Je veux acheter ma musique, c’est possible ?

Téléchargement ou streaming, DRM ou pas, format, compatibilité, gestion des droits, rémunération des artistes… Autant de questions qui depuis quelques années taraudent les acteurs de l’industrie musicale et leur valent quelques nuits blanches (et cheveux de la même couleur) à cogiter sur la question sans trouver de réponse définitive.

Paie ta musique !

Téléchargement ou streaming, DRM ou pas, format, compatibilité, gestion des droits, rémunération des artistes… Autant de questions qui depuis quelques années taraudent les acteurs de l’industrie musicale et leur valent quelques nuits blanches (et cheveux de la même couleur) à cogiter sur la question sans trouver de réponse définitive.

Paie ta musique !

Deux choses sont cependant certaines :

  • tant qu’il sera plus facile de télécharger illégalement de la musique que de l’acheter – ce qui est encore le cas aujourd’hui – le piratage aura encore de beaux jours devant lui.
  • tant que le consommateur ne sera pas rassuré sur la possibilité d’utiliser la musique achetée sur internet comme il l’entend, c’est à dire sans être limité par ces insupportables et stupides DRM, il continuera à télécharger illégalement. Sur eMule ou Bittorrent, pas de DRM…

Maintenant, pouvons-nous nous satisfaire de ce modèle qui à terme met en péril toute un secteur de l’économie ? Je ne le pense pas, et c’est pourquoi je n’inventerai rien en disant qu’il faut trouver une solution qui soit efficace et satisfaisante pour tout le monde à savoir les artistes, les producteurs et les consommateurs.
Une solution qui permette de redonner le goût de l’achat.
J’achèterais d’autant volontiers plus que je rechigne à télécharger illégalement la production d’un artiste que j’aime et que j’admire. C’est aussi une question de respect, un truc d’éthique personnelle.
Plutôt qu’un énième billet technico-économique sur la question, j’aimerais aborder le sujet d’un point de vue plus sentimental et émotionnel, car les innombrables débats sur la place de la musique dans l’économie numérique nous ont un peu éloigné de l’essentiel : la musique c’est d’abord de l’émotion, du plaisir, et des artistes.
Avant d’être un produit.

La grande braderie du numérique ou comment la musique a perdu sa valeur
Obtenir toute la musique du monde 24h sur 24, 7 jours sur 7, d’un simple clic, est pour ceux qui ont grandi avant internet un pur fantasme devenu réalité.
Une réalité qui colle aux comportements de l’époque : je prends, je zappe, je me lasse, je suis blasé. Je jette.
Des comportements de consommateur, pas de mélomane ou d’amateur éclairé. Qui consomme de la musique comme il consomme des yaourts. En surveillant au passage la date de péremption.
Or nous avons tendance à l’oublier mais la musique ce n’est quand même pas tout à fait cela : derrière le produit marketé à mort par les marchands de yaourt les maisons de disque il y a à l’origine des artistes, des musiciens (qui ont trop saigné sur des Gibson), une bande de potes de collège qui mettaient le feu à leur quartier, ou une jeune fille frèle qui écrivait ses bouts de textes sur son carnet intime avant de les mettre en musique sur le vieux piano familial.
Ouais, dans la musique à l’origine il y a de l’humain, beaucoup, de la tranche de vie, un peu (je ne parle pas de Britney Spears hein, on est bien d’accord).
Ces ingrédients, qui au passage peuvent constituer une oeuvre, sont-ils réellement compatibles avec les modes de consommation du moment ? Pas si sûr, même si le formatage à outrance, destiné entre autres aux passages radio, aurait tendance à nous le faire croire.
Je ne suis pas certain par exemple que – même s’il fait semblant de jouer le jeu parce-que de toute façon ils n’a pas le choix – un auteur-compositeur saute de joie quand il entend à la radio la version tronçonnée réduite à 2.30 mn de la chanson de 4.30 mn qu’il a mis des mois à peaufiner amoureusement seconde par seconde, accord après accord. Si sa chanson faisait 4.30 ce n’était pas par hasard : il y avait un sens à cette durée, une montée en intensité, une intro, un pont, un solo, une outro, enfin vous voyez, toutes ces conneries d’artistes qui font chier le boss de NRJ, et qui sont incompatibles avec le sacro-saint format.
L’émergence du numérique a donc eu un effet dévastateur sur la valeur, et pire, sur la sensation de valeur de la musique (c’est certainement la même chose pour le reste, de la photo au cinéma) pour plusieurs raisons :

  • la dématérialisation : que reste-t-il du plaisir toujours renouvelé de revenir de chez le disquaire avec ses derniers achats et de les découvrir religieusement sur la platine du salon en épluchant fébrilement les notes de pochette ?
  • la gratuité apparente : pas besoin de vous faire un dessin sur l’extrême facilité de se faire en quelques jours une musicothèque de plusieurs gigaoctets sans débourser un brouzouf
  • la mobilité : être capable de faire tenir 150 gigaoctets de musique, soit plusieurs vies de mélomane – dans un truc deux fois plus petit qu’un paquet de cigarette alors que quelques années auparavant il aurait fallu un hangar pour en stocker ne serait-ce que la moitié…
  • la dégradation de qualité : on ne le dit jamais assez mais le mp3 n’est qu’une version dégradée de l’encodage d’origine. Nous nous sommes habitués à écouter de la musique dont le son n’est pas celui d’origine. Comme à l’époque du vinyle finalement. Tout ce progrès pour ça, c’est ballot quand même.

