Dire que je suis ressorti de la dernière keynote Apple déçu serait un euphémisme. Difficile de m’en vouloir, même les fans les plus fidèles de la Pomme se sont montrés critiques face au manque d’innovation de l’entreprise.
S’il est compréhensible que les smartphones, arrivés à maturité, ne changent pas beaucoup chaque année, Apple a tendance à se reposer un peu trop sur ses lauriers. Depuis l’iPhone 11, les smartphones Pommés n’ont pas beaucoup changé. Cela se remarque d’ailleurs encore plus sur les modèles Pro que j’utilise au quotidien.
La WWDC de juin 2024 soufflait pourtant un vent d’espoir. Apple Intelligence promettait de transformer l’expérience de l’iPhone pour les prochaines années. « Une nouvelle ère » ont répété fièrement les cadres Apple pendant la keynote de septembre. Sauf que la proposition d’Apple est bien moins séduisante qu’elle n’y paraît. La raison : Apple Intelligence n’est pas disponible au lancement des iPhone 16. Les premières fonctionnalités arriveront en octobre, aux Etats-Unis seulement. En décembre, une autre salve de déploiement touchera d’autres pays anglophones. Pour les autres, il faudra attendre 2025, au mieux.
Puisque le logiciel n’est pas à la hauteur de nos attentes, je me suis donc intéressé au matériel. Comme je pouvais le présager (j’ai suivi et couvert la keynote de lancement), les iPhone 16 sont assez décevants. Mais mon premier week-end en compagnie de l’iPhone 16 Pro m’a permis de découvrir quelques bonnes surprises.
Ce qui me déçoit
Design inchangé

Cela n’aura échappé à personne, l’iPhone 16 Pro est quasiment identique à son prédécesseur. Mêmes matériaux, mêmes finitions, mêmes coloris ternes, Apple aurait tout intérêt à apporter un peu de pep’s à cette gamme. La marque propose bien une nouvelle couleur Sable mais elle est loin de faire autant d’effet que les nouveaux coloris des iPhone 16 standards.

J’ai apprécié l’intégration d’un écran plus grand (6,3’’ vs 6,1’’) que je pensais anecdotique à la lecture de la fiche technique. Cette petite cure de croissance apporte finalement un peu plus de confort au quotidien. Je prends.
En dehors de cela, l’iPhone 16 Pro ne change pas d’un poil. Ah, si : il dispose d’un nouveau bouton physique dédié exclusivement à la caméra. (j’y reviendrai).
Recharge toujours aussi lente

S’il est un domaine dans lequel l’iPhone n’a jamais vraiment brillé, c’est bien celui de la recharge. Cette année, Apple introduit discrètement une nouveauté intéressante : l’iPhone 16 Pro est compatible avec une recharge de 45 W, contre 25 W auparavant.
Je pourrais me réjouir de cette nouvelle si Apple n’avait pas cru bon de se mettre une nouvelle fois un bâton dans les roues. Tout seul, comme un grand. Ainsi, la recharge à 45 W ne fonctionne pas tout au long du cycle.
Les première minutes sont bien plus rapides mais passé un certain seuil (que je détaillerai dans mon test complet), la puissance est réduite à 25 W. La charge ultra-rapide ne fera donc toujours pas partie des atouts de l’iPhone 16 Pro. Dommage.
Qualité photo identique

