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Fusion TF1-M6 : pourquoi le projet risque d’échouer

L’opération semble avoir pris du plomb dans l’aile suite au rapport d’instruction rendu par l’Autorité de la concurrence. Les deux groupes ne s’avouent pas vaincus pour autant.

L’annonce est pour le moins inattendue. Alors qu’il présentait les résultats trimestriels du groupe M6 ce mardi, Nicolas de Tavernost, le président du directoire de l’entreprise, a expliqué que le dernier rapport d’instruction de l’autorité de la concurrence (ADLC) pourrait remettre en cause la fusion entre TF1 et M6. Il précise que ce texte « soulève des problèmes de concurrence significatifs », et qu’il « n’est pas favorable ».

TF1 et M6 veulent convaincre l’Autorité de la concurrence

En clair, les changements préconisés par l’Autorité administrative indépendante risquent d’enlever « la pertinence » de l’initiative des deux groupes, et que dans ce cas, ils « l’abandonneraient ». Rien n’est perdu pour autant, et comme le rapportent nos confrères des Échos, le dirigeant a expliqué que les deux entreprises répondront à l’ADLC dans les trois semaines à venir.

Un nouvelle échéance est ensuite prévue les 5 et 6 septembre avec des auditions devant le collège de l’autorité. Par la suite, une décision finale est attendue en octobre. Il est important de noter que ce choix n’est pas forcément calqué sur le rapport d’instruction, ce qui peut laisser de l’espoir aux deux groupes.

Comme le rappelle France Info, TF1 et M6 espèrent tirer entre 250 et 350 millions d’euros des « synergies » nées de la fusion. Dans le cas inverse, les deux sociétés n’en voient pas tellement l’intérêt , comme l’expliquait récemment Nicolas de Tavernost au quotidien économique français : « La fusion est faite pour se renforcer. Elle n’est pas faite pour s’affaiblir. Nous avons déjà des contraintes fortes avec la cession de chaînes de télévision qui nous est imposée par la loi en cas de rapprochement entre TF1 et M6 […] Si nous ne pouvons pas mettre en œuvre un programme complet de synergies dans le cadre de cette fusion, pour investir davantage dans de nouvelles activités, nous ne ferons pas la fusion entre TF1 et M6 ».

L’avenir nous dira si l’ADLC finira pas valider cette fusion qui se veut une forme de réponse à l’offensive des grandes plateformes en France. Ces dernières commencent sérieusement à inquiéter les géants de la télévision, d’autant que des entreprises comme Netflix et Disney+ lorgnent désormais sur le marché publicitaire.

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