Le sens d’une oeuvre…
Bien sûr les artistes vivent avec leur temps et sont aussi partie prenante de cette dissémination généralisée : on ne produit pratiquement plus de concept-albums, mais des titres courts formatés pour le zapping, qui – comme au cinéma – doivent avoir dit l’essentiel dans les trente premières secondes, exit les longues intros, les solo ciselés et les grandes envolées lyriques…
Du coup le consommateur écoute rarement un album en entier, et d’ailleurs la notion même d’album a tendance à se diluer : je télécharge plusieurs titres de plusieurs artistes et je me reconstitue mes propres albums, mes compilations, mes playlists.
C’est bien, c’est génial même, mais on ne m’enlèvera pas de l’idée que de temps en temps c’est l’artiste qui doit montrer le chemin, et qu’un petit effort serait nécessaire pour prendre un peu le temps de découvrir une oeuvre dans son intégralité.
Effort ? Temps ? Aurais-je prononcé deux gros mots ?
Et pourtant, c’est bien de cela qu’il s’agit : combien de fois ai-je constaté que je n’appréciais pas toujours un album ou même une simple chanson à la première écoute, et qu’il fallait du temps pour rentrer dans l’univers de l’artiste. Qui d’entre nous a réellement apprécié Dark side of the moon dès ses premières rotations sur la proverbiale platine ? Pas moi, et pourtant c’est aujourd’hui probablement l’un des albums que j’ai le plus écoutés de ma vie. Combien d’albums sont devenus des classiques alors qu’ils avaient à leur sortie reçu une mauvaise critique ? Croyez-vous que Dark side of the moon aurait la moindre chance aujourd’hui ?
Du temps, vous dis-je, il faut du temps.
Et yeah baby, le temps c’est de l’argent.

Tu aimes ? Tu paies !
Il faut donc redonner sa valeur à la musique.
C’est là que le projet d’Apple de vendre des iPod 100 Dollars de plus pour accéder de façon illimitée à toute la musique est intéressante, et que pour ma part j’y souscrirais volontiers.
Car oui, si on veut que la musique ait une valeur, il faut la payer, et je suis prêt à le faire si le modèle est innovant et équitable.
C’est d’ailleurs déjà le cas avec l’iTunes Music Store disponible sur l’iPhone, avec lequel Apple a réussi le tour de force totalement improbable de rendre ludique l’achat de musique[1].
D’autres modèles sont envisageables : j’imaginerais volontiers par exemple une offre mixte avec Deezer ou Pandora (si le site revient un jour dans nos contrées) qui consisterait en un accès gratuit sur PC tel qu’il existe actuellement doublé d’un accès mobile (Wi-Fi ou 3G+ recommandés) assorti d’un abonnement mensuel ou annuel.
Payer sans être propriétaire de sa musique, comme une location longue durée.

Redonnons sa valeur à la musique, redonnons au consommateur le goût de l’achat et le goût de la découverte : nous redonnerons aux artistes la possibilité de réellement s’exprimer en dehors de toute notion de format, en initiant une sorte de cercle vertueux.
A ces conditions, j’achète.
Et vous ?

[1]même si ces fichus DRM m’interdisent de transférer les musiques achetées et que j’ai perdu tout ce que j’avais payé récemment lorsque j’ai changé de PC (ou alors je n’ai pas trouvé comment on fait)


Nos dernières vidéos

58 commentaires

  1. et si moi je l’ai lu en entier !!! je venais justement de twitter en disant que Coldplay mettait gratuitement son dernier single sur son site

  2. Je suis d’accord avec toi. De plus le problème, actuellement, c’est qu’il existe deux catégories de personnes : ceux qui paient leur musique, et ceux qui ne la paient pas.

    Or, j’ai fait l’énorme connerie de m’acheter un iPod Touch, pour « facilement acheter de la musique en quelques secondes ». Là où ça pue, c’est que cette musique, que j’ai payée aussi cher qu’un CD, ne peut être lue que sur iPod.

    J’ai ainsi déboursé 309 € pour mon iPod, plus, disons, 150 € en musique achetée à Apple.

    Pour au final faire quoi ? Télécharger la musique sur Bittorent, en MP3, alors que j’aurais pu acheter mes CD, les avoir tout le temps sur moi, retrouver de l’affection à regarder la boîte, et extraire la musique dessus en FLAC, OGG ou MP3 haute qualité.

    Le jour où Apple aura compris que la fermeture n’est pas une solution, ils auront fait un grand pas.

    Bon, je retourne télécharger ma musique, moi.

  3. Je ne suis pas de la génération vinyls donc je n’ai sans doute pas ce manque de l’objet.

    Par contre je resterais toujours de la génération du pirate. C’est gratuit, c’est rapide et c’est même disponible avant la sortie officielle parfois.

    Même pas pour 0,10 e / titres je telechargerais de la musique bridée.

