C’est une révolution, qui va photographier notre ciel toutes les nuits, sans interruption pour, au moins, les 10 prochaines années. Au fin fond du désert chilien, à plus de 2500 mètres d’altitude, l’observatoire Vera-C Rubin vient de prendre ses premiers clichés. Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’ils sont très impressionnants.
Si pour le commun des mortels ces images sont déjà d’une beauté sans pareille, elles sont une véritable mine d’or pour les milliers de scientifiques qui travailleront avec cet observatoire. Grâce à des images d’une telle qualité et d’un tel niveau de précision, ils espèrent faire des découvertes au moins aussi importantes que Vera Rubin, la première astronome à avoir théorisé l’idée d’une matière noire présente en abondance dans l’univers.
Techniquement, l’observatoire qui porte son nom fonctionne à l’aide d’un miroir primaire de 8,4 mètres de diamètre. Il est également doté d’une caméra numérique à la résolution de 3200 Mpx. Ce capteur, unique au monde, pèse pas loin de 3 tonnes, et a les dimensions d’une Twingo.
Des images à couper le souffle
Grâce à lui, le monde entier s’attend à percer les secrets les mieux gardés de l’Univers. Comme pour nous donner un avant-goût des possibilités offertes par cet observatoire, trois premières images (prises pour calibrer l’appareil) ont été rendues publiques ce lundi 23 juin.
Elles ont été capturées entre le 21 avril et le 4 mai. Les deux premières nous montrent l’amas de la Vierge tandis que la troisième image se concentre sur la constellation du Sagittaire et plus précisément les nébuleuses Trifide et de la Lagune (visible ci-dessous).
Ce dernier cliché est en réalité un regroupement de centaines de photos distinctes. En tout, ce sont 678 expositions qui ont été superposées pour donner ce rendu unique, aussi détaillé.

Vera-C Rubin : un bijou pour le monde
Bien qu’américain et financé par l’Oncle Sam (à hauteur de 810 millions de dollars) l’observatoire Vera-C Rubin. devrait rapidement s’ouvrir au monde entier. Si les chercheurs et autres scientifiques américains sont évidemment prioritaires pour utiliser cet appareil, d’autres scientifiques, notamment des Français, devraient y avoir accès.
Si les images visibles plus haut sont très impressionnantes, elles servent surtout à démontrer au grand public les capacités de cet appareil photo numérique hors norme. Avec une telle résolution, il est techniquement possible de lire le titre d’un journal à Paris, en étant soi-même basé de l’autre côté de l’Atlantique, à New York.
Pour se rendre compte de la précision de l’appareil, l’observatoire a partagé un chiffre fort. En quelques heures d’observations seulement, Vera-C Rubin a découvert près de 2000 nouveaux astéroïdes. Lors d’un point presse organisé en cette fin du mois de juin, le professeur Željko Ivezić, enseignant à l’Université de Washington, a notamment démontré la découverte de 10 astéroïdes différents, passant devant une galaxie lors de la prise d’un cliché par Vera-C Rubin.
Avec une telle précision et des données collectées par millions, les scientifiques ne se fixent aucune limite. Ils espèrent tous faire de grandes découvertes à l’aide de cet observatoire, et statistiquement, il y a de grandes chances pour qu’ils y arrivent.
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