Le week-end, pour décompresser d’une semaine bien chargée, il est tout à fait naturel de se laisser un peu aller : sortir voir ses potes pour une bonne soirée ou un apéro un peu prolongé, consacrer du temps à certains loisirs, traîner plus longtemps devant Netflix pour finir une série impossible à regarder en semaine. Des activités tout à fait banales, mais essentielles à notre santé mentale, qui peuvent modifier nos heures de repas, forcément plus réguliers en semaine en raison de nos contraintes professionnelles et de notre rythme de vie quotidien.
Selon une étude publiée dans la revue Communications Medicine, ce décalage horaire alimentaire, ou « jet-lag alimentaire », indépendamment de la qualité de l’alimentation ou du sommeil, augmenterait les risques cardiovasculaires.
L’horloge biologique prise en étau
Ce sont des chercheurs espagnols et français qui se sont penchés sur la question, en analysant 104 806 personnes adultes. Ils ont passé au crible les données relatives à leurs habitudes alimentaires, en les croisant avec celles concernant la santé cardiovasculaire, enregistrées sur une durée moyenne de suivi de 8,1 ans.
Un ensemble d’informations qui leur a permis de calculer, premièrement le point médian entre la première et la dernière prise alimentaire (ou boisson) de la journée, aussi bien en semaine que le week-end, pour mesurer l’écart précis de rythme entre les deux. Deuxièmement, ils ont comptabilisé la survenue de nouveaux cas de maladies cardiovasculaires (infarctus, AVC, maladies coronariennes) au sein du groupe au fil des années.
Si aucun lien clair n’a été observé chez les femmes, la tendance est tout autre chez les hommes : plus leurs horaires de repas varient entre la semaine et le week-end, plus le risque cardiaque augmente.
Plus l’écart d’horaires s’aggrave entre la semaine et le week-end, plus les risques cardiaques grimpent. Dans le détail, chaque heure de décalage supplémentaire chez l’homme fait monter de 14 % le risque de maladie cardiovasculaire en général, et de 21 % celui de cardiopathie coronarienne (qui regroupe notamment les infarctus). À noter que prendre ses repas plus tôt le week-end, bien que moins fréquent dans la cohorte étudiée, se révèle être une habitude tout aussi néfaste. « Si ces résultats se confirment dans d’autres travaux, maintenir des horaires de repas réguliers pourrait constituer une stratégie de réduction des risques cardiovasculaires », précisent les auteurs dans leur étude.
Des recherches complémentaires seront, en effet, nécessaires, car les chercheurs n’ont découvert ici qu’un lien de corrélation, et non de causalité. Il est tout à fait possible que d’autres facteurs entrent en jeu, non mesurés dans l’étude : catégories socio-professionnelles, niveau d’activité physique, niveau de stress, antécédents médicaux, consommation d’alcool ou de cigarettes… Autant de variables susceptibles de biaiser ou fausser l’interprétation des résultats. Après, il est possible de remettre les choses dans le bon ordre : si nous ressentons le besoin de lâcher un peu de lest sur nos horaires le week-end (ce qui, visiblement nous vaut un risque accru d’être exposés à de graves pépins) c’est que nos semaines de 40 h sont peut-être trop assommantes ? Un tout autre terrain de recherche, sur lequel cette étude ne s’est évidemment pas aventurée.
- Une étude suggère que des horaires de repas irréguliers entre semaine et week-end augmentent les risques cardiovasculaires chez les hommes.
- Chaque heure de décalage alimentaire accroît le risque de maladies cardiaques de 14 % et de 21 % pour les cardiopathies coronariennes.
- Les chercheurs appellent à des recherches supplémentaires pour explorer d’autres facteurs pouvant influencer ces résultats.
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