    PS : inutile de me repondre "si tout le monde fait ça, bla bla bla" … le marché la musique en ligne se porte bien, inutile de s’inquieter pour lui.

  4. C’est facile sur le site de la Fnac d’acheter sa musique en MP3 … En totu cas aussi facile que d’acheter n’importe quel produit.

    Le seul problème c’est le catalogue

  5. Dernièrement j’ai acheté/téléchargé mon premier album en ligne, sur virgin music. Mais j’ai bien fait attention à ce que les fichiers de l’album soient en mp3, donc aucun problème de DRM 😉

  6. Il y a un jour aussi où on ira plus en bibliothèque ou en librairie pour lire des livres mais qu’on les téléchargera sans problème sur le net. Et sûrement que la nouvelle génération ne comprendra même pas l’utilité de la librairie alors que nous nous lamenterons sur le plaisir de toucher le livre, de le sentir … et comme mon neveu aujourd’hui qui ne connait que le téléchargement, ils ne comprendront pas l’intérêt que l’on porte à posséder notre CD, sa pochette, …

    Par contre, je suis en désaccord avec le fait que l’on se retrouve qu’avec quelques titres d’un artiste en écoute, oubliant le reste de son album par facilité. Au contraire, le téléchargement permet une découverte sans bornes de toutes les discographies. Je ne pense pas être le seul qui, après avoir aimer quelques titres d’un artiste, s’est vu rechercher le ".rar" correspondant à sa discographie ou ces albums. De plus, on extrait, on charge dans la playlist (ah cette fameuse playlist que nous rangerons "un de ces jours") et si la première écoute ne va pas forcément, il suffit d’une petite flemme pour garder ces morceaux qui reviendront lors d’écoutes aléatoires.

    J’en ai rêvé, internet l’a fait, un espace où je peux passer d’un artiste à l’autre sans souci, partir des influences de l’un pour découvrir un style musical… mais voilà que je commence à écorcher mon temps de travail, j’y retourne, mon hangar à musique sur les oreilles …

  7. Je suis loin d’être un mélomane mais … ne pensez vous pas que la scène est une des nouvelles voie pour les artistes ? Je veux dire par là que peu de gens se disent "j’ai le mp3, je vais pas au concert" alors qu’ils seraient hésitants à acheter l’album !
    Souvent le prix d’un album est élevé pour, par exemple, un étudiant. Normal me direz vous et je serais d’accord : on doit l’acheter si on veut l’écouter. Toutefois, même les moins mélomanes aiment écouter de la musique et leur budget ne leur permet pas toujours…

  8. Je ne commente pas souvent mais là… excellent article. Je suis d’accord avec toi.
    Cependant, si une majorité des gens ne suivent pas tel ou tel modèle, ce modèle ne marcheras pas…
    Ce que je veux dire, c’est qu’il est très difficile de trouver un modèle qui satisfera tout le monde. Les gens trouveront toujours une raison de passer par l’illégalité.

  9. Les majors se plaignent souvent "qu’il y a trop de piratages", "que les artistes vont crever"… Je me demande si Apple, Sony and Co reversent à leurs artistes les bénéfices générés par la vente de leurs mp3 (Ipod, Zune…). Il y a, je le crois, beaucoup d’hypocrisie de tout coté.

  10. @Dvins : Pas d’accord, si un étudiant veut écouter de la musique sans l’acheter, il peut. Deezer et Jiwa sont complémentaires et fournissent plus de 85 % du catalogue musical.

  11. Je suis relativement d’accord avec toi même si je ne pense pas que le salut viendra d’Apple, loin de là…
    Et je doute un peu que l’accès forfaitaire à toute la musique qui existe incite justement à prendre le temps de l’écouter et à écouter un album complet. Cela favorisera au contraire le zapping d’une chanson à l’autre et d’un artiste à l’autre et finalement ceux qui seront le plus écoutés seront ceux qui auront accrochés l’auditeur au bout de 10 sec.
    Personnellement j’achète les albums des artistes que je respecte (au format CD mais pas à carrefour généralement je commande sur le net ) et pour les artistes qui passent régulièrement à la radio et qui attirent mon attention je télécharge illégalement l’album. J’écoute et si c’est vraiment bien j’achète l’album mais si au bout de 3-4 écoutes je me lasse déjà je lache l’affaire, et généralement je les réécoute rarement.

    Sinon je vois tout le monde parler et s’extasier devant le titre unique mis à disposition par Coldplay pour la sortie de son nouvel album, il faut savoir qu’on a chez nous un "petit" français qui fait bien mieux et qui met régulièrement à disposition des titres gratuits sur le net. Saez, pour le citer, à mis en téléchargement gratuit et légal le premier single-radio de son triple album avant la sortie de celui-ci et depuis sa sortie il y a 2 autres disponibles à l’écoute seulement. (et je ne parle pas de l’album katagena-net mis à disposition pour la sortie de God Blesse il y a quelques années et du titre fils de france…)
    Voilà c’était juste pour mettre fin à une injustice, tout le monde parle de ColdPlay et personne de Saez alors maintenant c’est fait.

