Le télescope Hubble est un des pionniers de l’observation de l’Univers ; depuis son lancement il y a plus de 30 ans, celui-ci nous a fourni des images spectaculaires du cosmos. Tout au long de sa carrière, celui-ci a connu plusieurs soucis techniques : aberration sphérique de son miroir primaire peu après son lancement, problèmes avec l’unité de commande et défaillances de ses gyroscopes qui lui servent à maintenir son orientation. Actuellement, Hubble rencontre de nouveau un problème avec ces derniers, mais la NASA a décidé de ne pas procéder à sa réparation.
Gyroscopes en panne : une défaillance sans retour
Depuis sa dernière mission de maintenance effectuée par la navette Atlantis en 2009, trois de ses six gyroscopes ont déjà cessé de fonctionner. Pire encore, un quatrième, baptisé « gyro 3 », a récemment commencé à transmettre des données erronées, ne laissant plus que deux exemplaires pleinement opérationnels.
Néanmoins, loin de s’avouer vaincu, Mark Clampin, à la tête de la division d’astrophysique au sein de la NASA, a tenu à relativiser cet écueil : « Je ne perçois pas personnellement cela comme une entrave majeure à sa capacité à accomplir des avancées scientifiques ».
L’agence spatiale américaine a par conséquent décidé de restreindre les opérations du télescope à un unique gyroscope, conservant le second en réserve. Une stratégie pragmatique qui, selon les prévisions du chef de projet Patrick Crouse, devrait permettre de prolonger son activité jusqu’en 2035, avec un taux de réussite estimé à 70 %. « Nous ne pensons pas qu’Hubble soit sur le point de rendre l’âme » a-t-il expliqué.
Des adieux en prévision malgré les alternatives envisagées ?
La proposition alléchante de Jared Isaacman, ce milliardaire ayant financé la première mission commerciale en orbite avec Crew Dragon, de financer une mission de maintenance pour réparer Hubble a été déclinée par la NASA. Pourtant, une telle intervention aurait permis de rehausser judicieusement l’altitude du télescope d’environ 50 km. Elle aurait également offert l’opportunité d’y adjoindre, en théorie, des gyroscopes externes supplémentaires, une amélioration non négligeable pour optimiser son système d’orientation vieillissant.
Néanmoins, après une étude de faisabilité menée avec la participation de SpaceX en 2022, l’agence spatiale a finalement jugé plus avisé de laisser Hubble poursuivre sa course sans intervention supplémentaire. Clampin a déclaré : « Pour l’instant, après avoir étudié les capacités commerciales actuelles, nous n’envisageons pas de rehausser le télescope immédiatement ».
La position de la NASA apparaît de ce fait comme assez claire : elle souhaite qu’Hubble finisse son service et le laisser « vieillir » naturellement. Celui-ci approche de ses limites opérationnelles, mais il lui reste encore quelques belles années devant lui ; de quoi fournir à la communauté scientifique de précieuses informations et peut-être encore de superbes clichés pour le grand public.
- Le télescope Hubble est touché par un problème technique affectant ses gyroscopes qui lui servent à s’orienter dans son orbite.
- Sur les six embarqués, quatre sont défaillants.
- La NASA ne souhaite pas le réparer et compte le faire fonctionner avec un seul gyroscope et espère prolonger son activité jusqu’en 2035.
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