L’iPhone 16 Pro est le mieux loti de la nouvelle génération puisqu’il hérite du téléobjectif avec zoom optique 5x réservé l’année dernière au modèle Max. Apple a visiblement trouvé la solution pour caser tous les composants dans ce châssis très légèrement plus grand.
Malgré cet ajout matériel appréciable, la qualité photo de l’iPhone 16 Pro n’apporte pas de grand chamboulement par rapport à la génération précédente, qui elle-même ne révolutionnait pas la photographie sur iPhone.
Tout juste ai-je constaté une tendance à pousser davantage sur les contrastes, mais la différence reste minime. J’ai lu dans certains médias qu’Apple gérait mieux le flair (ces points lumineux qui apparaissent lorsque trop de lumière entre dans l’objectif) : je n’ai hélas pas pu observer cette amélioration durant mes trois premiers jours de test.
Les bonnes surprises
Les styles photographiques sont une vraie bonne idée
Lors de la présentation des nouveaux iPhone 16, j’avais trouvé l’idée des styles photographiques anecdotique, les percevant comme de simples filtres colorimétriques que l’on peut trouver dans des centaines d’appli tierces.
Je me suis essayé aussi aux styles photo. C'est pas mal. Quelques clichés en N&B. #iPhone16Pro J’ai capturé un @AnhPhanFr sauvage dans son milieu naturel ❤️ pic.twitter.com/s27iohTliB
— Romain Vitt (@vitt_romain) September 23, 2024
Mea culpa, ces « Styles » figurent sans doute parmi les meilleures nouveautés de cette génération. La qualité du travail des ingénieurs apporte un vent de fraîcheur et de créativité dans l’exercice de la photographie sur iPhone. Rien d’extraordinaire non plus, c’est dire si les nouveautés se réduisent comme une peau de chagrin de génération en génération. Mais cela reste appréciable et suffisamment varié pour s’amuser un peu.
La qualité vidéo est remarquable
Alors que ses concurrents continuent de se battre pour promouvoir la qualité photo de leurs smartphones, Apple a compris que l’on avait atteint les limites physiques de la photographie sur smartphone. Pour se distinguer, l’américain travaille donc chaque année un peu plus sur la partie vidéo.
L’iPhone 16 Pro peut donc désormais filmer en 4K à 120 im/s. Il est d’ailleurs le seul iPhone à en être capable pour le moment. Et les résultats sont tout bonnement impressionnants. Déjà roi de la vidéo, l’iPhone conserve donc son avance sur ses concurrents.
Il est vraiment cool le mode vidéo 4K 120 il/s de l’iPhone 16 Pro pic.twitter.com/Gvf7UkcWLD
— Romain Vitt (@vitt_romain) September 23, 2024
J’étais déjà convaincu depuis quelques années qu’une caméra professionnelle n’avait de sens que pour des profils bien particuliers. Pour créer sur les différentes plateformes (y compris Youtube), un iPhone est suffisant depuis bien longtemps. Avec ces ajustements et l’intégration des super-ralentis en 4K, Apple conserve son trône. Et de loin.
Ces bonnes impressions sont renforcés par l’intégration de l’Audio mix, un algorithme de traitement des voix qui, associé à la captation du son par cinq micros, permet d’isoler la voix dans des environnements bruyants. Là encore, les résultats sont hallucinants.
Le nouveau bouton caméra n’est pas si inutile

C’est le changement majeur de cette génération et il ne convainc pas tout le monde. À la rédaction, les débats au sujet du nouveau bouton caméra (ne dites surtout pas bouton sinon Apple vous tapera sur les doigts) se sont quelque peu éternisés. Il y a les « pour » (en petit nombre), les « contre » (la grande majorité) et celles et ceux qui, comme moi, sont aussi déçus qu’agréablement surpris.
Ce nouveau bouton physique permet de lancer l’appareil photo. Grâce à une technologie haptique (retour par vibrations) deux petites pressions permettent d’accéder aux paramètres de prise de vue (ouverture, exposition, styles, zoom etc.). On glisse son doigt pour basculer d’un mode à l’autre (ou on touche l’écran, c’est selon), puis on déclenche d’une simple pression.