  12. J’achete, je tipiak (pirate), bref, je prend la musique la ou j’ai envie. Je ne suis pas un spécialiste musical, et franchement comme la majorité des gens et contrairement a ce que bcp essai de faire passer, la difference entre un CD et un mp3 en 192kbit/s je ne la fais pas vraiment, et finalement entre le CD a 15€ et +, ou les mp3 gratos, il m’arrive plus souvent de pencher vers l’illégal.

    Mais bon, en meme temps c’est les majors elle meme qui nous ont poussé là.

    Elles ont ce qu’elles voulaient, tous le monde a maintenant acces a la musique. Forcement quand on reduit ca a des chanson tronqué pour la radio, qu’on matraque 50x par jours, à des sonneries pourrave pour téléphone portable, faut pas s’étonner.

    Bref, une plate forme sans DRM, avec paroles, jacquette HiRes, plus des truc pour les fans, ou des pack collector (un peux comme NiN), ben je changerai reelement de crémerie!

  13. Moi, je me dit que le 20ème siècle restera dans l’histoire comme la seule période où les auteurs/compositeurs/interprètes ont pu amasser des fortunes en vendant des disques.
    On va retourner au fondamentaux, c’est à dire que les artistes gagneront leur vie en se produisant en spectacle, pas (ou moins) en droit d’auteur.

    Le système arrivait aussi à des aberrations financières. J’ai un ami auteur de paroles de chanson. Les paroles d’UNE chanson d’un artiste inconnu qui passe sur NRJ lui rapportent dans les 10 000 euros. Oui,uniquement les paroles d’une chanson sur un cd 4 titre vendu à 50 000 exemplaires. Un passage sur boulevard des clips la nuit à 4 h du mat? Hop 100 euros. Sachant qu’un clip passe 5 à 6 fois par nuit pendant au minimum une semaine, je vous laisse faire le calcul.

    Et bien moi je trouve ca hallucinant, et je ne pleure pas sur l’écroulement d’un système pourri.

  14. Réalisme : Le téléchargement illégal est encore plus facile/pratique que les plateformes légales. En plus, la flexibilité/portabilité est meilleure… Toutefois, rien n’empêche d’acheter le CD et de le copier sur son baladeur (chose proposée par les logiciels fournis avec tout baladeur MP3).
    Utopie : Je souhaiterai un baladeur FLAC, là au moins les gigaoctets de stockage seraient plus utiles…

  15. Je suis d’accord avec StrAbZ, le prix des CDs me parait déraisonnable, freinant considérablement les achats.
    Du coté du téléchargmeent légal, beaucoup de limitations, par plateforme (itunes) et par DRM. Du coup, beaucoup sont peu motivés pour l’achat et se tournent vers le piratage, avant tout par facilité.
    Le projets Apple de téléchargement illimités serait interéssant s’il n’y avait les eternelles limitations, a priori, on ne pourra pas écouter les morceaux téléchargés ad vitam eternam. Si je me trompe sur ce point, je pense qu e beaucoup retourneront à la légalité.

  16. d’habitude je suis tout a fait en adéquation avec ton discours éric, mais alors la j’ai envie de te dire : faux ! ou pas

    Tout d’abord parce que le type (moi, par exemple) qui est né en 1983, qui a donc connu le couronnement du CD puis l’avenement du pc et enfin vu éclore en direct la naissance de napster emule …etc, qui était mélomane (je me la pete un peu) à l’époque du CD (tu te souviens en 1994), reste, et restera mélomane.

    Ce que je veux dire, c’est que c’est pas parce qu’on s’est mis a télécharger de la musique gratuitement qu’on va écouter de la merde, ou qu’on va se mettre à n’écouter que 30secondes d’un seul titre d’un artiste pour dire "ils ont pris un coup de vieux coldplay" (oh, le petit taquet).
    Et bien NON, je télécharge, et j’écoute PLUSIEURS FOIS les albums en entier pour me faire une idée, car comme tu l’as justement souligné, les meilleurs albums, c’est pas ceux qu’on aiment dès la premiere seconde et qu’on continue a chanter en sortant de la voiture après le passage de 2.30min a la radio, c’est meme tout le contraire, les meilleurs c’est ceux qui nous font dire après une heure d’écoute "chelou cet album, je vais me le mettre dans les oreilles jusqu’a réaumur".

    Je réitère le message pour que ce soit bien clair : meme si je télécharge j’écoute les albums en entiers et plusieurs fois.

    Alors je vois d’ici qu’on va me dire "oui mais, si tout le monde fait ça".

    Ceci dit un artiste, c’est comme un PDG ou un doberman, ça a besoin de manger, pour ça il faut donc lui donner de l’argent pour le travail qu’il fournit.

    Ma solution à moi (la fulgurence de mon raisonnement m’étonne moi-même), ce n’est pas d’essayer de vendre la musique en elle même comme on le faisait avant, ma solution à moi c’est un peu celle de tous les autres arts, c’est le live.

    Avant d’essayer de vendre un support ou pas de support ou comment on fait avec un support multimdéia …etc, on pourrait peut etre d’abord laisser les gens regarder l’expo, avant de leur demander d’acheter le tableau, même si l’artiste leur plait.

    Alors je sais on va me dire que tu te payes pas une baraque a notting hill avec des concerts (quoique).

