C’était le moment. Les parcs éoliens offshore de la mer du Nord ouvrent tour à tour et les appels d’offres s’enchaînent avant leur mise en activité. Parmi les acteurs qui jouent du coude, la multinationale française Nexans, spécialisée dans la production et l’installation de câbles électriques pour tout type de raccordement. Après un premier contrat raflé par son concurrent italien Prysmian dans les eaux néerlandaises, estimé à 1,8 milliard d’euros, voilà qu’elle a trouvé preneur du côté des eaux allemandes, pour 1,7 milliard d’euros.
En pleine phase de recentrage sur ses activités historiques, Nexans vient donc d’exploser son record pour un contrat. Jusqu’à présent, ils ne dépassaient pas les 500 millions d’euros. En étant sélectionnée pour tirer plus de 2 160 kilomètres de câbles sous-marins d’ici 2030, la multinationale pourra rentabiliser ses récents investissements dans de nouveaux procédés de fabrication de ses câbles. La semaine dernière, elle levait le voile sur son nouveau plan de câbles bas carbone, composé davantage de matériaux recyclés.
Les parcs éoliens offshore qui seront raccordés à l’infrastructure électrique de l’Allemagne prévoient d’assumer une capacité de 6 giga-watts. Nexans peut se reposer sur ses nouveaux câbles de 525 kV, qui seront, dans le cadre du contrat à 1,7 milliard d’euros, produits en Norvège. Même si le projet n’est pas de raccorder les Pays-Bas, Nexans a négocié avec le gestionnaire de réseau public TenneT sur ce contrat. Son autre projet de taille se trouve entre la France et l’Irlande, pour un total de 1 180 kilomètres de câbles sous-marins.
Des océans à câbler, des parcs éoliens à raccorder
Jusqu’à présent, câbler les pays passait par des installations terrestres majoritairement. Mais le secteur dans lequel Nexans s’est installé reprend du service et évolue énormément. Entre les nouvelles installations offshore, l’émergence de l’électricité verte et les besoins des pays à s’interconnecter, les océans ont accueilli les câbles électriques aux côtés des câbles pour Internet. Les 70 usines que possède Nexans, ses 28 000 collaborateurs et ses 6,7 milliards d’euros de chiffre d’affaires l’installent dans une bonne position pour répondre à la demande mondiale, respecter une production locale pour abaisser l’impact carbone, et pouvoir respecter les délais.
En Bourse, Nexans est à son plus haut en 2023, malgré une baisse au cours du mois dernier. À 77,65 euros, son cours actuel lui permet de revendiquer une capitalisation boursière de 3,4 milliards d’euros. Son concurrent italien reste bien plus gros, à 9,86 milliards d’euros, grâce notamment à son activité dans les câbles pour les télécommunications et un chiffre d’affaires atteignant aujourd’hui les 10 milliards d’euros. Pour continuer à lui tenir tête et investir massivement, Nexans réalisait il y a un mois sa première émission d’obligations, pour un montant nominal total de 400 millions d’euros.
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