Après le système d’exploitation (et l’environnement de bureau si vous êtes sur Linux), le navigateur est certainement le choix logiciel le plus important que vous pourrez faire en informatique. Tout d’abord, parce que vous passez probablement beaucoup de temps dessus, mais aussi car il va tout savoir de vous, vos recherches et les sites que vous visitez. Vous ne voulez pas que ces informations tombent entre de mauvaises mains, n’est-ce pas ?
Un choix faussement pléthorique
Des navigateurs, il en existe énormément et je suis prêt à parier que vous n’avez jamais entendu parler de la grande majorité d’entre eux. Pourtant, cette impression de choix est un peu trompeuse et on peut classer les différentes alternatives en trois grandes familles en fonction de leur moteur de rendu HTML (la brique élémentaire permettant d’afficher une page) :
- WebKit, un moteur de rendu développé par Apple et Nokia et utilisé (entre autres) par Safari sur iOS et macOS ;
- Gecko, présent dans Firefox et ses dérivés ;
- Blink (originellement basé sur WebKit), le plus utilisé, se retrouve dans Google Chrome et tous les navigateurs basés sur Chromium.
Dans cette troisième catégorie, on retrouve notamment les navigateurs Edge (Microsoft), Brave (par le cofondateur de Firefox et créateur du JavaScript), Opera (détenu par le consortium chinois Golden Brick) et Vivaldi (créé par un ancien d’Opera). Après avoir passé des jours à essayer toutes ces propositions, c’est ce dernier que j’ai décidé d’utiliser au quotidien depuis plusieurs mois déjà.
La navigation partout, tout le temps
Ces 20 dernières années, notre façon de consommer le web a changé. À l’époque de Netscape ou d’Internet Explorer, on se connectait en 56K depuis l’ordinateur familial (comment ça je suis vieux ?). Désormais, on navigue sur PC, smartphone, tablette, et même parfois sur un téléviseur, une montre connectée (si on a de bons yeux et une prédisposition à se faire du mal) ou même un frigo (oui, ça existe, non, je n’en ai pas). De fait, les navigateurs ont évolué et se déclinent généralement sur chacune de ces plateformes avec plus ou moins de succès.
En ce qui me concerne, la synchronisation est devenu le critère numéro un dans le choix de mon navigateur. Je veux m’émanciper de l’appareil sur lequel je navigue et retrouver une page visitée précédemment sans avoir à me demander si c’était sur mon PC ou mon smartphone. Cela me permet aussi de partir en trombe de chez moi et reprendre ma lecture depuis un autre appareil sans chercher de nouveau la page en question.

Cette contrainte implique que le navigateur soit présent et pleinement fonctionnel sur les principales plateformes que j’utilise, à savoir Windows et Android, mais aussi si possible sur les autres (iOS pour mon iPad, macOS et Linux que je peux utiliser à l’occasion). Pour cette raison, j’ai rapidement éliminé de ma sélection les navigateurs WebKit ainsi que Firefox, dont la version Android manque de fluidité et souffre de certains bugs que je trouve vraiment gênants.
Ce n’est que partie remise pour le panda roux qui reste installé sur mon téléphone et que je re-teste régulièrement en espérant y voir des améliorations. Il est essentiel qu’il reste une alternative à la mainmise des grandes entreprises (et notamment de Google) sur le Web. En ce sens, j’attends beaucoup de Zen Browser (indisponible actuellement sur Android, mais que j’attends avec impatience).
La vitesse VS les fonctions
Une fois ce critère rempli, il me faut trouver un bon équilibre entre la vitesse de navigation et les fonctionnalités. Sur ce point, ce sont les fonctions qui l’ont emporté sur la vitesse. Il n’y a pas photo, Opera est plus rapide, surtout sur Android. Brave peut-être aussi, mais la différence est moins flagrante.
Oui, mais voilà, les dixièmes de secondes que je perds au chargement de certaines pages, je les re-gagne dans mon organisation. Pensé pour les utilisateurs intensifs (ou « power users » en anglais), Vivaldi regorge de petites options visant à simplifier la vie au quotidien. Je passerai volontairement sur le client mail, l’agenda et le flux RSS que je n’utilise pas, ayant déjà des solutions tierces qui me conviennent et que je préfère garder indépendantes de mon navigateur.
Il me serait d’ailleurs difficile d’être exhaustif sur toutes les options que j’utilise sans en oublier, mais que ce soit au clavier ou à la souris, j’ai pu optimiser mon interface pour être plus productif. Chaque article que j’écris, par exemple, a droit à son propre espace de travail, concentrant mes multiples onglets de recherche. Je peux d’ailleurs facilement juxtaposer certains d’entre eux pour rapidement comparer les caractéristiques de plusieurs produits. Dans ces espaces de travail, je peux même grouper les onglets, pour avoir un véritable classement et une organisation précise de mes sources.