    Mais au moins ça a le mérite d’etre clair, en concert tu vois vraiment l’artiste que tu aimes jouer, de la bonne musique que tu aimes, dans des petites salles que tu aimes, avec une marge beaucoup moins importante pour les majors (que tu n’aimes pas) que sur les CD (arretez moi si je dis une connerie), et comme ça toi tu es content, l’artiste il a à manger et il a satisfait son égo surdimensionné d’artiste jusqu’au lendemain, et tout le monde est content (ou presque).

    tout ça parce que oui en effet, moi aussi, je veux bien payer les artistes que j’aime (et non les majors qui balancent les galettes a 20 voir 30 euros, ah bah tiens c’est le prix d’une place !!).

    Et pour finir, quand tu dis que dark side n’aurait pas eu un tel succès aujourd’hui (encore une fois je ne suis pas convaincu, je prie pour qu’il reste encore des gens qui sachent reconnaitre un pink floyd d’un britney *****), je dis peut etre (et c’eut été drolement dommage de n’avoir jamais pu jubiler sur les fins d’intro légendaire, breeeeaaathhe, pardon je m’emporte), MAIS le piratage a aussi apporté la possibilité d’écouter plus de musique et de découvrir plus de groupes que jamais auparavant, et ça c’est quand même pas regrettable.

    Ne doutons pas que la sélection naturelle s’occupera d’écrémer tout ça, et je suis prêt à parier que les internautes parleront dans 30 ans des vrais artistes d’aujourd’hui comme tu viens de le faire au sujet de la bande a waters.

    bonne journée !

  17. Cela fait longtemps que je partage ton analyse, Eric, comme quoi la musique a perdu de la valeur. Mais je pense que cela remonte bien avant l’arrivée d’Internet. Cela remonte sans doute aux débuts du TOP 50. Cela n’empêche pas des artistes plus exigeants de faire leur place. Concernant le modèle économique de la musique en ligne, je crois en un modèle illimité du type de celui proposé par neuf ou Alice mais avec possibilité de transférer la musique sur n’importe quel baladeur mp3, de l’écouter sur la TV etc. Pour que cela marche, il faudrait que le tarif soit inclus dans le forfait du FAI ou qu’il n’engendre qu’une faible augmentation de montant (moins de 10 euros/mois). Et surtout, que toute la musique soit disponible et pas seulement le catalogue d’une Major ! Plus ça va, et plus je me dit que c’est impossible (les FAI cherchent l’exclusivité, certains labels refusent de jouer le jeu…). Du coup, la licence légale, dont on parlait beaucoup il y a deux ans, ne me parait plus si bête que cela… cela obligerait FAI et maisons de disques de se plier à ce modèle économique, proche de celui des radios.
    Autre piste : une plateforme P2P sur abonnement avec des fonctionnalités assurant des taux de transferts et des fichiers de qualité (seul moyen de se différencier des mules et autres torrents).

  18. Bien d’accord avec toi. Je ne conçois pas de ne pas payer pour un artiste/album que j’apprécie. Alors même si je n’écoute plus de cd (ou si rarement), quand un album me plait, plutôt que de l’acheter en téléchargement, j’achète le CD, je le rippe et comme ça aucun risque de perdre mon achat, pas de magouille de DRM, je choisis mon format (mp3 ou même FLAC si j’ai envie … on n’est plus a quelques giga près pour la qualité).

  19. Y a deux ou trois ans, je me suis acheté un lecteur Mp3 Archos. Dedans, il y avait déja des Mp3, démos d’artistes inconnus. Moi qui adore le saxo, j’ai flashé tout de suite sur un artiste du nom de Wes Burden. Malheureusement, il n’y avait que 4 de ces musiques dedans et comme l’artiste n’existe pas en Europe (et aux States, non plus on dirait) il m’etait impossible d’acheter son Cd.

    C’est pour ça que je te rejoins complètement Eric, j’ai du à regret télécharger Wes Burden parce qu’il etait impossible d’acheter un artiste qui ne correspondait pas aux critères des labels (des musiques de 5 à 7min).

  20. Déjà merci pour ce point de vue éclairé, et merci pour ce blog pleins de bonnes choses au quotidien.

    La solution pour moi doit venir des artistes et de leur utilisation du nouveau média qu’est internet. Je m’explique, pour moi la démarche de radiohead est exactement celle qu’il faut : vendre son album au prix que l’acheteur veut et peut mettre. Il n’est plus possible d’essayer de fonctionner comme nous le faisions avant, la musique est devenus trop chère. Bordel 15euros pour un album avec 10 chansons (je caricature) mais de qui se moque t on ? Le but de la musique et de la culture en general (s’il y a un but) n’est pas d’être reservé a une élite capable de se la payer, cela doit être à mon sens partagé a outrance tout comme la musique ne devrait pas être un produit marketé .

    Les maisons de disques sont comme leur nom l’indique des vendeurs de disque, pas des maisons de musique. Hors c’est ca le problème, les artistes doivent se détacher de ces maisons de disques en les exploitant pour ce qu’elles sont (vendre des disques donc) et de leur coté l’artiste doit s’occuper de partager sa musique et Internet lui en donne les moyens.

