot.com/science-2013-global-forest
    Global Forest Watch : https://www.globalforestwatch.org/map

    Donc visualiser et suivre la déforestation dans le monde entier dans les images satellite, on sait déjà faire et on le fait depuis des années.

    Il y a bien sûr de nombreux problèmes à surmonter et des sources d’incertitudes. On a aussi de grosses marges d’erreur sur la quantification du carbone et de la biomasse dans la végétation à l’échelle du globe. Ce qui nécessite entre autres d’en savoir plus à grande échelle sur l’état de santé ou de stress des forêts et de la végétation en général. Et c’est là que FLEX et d’autres missions récentes vont vraiment aider.

    • Emmanuel Ghesquier

      15 janvier 2019 at 0 h 24 min

      Merci pour ce riche commentaire, très intéressant… 🙂 Vous dites : « Il y a bien sûr de nombreux problèmes à surmonter et des sources d’incertitudes. On a aussi de grosses marges d’erreur sur la quantification du carbone et de la biomasse dans la végétation à l’échelle du globe. », il me semble que Flex qui ne sera lancé qu’en 2023, va profiter des données de la mission BIOMASS dont un satellite sera lancé en 2020 ou 2021 si je ne me trompe pas, c’est vrai que cela sera intéressant d’en savoir plus sur les échanges carboniques et les puits à Carbone. Des données croisées également avec Sentinel-3 car le carbone et la photosynthése cela se trouve aussi dans les océans.

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