Sur le côté droit, plusieurs outils me sont proposés. Tout d’abord une liste de lecture, qui a remplacé Pocket (ou plutôt Instapaper sur les dernières années), mais aussi un traducteur qui traduit à la volée le texte que je sélectionne sur une page, ainsi qu’un outil de prise de notes, qui me sert à lister diverses idées au brouillon sans polluer mon traitement de texte principal. Il est bien sûr possible d’ajouter un “panneau web” pour ouvrir un service dans une fenêtre latérale, pratique pour consulter un mail, mon agenda du jour, ma to-do list ou une discussion sur Telegram. À mon grand regret, la version web de WhatsApp ne fonctionne pas, mais c’est peut-être aussi bien pour ma productivité.

J’aime également les raccourcis gestuels à la souris, que je trouve par ailleurs mieux intégrés que sur Opera. En un glissement vers le bas de ma souris, je peux ainsi ouvrir un nouvel onglet, fermer l’actuel ou revenir en arrière. C’est une nouvelle mécanique à adopter, mais elle devient vite indispensable sur un PC fixe. Je ne vous parle même pas des commandes rapides accessibles via CTRL+E que je n’ai pas encore pris le temps d’intégrer à mes habitudes, mais qui s’inspirent du Spotlight d’Apple (la recherche universelle).

La sécurité et la personnalisation au cœur du navigateur
Parmi tous les navigateurs que j’ai utilisés (et ça commence à faire beaucoup) Vivaldi s’impose haut la main comme le plus personnalisable. Presque tout peut être modifié, déplacé, renommé, jusqu’au logo même du navigateur en haut à gauche de la fenêtre. Cela vaut en outre aussi bien pour la version de bureau que pour l’application mobile.
Par ailleurs, la sécurité est un point essentiel de la philosophie de Vivaldi et cela se ressent dans le nombre d’options disponibles pour bloquer toute sorte de pistage, mais aussi le phishing et les malwares. On retrouve même un accès direct à Proton VPN (avec des serveurs gratuits) pour celles et ceux qui en ressentiraient le besoin. Précisons également que Vivaldi possède son propre système de synchronisation pour ne pas reposer sur les serveurs de Google. C’est toujours une grande entreprise qui possède vos données, mais elle est européenne. C’est toujours bon à prendre.

Sur ce point, Brave reste tout de même meilleur puisqu’il protège contre le suivi par capture d’empreinte du navigateur. Espérons que cela inspire Vivaldi pour les prochaines mises à jour.
Mon avis sur le navigateur web Vivaldi
Vivaldi n’est pas parfait. C’est une usine à gaz qui effrayera peut-être les plus novices, ce n’est pas le plus rapide, ce n’est pas le plus sécurisé et sa version mobile ne peut pas installer d’extensions (mais j’avoue ne pas en avoir ressenti le besoin). Par ailleurs, il repose sur des technologies propriétaires qui ne le protègent pas d’un changement de cap problématique à l’avenir ou d’une « merdification » du service.
Malgré tout cela, je n’ai pas trouvé mieux pour répondre à mes besoins. Parce que même là où il n’est pas le meilleur, il s’en sort tout de même bien, mais surtout parce qu’il procure un ensemble de possibilités qu’aucun autre navigateur ne propose. J’ai beau en essayer d’autres régulièrement, je reviens toujours au bercail pour retrouver mes onglets verticaux, la gestion des bannières de cookies sur mobile ou la puissance des raccourcis clavier. Je ne peux que vous conseiller de tenter l’expérience et peut-être de vous aussi tomber sous le charme.
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