    Après pour ce qui est du prix fixé par les utilisateurs et du fait que ce ne soit pas viable pour un artiste etc, avant le sur-marketing et la sur-promotion etc il y avait aussi des stars de la musique et des artistes qui gagnait très bien leur vie si le but c’est de faire de l’argent aller vendre des yaourts (ou des armes c’est selon…).

    Pour finir Jamendo (http://www.jamendo.com/fr/) est un pur exemple d’un nouveau model de production et de diffusion de musique, c’est pour moi LE model a suivre et allez fouiller dedans vous trouverez des perles dans tous les styles.

    Sur ce a bientot (quand je proposerais ma musique ?) et désolé pour le pavé… (rumsteak ?)

  21. Je suis un très gros consommateur de musique. Lorsque j’avais mon disquaire pas loin (le même genre de gars que celui à qui tu as rendu hommage il y a quelques semaines dans un très beau billet), j’allais chez lui, précisément pour ce côté convivial, pour la fièvre de la découverte d’un disque, etc.

    Et puis, faute de repreneur, le magasin de mon disquaire – qui a pris sa retraite – a fermé.

    Depuis, j’achète sur iTunes (de préférence en licence iTunes+ quand c’est dispo), soit des CD sur Amazon si ce n’est pas dispo sur iTunes.

    Je ne télécharge jamais sur les réseaux P2P, pas par peur du gendarme, mais par respect pour l’artiste. Et de toute façon les DRM ne m’ont jamais vraiment ennuyé : elles permettent toutes de graver au moins un CD.

    Tout ce que j’ai acheté en version téléchargée est gravé sur des CD, soigneusement rangés et répertoriés, à l’abri de la poussière, de l’humidité, etc.

    Mon seul regret : la qualité des formats MP3 et autres, inférieure à celle des CD.

  22. Le yaourt, on en bouffe depuis les Yéyés ! C’est pas d’aujourd’hui.

    Le numérique c’est aussi une libération. Elle va permettre de "sortir du cadre" et de créer des nouveaux formats : à l’époque du Vinyle, un petit groupe n’avait pas la possibilité de sortir un double dès le premier album. Puis avec le CD, tous le monde a eu droit à ses 74 minutes. Aujourd’hui tu fais ce que tu veux. Ta chanson de 30 secondes ou de 7 minutes tu la diffuses sur ton Blog ou ton Myspace. Tu n’as besoin d’aucune maison de disque pour ça…

    C’est sûr, on vit un immense chamboulement du "marché de la musique". A contrario, il n’a jamais été aussi facile créer et de diffuser son œuvre.

    les nouveaux modèles économiques sont à inventer et à développer, mais la création, la vraie, est toujours là !

  23. Je suis entièrement d’accord avec ibob sur cette partie : "Moi, je me dit que le 20ème siècle restera dans l’histoire comme la seule période où les auteurs/compositeurs/interprètes ont pu amasser des fortunes en vendant des disques.
    On va retourner au fondamentaux, c’est à dire que les artistes gagneront leur vie en se produisant en spectacle, pas (ou moins) en droit d’auteur."

    Je ne compte pas le nombre de fois où j’ai été voir un groupe en concert après avoir télécharger illégalement l’album !!! Et j’ajouterai que sur 15€ d’un cd, l’artiste ne touche finalement que quelques centimes et que le reste va dans les poches des maisons de disques.

    Et j’ajouterai encore qu’il y a énormément de groupe dont je suis fans et dont je n’ai jamais vu ni de CD ni de Musique en ligne légale.

  24. Le pire c’est qu’il y a des business qui se montent pour la dévaluer encore plus la musique "c’est gratuit mais c’est légal". Moi je pense aussi que ce qui fait le succès du P2P, ce n’est pas le gratuit (ou pas que le gratuit en tout cas), c’est surtout la facilité, la qualité (haut encodage, pas de DRM) et l’exhaustivité

    Côté artistes, y’en a de plus en plus qui voient qu’ils se font toujours aussi avoir pas la vente en numérique (sinon plus qu’en physique) car soit les contrats ne prévoient rien et donc les éditeurs en font ce qu’ils veulent (genre tu donnes ta musique en échange d’une pub pour une thalasso), soient les intermédiaires (agrégateurs, distributeurs, appelez-les comme vous voulez, thésaurisent sur le compte des artistes). Moi qui ne fais pas ça, ça ne m’empêche pas d’avoir à le répéter de plus en plus que ce n’est pas mon mode de fonctionnement parce que tout le monde (ou presque) fonctionne ainsi… la fameuse long tail… qui ne profite absolument pas aux artistes mais seulement aux distributeurs.

    Deezer fait complètement de ceux qui dévaluent la musique et ne traitent pas d’égal à égal major (qui apporte du contenu susceptible de donner plus d’espace publicitaire) et indépendant (avec des accords-cadres pour lesquels ils n’ont même pas à donner leur avis)

  25. @ Diti: les DRM sont imposees par les majors, pas par Apple qui y a plutot toujours ete defavorable (pas super pour l’"user experience" chere a Steve Jobs).

    Les DRM disparaitront d’iTunes dans un futur proche, c’est certain.

