Si vous avez eu une enfance heureuse, vous connaissez forcément les Tamagotchi. À la fin des années 90 et au début des années 2000, cet animal virtuel régnait en maître dans les cours de récré, aux côtés des cartes Pokémon et des feuilles Diddl.
Bien que nous ayons tous grandi vieilli, les Tamagotchi ont réussi à perdurer dans le cœur des enfants des nouvelles générations. Bandai Namco n’a jamais abandonné ces créatures adorables (et demandeuses d’attention), continuant à produire des nouvelles générations, mais aussi des animes ou encore des jeux vidéo à leur effigie.
Mais il n’y a pas que les enfants qui continuent d’aimer les Tamagotchi. Au cours des derniers mois, la nostalgie a eu raison de nombreux adultes. Sur les réseaux sociaux, bien sûr, mais même sur les podiums de la Fashion Week ou dans les locaux de Presse-citron. C’est indéniable : les Tamagotchi reviennent en force chez ceux qui ont pourtant passé l’âge. Il ne m’a pas fallu longtemps pour céder aux sirènes de la nostalgie et aller acheter mon nouveau compagnon virtuel “vintage”, une réédition du Tamagotchi original initialement sorti en 1996 au Japon.
Cela fait maintenant deux semaines que je trimballe mon Tamagotchi partout, attentive au moindre bip plaintif, prête à lui apporter l’attention qu’il quémande, faisant le malheur de mes collègues, mes colocs et mon petit ami. Est-ce qu’avoir un Tamagotchi est aussi bien que dans mes souvenirs ?
Véritable madeleine de Proust
Les Tamagotchi, c’est toute mon enfance. Je me souviens d’avoir fait des pieds et des mains à mes parents pour en avoir un, moi aussi. Pendant un temps, j’ai eu droit à une version alternative avant d’avoir (enfin) le Saint-Graal. Dans mes souvenirs, élever un Tamagotchi (et le garder en vie) était particulièrement dur et contraignant. Lorsque j’étais à l’école, il était hors de question d’abandonner mon très cher compagnon. Alors mon père l’emmenait à son travail et s’en occupait pour lui éviter une mort certaine. Pauvre de lui… Je lui dois une fière chandelle !

Ainsi, acheter un Tamagotchi original en 2025, c’est une madeleine de Proust incontestable. Quand j’ouvre la boîte, c’est comme si j’ouvrais une porte qui me ramène dans la chambre de mon enfance. Comme cela fait bien une vingtaine d’années que je n’ai pas eu un Tamagotchi entre les mains, je lis attentivement la notice pour pouvoir m’occuper de mon “fils” de la meilleure des manières. Oui, comme beaucoup, j’ai été “traumatisée” par tous ces Tamagotchi morts dans ma jeunesse.
Dès que je l’allume, je suis transportée dans les années 2000. Les bips sont familiers. C’est à la fois réconfortant et excitant. Lorsque l’œuf éclos, je me rappelle à quel point les Tamagotchi sont sollicitants. Toutes les 5 à 10 minutes, un bip se fait entendre et il faut se montrer réactif. Au total, il convient d’être disponible au moins une heure et demie pour nourrir et apporter toute l’attention et les soins nécessaires au bien-être du bébé Tamagotchi.
Après le stade du nourrisson, le Tamagotchi se transforme en enfant. Tout de suite, c’est moins contraignant… Même s’il faut toujours l’avoir dans les parages si on veut bien s’en occuper… Et ne pas le voir mourir. Je craignais d’être réveillée en pleine nuit ou très tôt le matin, mais mon Tamagotchi a des horaires fixes. Il se réveille toujours à 9h, et se couche entre 20h et 22h selon son âge.
Je m’amusais follement avec mon “fils” quand, à l’aube de son adolescence, il meurt. De manière extrêmement dramatique. Voilà mon Tamagotchi qui se met à bipper très fortement et très longuement dans le métro. J’ai beau appuyer sur les trois boutons, aucun ne réagit. C’est la fin. Hercule (c’était son petit nom) est mort. Et il m’a fichu la honte dans toute la rame de métro. Pas cool.
Sa mort est un choc : mon Tamagotchi était en bonne santé, je nettoyais ses crottes, je l’envoyais au lit dès qu’il s’endormait, il était heureux, je jouais avec lui régulièrement, il était bien nourri… Peut-être trop. Incrédule, je me suis retrouvée à farfouiller sur des forums. Le Tamagotchi original de 2e génération est un traître. La notice ne nous l’indique pas, mais si on a la main lourde sur les gâteaux, celui-ci peut en mourir. Les Tamagotchi sont impitoyables.
C’est un triste coup du sort mais je suis déterminée à faire mieux avec Hercule II (oui, ne me jugez pas). J’ai compris qu’il ne faut pas lui donner de gâteaux et qu’il ne doit pas dépasser un certain poids si je veux le garder en vie. À chaque fois que je le nourris, je joue avec lui. Chaque partie de jeu lui fait perdre 1 lb (environ 450 grammes), ce qui lui permet d’être toujours au poids idéal pour vivre et être en bonne santé. Si l’heure et demie à être constamment disponible pour ce nouveau Tamagotchi au stade de bébé s’avère un peu pénible, je le reconnais, le reste est assez simple.

Ainsi, Hercule II grandit, et passe les différents stades de la vie haut la main. Je ne m’en souvenais pas, mais l’apparence du Tamagotchi dépend du soin qu’on lui apporte. Si vous êtes un mauvais parent, votre enfant sera donc moche. Dur. Il vaut mieux bien s’en occuper si vous ne voulez pas finir avec un canard atroce.
Enfance, adolescence… Après une petite semaine, mon Tamagotchi est maintenant un adulte en pleine forme. Et plus beau que jamais. Je suis fière de réussir à le garder en vie. Quand on a toutes les cartes en main, ce n’est pas aussi difficile que dans mon souvenir. En plus d’être adorable et amusant, il apporte une petite touche à mes tenues, s’imposant comme un accessoire de mode à part entière. En plus, on peut couper le son insupportable, ce qui m’évite de m’attirer (trop) les foudres de mes collègues à la rédaction.
On s’amusait d’un rien, quand même…
Si je suis contente de cette bouffée de nostalgie, je dois bien admettre que le Tamagotchi est un compagnon plutôt sommaire. Les graphismes sont minimalistes et le jeu proposé pour l’amuser est tout aussi rudimentaire. Pour le rendre heureux, il faut essayer de deviner si le prochain chiffre sera plus ou moins élevé que celui affiché à l’écran, entre 1 et 9. On a déjà vu plus fun. Puis, une fois qu’il n’est plus un nourrisson, le Tamagotchi est assez peu stimulant. Rien d’étonnant à ce que les enfants des années 2000 n’aient eu d’yeux pour eux que pendant quelques mois avant de passer à un nouveau phénomène…

Après deux semaines, l’excitation que m’a procuré l’achat d’un Tamagotchi en 2025 n’est plus la même. L’engouement est plus mitigé. N’empêche que je continue à trimballer Hercule II un peu partout, toujours accroché à mon sac ou à mon jean, bien déterminée à le garder en vie le plus longtemps possible. Et quand l’heure de sa mort, inexorable, arrivera, je pense bien élever un nouveau bébé. Peut-être même que celui-ci aura le droit à un prénom original…
Alors que cette réédition du Tamagotchi est commercialisée à 24,99 euros, il faut bien reconnaître que cela fait peut-être un peu cher la tranche de nostalgie et le retour en enfance. Mais bon, ça, c’est à vous de voir…
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