L’explication vous semble complexe ? L’utilisation de Camera Control aussi. Il est en effet bien plus simple de naviguer sur l’interface de l’écran pour accéder à ces paramètres. Un zoom se fait par exemple en une touche alors qu’il faut plusieurs étapes pour y accéder depuis le bouton. Dès lors, difficile de comprendre l’intérêt de ce nouveau composant sur les modèles standards qui ciblent le grand public en recherche de simplicité.
En revanche, Camera Control permet aux passionnés de photographie d’accéder à un bouton physique rappelant (un peu) le déclencheur d’un boîtier. Dans l’idée, pourquoi pas. Après tout, l’expérience reste plutôt ludique. Enfin, presque.
Ce nouveau bouton souffre de deux défauts majeurs : l’interface qui y est associée est trop complexe et finalement peu intuitive. On s’en sert le premier jour pour « voir comment ça marche » et puis on l’abandonne. Pour une expérience photo de type « point and shoot » l’interface classique est bien plus efficace. Pour les photographes qui souhaitent prendre leur temps comme ils le feraient avec leur boîtier, cela peut passer. Ce bouton reste donc réservé à un public pro ou semi-pro, d’où mon interrogation sur son intégration sur l’iPhone 16 standard.

En admettant tous ces compromis, il y en a pour lequel j’ai du mal à pardonner Apple : le positionnement de Camera Control est tout bonnement catastrophique. En mode paysage, il est trop centré pour ressembler à un véritable déclencheur. À l’usage, on cache la moitié de l’écran pour y accéder. La composition en prend donc un coup.

En mode portrait (format le plus utilisé par les jeunes générations), la position requiert une gymnastique des doigts pouvant mettre en péril à tout moment la durabilité de l’iPhone. En d’autres termes : la chute n’est jamais loin. Et je ne parle pas des nombreuses touches involontaires lorsque l’on saisit l’iPhone pour tout autre chose.
Ma conclusion ? L’idée n’est pas si mauvaise mais l’exécution et les choix d’intégration d’Apple déclencheraient sans doute chez feu Steve Jobs de terribles colères. Mais ne faisons pas parler ceux qui nous ont quitté…
Pas de chauffe (pour le moment)

Personnellement, après la mise à jour d’Apple survenue quelques semaines après son lancement, je n’ai pas souffert des problèmes de chauffe de l’iPhone 15 Pro durant mon année d’utilisation. L’iPhone 16 Pro ne semble pas présenter ce défaut pour le moment, ce qui semble être de bon augure. Reste à voir ce que cela donnera avec le déploiement d’Apple Intelligence qui consommera sans doute pas mal de ressources en tâche de fond.
Je n’ai pas assez de recul non plus pour me prononcer sur l’autonomie de l’iPhone 16 Pro, d’autant que j’ai transféré tout le contenu de mon ancien modèle vendredi. L’indexation ayant tendance à beaucoup solliciter la batterie, je donnerai mon avis final sur ce point dans mon test complet.
Mon avis sur l’iPhone 16 Pro après un week-end
Après trois jours d’utilisation, dire que l’iPhone 16 Pro est une déception serait un poil cruel. En soi, c’est un excellent smartphone premium, le meilleur iPhone jamais créé, qui marquera un sacré bon en avant pour les utilisateurs de modèles vieux de 4 ans et plus. Pour les autres, la transition sera minime, en dehors du volet vidéo.
Acheter l’iPhone 16 Pro est aussi un pari sur un avenir incertain. Celui d’un iPhone dopé à Apple Intelligence dont la sortie en France surviendra au mieux en 2025. Si Apple et l’UE trouvent un accord. Dès lors, il vaudra peut-être mieux attendre l’iPhone 17 qui devrait marquer une franche transition.
Tant qu’il est en stock, l’iPhone 15 Pro reste selon moi le meilleur iPhone à acheter. Il est quasiment identique à l’iPhone 16 Pro (en dehors de Camera Control, anecdotique) mais vendu au prix de l’iPhone 16. Et je n’anticipe même pas les maxi promo du Black Friday et de Noël qui devraient permettre de faire encore de belles économies.
Bien évidemment, il ne s’agit ici que de premières impressions après trois jours d’utilisation. Les prochaines semaines me feront peut-être changer d’avis sur quelques points. Mais je suis déjà certain qu’il ne sera pas franchement différent.
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Alors au temps pour moi, je corrige ça
Certains veulent peut-être qu’un iPhone fasse d’une génération à l’autre, du café, puis du cappuccino..