    Tres bon post Eric, je suis d’accord sur beaucoup de points, meme si dans le fond je pense que tu restes un peu prisonnier de tes propres emotions (et on ne peut pas t’en vouloir).
    Le plaisir d’ecouter un album entier, le plaisir de palper les objets, le plaisir de discuter avec son disquaire… Evidemment ce sont des choses formidables, mais ce n’est pas pour autant l’unique ou la juste facon d’apprecier et de decouvrir la musique.

    Aujourd’hui les forums ont remplaces les disquaires pour les espaces decouvertes et discussions, les sites artistes complets remplacent les informations qu’on trouvait sur les pochettes, etc.

    Je pense qu’on ne peut rien faire contre le dematerialisation. A mon avis seul le vinyl a encore quelques annees devant lui car il occupe beaucoup de niches (collectionneurs, dj..) et a beaucoup de qualites intrinseques (bel objet, son optimal..).

    C’est sur maintenant le moindre lyceen peut se procurer immediatement ce qu’un melomane du siecle dernier aurait mis toute une vie a accumuler. Doit on vraiment s’en plaindre ? Je pense que c’est plutot une chance pour les nouvelles generations, et ce serait une erreur de jouer les connaisseurs blases desirant proteger leur jardin secret de ces neophytes qui ne feraient soit disant plus la difference entre Pink Floyd et Britney Spears.

  26. Si vous voulez approfondir… j’essaie sur mon blog de décrypter ce qui se fait, vers quoi on va (toujours plus dans une vue indé que major, car la gestion d’actifs, c’est pas trop mon truc), y’a aussi Borey qui interviewe pas mal de gens dans le secteur:
    Mon blog:
    http://www.corvaisier.fr

    Celui de NeoMusicStore, qui vise à supprimer tout ce qui est décrié et par le consommateur et par les artistes et labels indés. Pour info, dans la v3 à venir en mai, chacun pourra s’improviser disquaire:
    blog.neomusicstore.com

    Celui de Borey:
    sokborey.blogspot.com/

  27. pas d accord avec toi et si l artiste redevenait saltimbanque et vivais de ces concert à la fin duquel il proposerait son album souvenir pour moi c est cela un artiste

  28. @Eric : pour tes musiques achetées si c’est avec itunes, tu pouvais les transférer sur ton nouvel ordinateur, Apple permet de les lire sur 5 ordinateurs différents.
    Ensuite il suffit de les graver sur CD pour enlever les DRM !
    Et Apple tente d’enlever les DRM, malheureusement juste EMI l’a accepté (iTunes plus)

    @Diti : tu peux transférer la musique achetée sur l’iPod sur l’ordinateur, là encore il y a des DRM mais tu peux les supprimer en gravant ces musiques sur un CD

  29. Il faut savoir que les cd que l’ont gravent sont limités dans le temps… (Une étude à été faite dernièrement… )

    donc toutes musiques téléchargées (même légalement) seront inécoutables parce que les supports de CD gravables sont mauvais et se dégradent avec le temps…

    eh ouai… société de consommation oblige…

    pour ma part, je suis également un gros consommateur de musique (150€/mois) et je ne télécharge plus illégalement… (alors qu’a l’époque, j’ai téléchargé plus de 200Go de musique… ) J’en ai même pas écouté la moitié, puisqu’au bout d’un moment, j’ai tout effacé pour reprendre les bonnes habitudes que j’avais avant : c’est à dire prendre le temps d’écouter. (comme dit Eric… )

    Mais voilà.. je vais pas non plus cracher dans la soupe, le téléchargement illégal m’a permis de découvrir de nombreux artistes qui, aujourd’hui, je trouve incontournables (je vais pas être hypocrite, les albums téléchargés illégalement, et même incontournables, je ne les ai pas achetés… ) Et cela m’a permit de développer une culture musicale assez conséquente alors que je n’avais pas forcement les moyens puisque j’étais étudiant. Et donc pour cette raison, je dis un grand MERCI au téléchargement illégal !

    Dernièrement, j’ai pu jouir de CD que j’avais acheté en 98, et redécouvrir la musique de l’époque… je me demande réellement si ce sera encore possible en 2018 de redécouvrir l’album de Portishead qui vient de sortir et que j’ai malheureusement acheté légalement en limité et en qualité 192kb/s… c’est à dire même pas la moitié de la qualité d’un CD…

    Alors effectivement, aujourd’hui, on peux dire que l’achat de musique sur internet peux répondre au développement durable, et éviter ainsi de fabriquer de nombreux cd qui utilise de la matière première… ok… mais dans ces cas là, mettons le MP3 au même niveau que le CD (Quand on l’achète, on peux en faire ce que l’on veux… )

    A bon entendeur…

  30. C’est un peu du foutage de gueule là Eric : redonnez de la valeur aux oeuvres grâce à des systèmes comme DEEZER c’est carrément aberrant de lire ça.
    Deezer qui pille tout le catalogue mondial et qui le propose gratuitement ne fait que de dévaluer la musique. ce n’est même plus un bien de consommation : on écoute on zappe, on oublie on jette.
    Si c’est ça la vision d’une oeuvre musicale, bravo !
    quant à ceux qui se plaignent tout le temps en disant que les CDs sont trop chers, c’est une fausse excuse. Vous avez bien la possibilité d’acheter un billet de concert à 30, 40, 60 Euros ou à 300 Euros, qu’est ce qui vous empêche d’acheter un CD à 15 Euros ou de télécharger un album à 10 Euros ?

