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Internet : la censure se porte bien, merci

Plusieurs indices devraient nous alerter sur la remise en question de la liberté d’expression sur internet. Faut-il s’en inquiéter ? Revue de détail.

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On sent ces dernier mois comme un petit parfum de plus en plus prononcé de restrictions et contraintes en tous genres sur les internets, émanant autant des autorités que des acteurs du web, qu’il s’agisse des plateformes, réseaux sociaux, ou des annonceurs. La mobilisation autour de la mort de George Floyd et les manifestations autour du mouvement Black Live Matters ont semble-t-il amplifié ce phénomène, puisque même les marques prennent désormais position, n’hésitant plus à entrer dans le champ politique, ce qu’elles évitaient soigneusement de faire jusqu’à présent.

Est-ce vraiment leur rôle ? Une marque a-t-elle pour mission d’influencer l’opinion en faisant pression en tant qu’annonceur sur un réseau social, oui est-ce du pur marketing déguisé en bonnes intentions ? Ou les deux ? Certains répondront que cela relève de sa responsabilité sociétale des entreprises. Pas sûr cependant que tout le monde apprécie certaines prises de positions des marques les conduisant à boycotter Facebook, par exemple…

Si la question n’est pas vite répondue, voici en attendant un petit inventaire à la Prévert des récentes lois et postures que l’on pourrait considérer comme portant atteinte à la liberté d’expression sur internet. Comme vous le voyez, on a clairement l’impression que ça s’accumule dans une sorte d’hystérisation du débat public entre les gentils et les méchants.

  • Loi anti fake news
    Cette disposition légale contre la manipulation de l’information vise à mieux protéger la démocratie contre les diverses formes de diffusion intentionnelle de fausses nouvelles. Elle a été adoptée par le Parlement français le 20 novembre 2018 et promulguée le 22 décembre 2018.
    La loi s’applique aux plateformes ayant plus de 5 millions de visiteurs uniques par mois ou touchant 100 euros hors taxe par campagne publicitaire, pour chaque publication contenant une information liée à un débat d’intérêt général. Très sincèrement, outre le fait que l’on dirait presque sa définition issue du Gorafi, on se demande encore comment une telle loi peut être appliquée, et en fonction de quels critères, quand on sait à quel point la notion de fake news est subtile, mouvante, et au final difficile à définir.
  • Loi Avia
    La proposition de loi, du nom de la députée qui l’a portée devant l’Assemblée nationale, a été adoptée le 13 mai 2020. Nous avons déjà eu ici (et ailleurs) l’occasion de dire tout le mal que nous pensions de ce petit précis de politiquement correct. Heureusement, elle a été retoquée et vidée de sa substance par le Conseil Constitutionnel sur saisine du Sénat. Cependant, cela n’a pas empêché le président Emmanuel Macron de promulguer la loi purgée de ses dispositions jugées inconstitutionnelles, le 24 juin 2020.
  • Suppression des chaines YouTube de Dieudonné (438 000 abonnés) et Alain Soral (185 000 abonnés)
    Quoique l’on pense du personnage (et nous ne pensons pas beaucoup de bien de cet antisémite obsessionnel notoire), son bannissement brutal de la plateforme vidéo de Google peut poser question. Google s’en explique dans une déclaration de niveau internationale : «  Après avoir mis à jour nos règlements pour mieux résoudre la question des contenus suprémacistes, nous avons assisté à une multiplication par cinq du nombre de vidéos retirées et nous avons mis fin à plus de 25 000 chaînes pour violation de nos règles sur les discours de haine  ». Même sanction pour l’agitateur d’extrême-droite Alain Sorl (lui aussi maladivement antisémite, entre autres), qui a vu sa chaine de 185 000 abonnés rayée de YouTube.
  • Loi sur les sites pour adultes
    La régulation de l’accès aux sites pour adultes franchit une nouvelle étape importante. Si la loi est votée, les plateformes devraient assurer elle-même la mise en place de mécanismes de vérification de l’âge des utilisateurs. Et le CSA serait doté de nouvelles compétences pour veiller au respect du texte.Si la loi est votée, les plateformes devraient assurer elle-même la mise en place de mécanismes de vérification de l’âge des utilisateurs. Et le CSA serait doté de nouvelles compétences pour veiller au respect du texte. Une question délicate est soulevée ici, celle de l’accès des mineurs aux sites adultes. La voie la plus probable serait celle de l’obligation de fournir une carte de crédit pour pouvoir accéder à ces sites, mais on peut s’interroger sur l’efficacité d’un tel dispositif quand on sait qu’il est possible (moyennant quelques restrictions de contrôle parental, entre autres) d’obtenir une carte de crédit à partir de l’âge de 12 ans, et 16 ans sans aucune contrainte.
  • Trump banni de Twitch
    C’est connu, Donald Trump et Jeff Bezos ne sont pas les meilleurs amis du monde. Et Twitch appartient à Amazon. De là à y voir une histoire de taquinerie personnelle du patron d’Amazon… Toujours est-il que Twitch a décidé de suspendre, temporairement, le compte du président, après que la chaîne ait diffusé le récent meeting de Tulsa, ainsi qu’un clip de campagne de 2016.
  • Trump banni de Reddit (790.000 followers)
    La communauté r/The_Donald est connue depuis de nombreuses années comme étant partisane de l’actuel Président des États-Unis et se décrit elle-même comme « un rassemblement sans fin dédié au 45ème président des États-Unis, Donald J. Trump ». Créé il y a quatre ans pour soutenir la campagne présidentielle de Donal Trump, le groupe a depuis a continué de s’étendre pour atteindre les 790 000 membres et on y trouve de nombreux messages pro-fascistes, des revendications suprémacistes et des théories complotistes. Le groupe a été supprimé par Reddit le 30 juin dernier. Mais Reddit ne s’est pas arrêté là puisque ce sont pas moins de 2000 groupes – de tous bords politiques – qui ont fait les frais de cette grande purge.
  • les marques qui boycottent Facebook (200 grandes marques : Coca-Cola, Patagonia, Unilever ou Levis…). Mais Facebook compte plus 7 millions d’annonceurs sur sa famille d’applications, et la majorité sont des PME. Est-ce aux marques de s’ériger en parangons de vertu ? Notre avis dans la vidéo en haut de cet article.

Certes, internet n’est pas une jungle ni une zone de non-droit, et loin de nous l’idée qu’il faudrait absolument tout tolérer au nom de la liberté d’expression. Mais doit-on créer des lois spéciales ? Est-ce que l’arsenal réglementaire et répressif de droit commun ne suffit pas ? Est-ce aux plateformes de s’ériger en juges ? Le débat reste ouvert.

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1 commentaire

1 Commentaire

  1. Cassan

    15 juillet 2020 at 11 h 22 min

    Des gouvernements qui luttent contre les fakes News, LOL.
    Lire ou relire 1984.
    Pour les septiques regardaient les débats sur la gestion du covid (YouTube LCP) Les docteurs, les cliniciens, les pharmaciens, les labos qui parlent de cette gestion que je ne qualifierais pas laissant le libre arbitre à chacun.

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