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Guerre du futur : la France mise sur les robots pour renforcer sa puissance militaire

À l’horizon 2028, des unités robotiques pourraient rejoindre les forces françaises sur le terrain.

Alors que les conflits armés entre États deviennent statistiquement plus rares, les budgets militaires, eux, poursuivent leur envolée. À l’échelle mondiale, les dépenses de défense ont atteint des sommets en 2023, sous l’impulsion croissante du secteur privé et des technologies duales (biens, logiciels et technologies conçus initialement pour un usage civil, mais susceptibles d’être appliqués à des fins militaires ou de sécurité).

Aux États-Unis, plus de 100 milliards de dollars ont été injectés entre 2021 et 2023 dans les startups spécialisées dans la tech militaire. Drones autonomes, systèmes anti-UAV (Unmanned Aerial Vehicle), robots armés, etc. La course au réarmement bat son plein et la France ne compte pas laisser passer le train. Le pays veut accélérer sa mue et équiper ses forces terrestres de robots de soutien dès 2028.

Un changement d’échelle piloté par l’armée de Terre

Le cadre a été posé publiquement par le général Bruno Baratz, général de corps d’armée et commandant du combat futur, un poste qu’il occupe depuis le 1ᵉʳ août 2023, selon le ministère des Armées : « Nous espérons disposer de quelque chose d’assez évolué d’ici trois ans, avec les premières capacités robotiques terrestres prêtes à équiper nos forces », a-t-il déclaré lors d’essais menés près de Paris.

Un calendrier resserré, alors que la cible initiale, fixée en 2021, tablait plutôt sur une échéance à 2040. Entre-temps, le retour de la guerre de haute intensité en Europe ; en Ukraine notamment ; a modifié les priorités capacitaires de l’armée française. La doctrine française, désormais, intègre la robotisation non comme un substitut au soldat, mais comme un relai technique sur les zones les plus exposées.

Lors des essais, il était possible d’avoir un petit aperçu de la transition amorcée par l’Armée de terre. Des unités sans pilote ; à roues, chenilles ou pattes articulées ; ont franchi des terrains dégradés, évité des obstacles, et simulé des missions de reconnaissance, de transport ou de déminage.

« Le robot doit faciliter le combat, pas le freiner », a résumé le général Tony Maffeis, Directeur de la section technique de l’armée de Terre, qui insiste ainsi sur un principe cardinal : la technologie doit s’adapter à la tactique, et non l’inverse.

Robotiser la manœuvre, pas l’engagement

L’Armée de terre reste très claire sur ce point : il n’est pas question, de développer des systèmes de tirs autonomes. Les robots prévus devront intervenir en appui des unités humaines, non les remplacer. Surveillance, logistique, réparation à distance ou neutralisation de mines : des tâches à risque, répétitives ou à faible enjeu décisionnel. Les démonstrations récentes ont confirmé que ces rôles pouvaient être confiés à des systèmes robustes, sans remettre en cause la chaîne de commandement.

La France ne souhaite pas exhiber une force technologique agressive. Elle s’attache plutôt à construire un socle capacitaire durable, pensé pour s’intégrer à la chaîne de décision existante. Pas d’autonomie létale, pas de délégation du feu : un choix assumé, celui d’intégrer la technologie là où elle offre un gain opérationnel immédiat.

Notre pays n’imagine pas une armée automatisée à court terme, mais elle ne considère plus la robotisation comme un horizon lointain. À trois ans d’un premier déploiement, les conditions techniques semblent réunies. L’enjeu actuel n’est donc plus l’existence de l’équipement en tant que tel, mais la place réelle que celui-ci prendra dans un environnement tactique contraint. Parfois face un adversaire qui ne suivra pas les mêmes règles martiales.

  • La France veut introduire des systèmes robotiques terrestres dans son armée d’ici 2028, pour renforcer ses capacités sans remplacer les soldats.
  • Les robots testés sont destinés à des missions de soutien non armées, comme le transport, la reconnaissance ou le déminage.
  • Ce choix s’inscrit dans une logique d’adaptation opérationnelle, face à une intensification des menaces et à l’évolution des conflits.

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