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Giorgia Meloni rejoint Taylor Swift et depose une demande de marque pour sa voix afin de lutter contre les deepfakes

La décision de la Première ministre italienne illustre le danger de ces trucages numériques.

À l’approche des élections législatives italiennes de 2027, cette initiative de la Première ministre Giorgia Meloni ne passe clairement pas inaperçue. La dirigeante a en effet déposé, ce lundi 5 octobre, une demande auprès de l’Office de l’Union européenne pour la propriété intellectuelle (EUIPO) afin de faire enregistrer sa voix comme marque.

L’idée est de se protéger contre les deepfakes générés par l’IA dont elle a déjà été victime par le passé. Selon le Financial Times, les extraits déposés par la dirigeante d’extrême droite incluent des échantillons de sa voix de quatre secondes où elle prononce deux fois la phrase « Io sono Giorgia Meloni » (« Je suis Giorgia Meloni »).

Comme le rappellent nos confrères, plusieurs célébrités avaient déjà fait de même, à l’image de la chanteuse Taylor Swift, mais c’est la première femme politique à avoir entrepris une telle démarche.

Vers une inondation des réseaux sociaux par les deepfakes ?

Cité par le média britannique, Giovanni Orsina, directeur du département de sciences politiques de l’université Luiss à Rome, décrit ainsi la situation :

L’Italie entre dans une campagne électorale qui s’annonce très violente à bien des égards. Elle sera féroce, c’est une évidence. Elle sera la cible privilégiée… tant à droite qu’à gauche. Mon analyse est simple : elle a anticipé qu’elle serait fortement prise pour cible et elle fait tout son possible pour se défendre.

De fait, l’identité de Giorgia Meloni a déjà été usurpée dans le cadre d’arnaques aux cryptomonnaies par le passé. Ses adversaires utilisent aussi parfois des deepfakes où on la voit demander de voter pour l’écarter du pouvoir, ou encore des détournements à caractère sexuel qui ont donné lieu à des poursuites.

Guido Scorza, avocat et expert en nouvelles technologies, se dit quant à lui persuadé que ce dépôt de marque pourra permettre à la Première ministre de se défendre plus efficacement contre les deepfakes, car les plateformes réagissent assez promptement aux signalements pour violations de marques.

D’autres observateurs craignent que le recours à ce type de technologie soit si massif qu’il sera quasi impossible de l’endiguer. « Elle a eu raison d’ériger une barrière autour de son image et de sa voix… mais l’IA finira par la contourner », juge Gianni Riotta, directeur de l’Observatoire italien des médias numériques.

Ce qu’il faut retenir :

  • Giorgia Meloni a demandé une marque pour sa voix auprès de l’EUIPO.
  • Cette initiative vise à lutter contre les deepfakes qui menacent l’intégrité des personnalités publiques et privés.
  • La démarche souligne les dangers croissants des manipulations numériques, notamment en période électorale.

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