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Hive Electric : la start-up française qui réinvente la batterie

Hive Electric est une entreprise spécialisée dans le stockage d’énergie. Elle s’apprête à commercialiser une batterie d’un nouveau type, à base de graphène et d’aluminium.

La transition énergétique que nous avons entamée dans cette dernière décennie repose en partie sur l’utilisation de l’énergie électrique. Pour qu’elle se déroule de manière optimale, le développement de solutions de stockage durables et efficaces est une condition nécessaire. Actuellement, les batteries (lithium-ion en écrasante majorité) que nous utilisons affectent l’environnement de manière très négative : utilisation de terres et métaux rares, coûts de production élevés et mise sous tension des zones de détention des ressources. Hive Electric propose une toute autre conception de batterie, théoriquement plus viable au long terme.

Les limites des batteries actuelles

Les batteries classiques sont composées en partie avec du cobalt, du manganèse et du lithium. Des matériaux épuisables, et dont la rareté s’accroît à mesure que le besoin en cellules énergétiques augmente. C’est un double problème, économique, mais aussi écologique.

L’extraction minière de ces éléments est une catastrophe environnementale et engendre des taux de pollution très importants. L’exemple du Salar d’Uyuni et ses deux millions de tonnes de lithium en est un parfait exemple.

Les craintes de ruptures d’approvisionnement de cobalt et de lithium sont déjà présentes chez les fabricants et l’Union européenne anticipe ce phénomène en proposant au maximum son soutien aux initiatives issues du Vieux Continent. Actuellement, la planète entière est en situation de dépendance totale avec certains pays asiatiques qui détiennent l’exploitation de ces ressources : Japon, Corée du Sud ou Chine. Un facteur aggravant, à même de menacer la stabilité géopolitique sur le moyen-long terme si la raréfaction tendait à s’accélérer.

Hive Electric : une nouvelle voie pour les batteries

Nesrine Darragi est la fondatrice de Hive Electric, mais porte également la casquette de docteure en génie industrielle. Sa proposition est de concevoir une batterie sans aucun matériau rare ou métaux critiques, simplement à base de graphène (cristal bidimensionnel d’atomes de carbone) et d’aluminium. Des matériaux moins coûteux, moins délétères pour l’environnement, car ne nécessitant pas d’extractions minières dévastatrices.

Le graphène, inventé en 2004 par Andrei Geim, est un matériau très polyvalent et on peut lui trouver des applications très variées. Dans le cadre des batteries, sa résistance, sa flexibilité et sa conductivité sont des propriétés très appréciées. Il serait potentiellement un élément inédit sur lequel faire reposer toute une nouvelle génération de batteries, plus écologiques et performantes.

Pendant quatre ans, les équipes d’Hive Electric étaient en phase de recherche et ont réussi à lancer en 2021 leur toute première ligne pilote capable de produire ces batteries hybrides.

Le chemin vers la commercialisation

Selon les prévisions de la société, les premières batteries de leur conception seront prêtes à être mise sur le marché d’ici 2025. Cependant, comme dans de nombreuses initiatives du genre, le principal problème résulte dans le manque d’investissement pour permettre une production à grande échelle. Nesrine Darragi souligne la difficulté à trouver des partenaires sérieux pour soutenir Hive Electric dans cette démarche.

En parallèle, l’entreprise fabrique et vend des batteries LFP, des accumulateurs et d’autres éléments électroniques sur le sol européen. Récemment, elle vient de lancer une batterie de stockage d’énergie stationnaire : la Hex Power. Même si l’objectif premier est bien de développer ces batteries au graphène, Hive Electric parvient à se diversifier grâce à ces autres projets.

L’idée développée par Hive Electric est, sur le papier, excellente. Même si elle ne réglerait pas tous les problèmes inhérents au stockage de l’énergie, elle a le potentiel d’amoindrir certains effets néfastes du développement des batteries conventionnelles. On lui souhaite donc de trouver les financements nécessaires pour faire aboutir leur projet novateur.

  • Hive Electric, une start-up française, a mis au point une nouvelle forme de batterie.
  • Conçue à partir de graphène et d’aluminium, aucun métal rare ne rentre dans sa composition.
  • Elle espère pouvoir commercialiser sa solution d’ici 2025, mais les fonds nécessaires lui manquent pour y parvenir.

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3 commentaires
3 commentaires
  1. Les terres rares NE SONT PLUS UTILISÉES DANS LES BATTERIES DE VE depuis 15 ans. D’ailleurs les terres rares ne sont pas rares, elles sont abondantes sur notre chère planète. Elles sont très utilisées dans les pots catalytiques par exemple dont les VE n’ont plus besoin. Par contre elles sont utilisées dans les moteurs électriques dont ceux des VE . Pour les batteries les métaux devenus rares cobalt nickel sont effectivement très critiques, en RDC l’impact environnemental et social est catastrophique.

  2. Au fur et à mesure que nous avançons, les solutions émergent : batterie sans lithium, sans métaux coûteux (rares), moteurs sans aimant permanent, réduction du cuivre…
    Il va falloir assembler tout ça et donner une grosse impulsion !
    Il n’y a que les états qui peuvent canaliser les choses, l’Europe doit impulser et imposer le sans lithium, le sens néodyme etc…
    Un petit effort comparé à l’arrêt du moteur thermique.
    En 2035, le VE sera-il propre pour la planète ? On ne doit plus parler CO² !

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