  31. C’est marrant, mais ta comparaison de la qualité est un peu erronée. La fameuse qualité CD serait selon certains moins bonne que celle du vinyl. (question d’encodage, de compression, de bridage de fréquences…). Le son vinyl serait ainsi plus proche de l’original.

    Sinon je suis d’accord sur ce problème de DRM et de musiques que l’on possède pas vraiment. Quand j’avais acheté mon Rio, j’avais bénéficié d’une offre fnac pour acheter 3 albums en mp3 puisque le rio était compatible. Le premier album pas de problème, mais deux mois plus tard impossible de lire l’album de Sinclair ! Dommage d’autant que Sinclair avait eu la bonne idée de mettre plus de titre sur la version en téléchargement que sur le CD. Bref j’ai été obligé de récupérer illégalement un disque que j’avais acheté légalement !

  32. … Et Cindy Sander va sortir un album… ?!

    Bref, en ce qui me concerne, je consomme de la musique en téléchargeant sur les sites d’hébergements de gros fichiers, ce qui me permet de découvrir gratuitement beaucoup d’artistes, et depuis quelques temps, j’ai renoué avec le VINYLE, et tout le monde sait que le vinyle ne se télécharge pas 🙂 Le vinyle, c’est un son plus chaud, un objet magnifique, et je ne parle pas de la platine dont je ne me lasse pas de regarder la tête parcourir le sillon.

  33. Il faut aussi dire que la musique est désormais concurrencée par une société de loisirs qui n’existait pas à l’époque ou on écoutait des albums. Petit à petit (baladeur, autoradio, musique de pub, BO, etc), la musique est devenue une chose qui accompagne plutôt qu’un élément central de nos vies. Qui arrête encore toute activité de nos jours pour se passer un disque ? Pour ma communion en 1986, j’ai reçu une platine vinyle qui faisait k7 et radio. Aujourd’hui l’objet culte des gamins et ados c’est le portable sur lesquels tu peux envoyer des textos, recevoir une vidéo, prendre des potes en photo et accessoirement écouter de temps en temps un mp3.

    Mais c’est vraie que l’industrie du disque a complètement loupé le virage du web et des nouvelles technologies.

  34. Une version payante par abonnement n’est pas une excellente idée, cela veut dire que l’on peut piocher dans un catalogue à volonté : on choisit ce qu’on veut, sans se soucier et sans se demander quel sens donner à un oeuvre, car pour moi un album est un tout, il ne doit pas être bradé morceaux par morceaux, titre par titre, un album est une oeuvre entière de la même manière que je me m’imagine pas acheter un livre en arrachant les chapitres qui ne me plaisent pas et en achetant que les pages qui m’interesse, c’est totalement irrespectueux vis à vis du travail de l’artiste.
    Comme moi je n’achete plus de la musique commerciale made in shit only depuis longtemps, je ne sais pas du tout comment sont créées ces albums : peut être un assemblage maladroit de titres mis bout à bout qui n’ont aucun sens, aucune histoire à raconter.
    Les albums que j’écoute (et que j’achete pour moins de 10 Euros, valeur du Dollars en baisse aidant) sont pour la plupart des chef-d’oeuvres qui s’écoutent et qui se lisent, ils ont chacun une histoire à raconter, pour peu qu’on comprennent les textes et qu’on se donne le temps de les comprendre, de les interpréter à notre manière et finalement de se les approprier.

    bien entendu là je vous parle d’autres choses que du "baby hit me one more time"… on en est bien loin.

  35. À chaque fois que ce problème est abordé on ne parle que des majors et des Britney Spears qui s’en mettent pleins les poches, et que donc si JE télécharge le dernier Madonna, elle ne s’en rendra pas compte. En effet l’"industrie" musicale nous gavent de produits formatés et jetables, dévalorisent la musique en le considérant comme produit commercial dont ils tirent des profits. Soit. Et deezer ne m’a jamais donné envie d’acheter quoi que ce soit…

    Personnellement je m’occupe, bénévolement, d’un tout petit label associatif indépendant, pour ne pas dire "underground"… Et j’ai donc évidement une autre vision du commerce de la musique.

    quand on investit (du temps, de l’énergie, de l’argent..;) dans un artiste, qu’on paye la fabrication, la promotion, l’envoie des CD souvent perdus, en effet le CD revient à 15€, ce qui n’a rien d’insurmontable pour un amateur de musique qui désire "supporter" un artiste en achetant son CD. Et le groupe ne touchera malheureusement pas grand chose pour pouvoir se payer une nouvelle guitare…

    Le problème est qu’on retrouve souvent nos CD sur le P2P le lendemain de la sortie d’un disque, que des pages Last.fm (ou autre) sont crées sans notre consentement.

    Autant une partie du public, plus âgée, ou mélomane veut avoir entre les mains l’objet, moi-même souvent je rachète des CD que j’ai reçu en promo, pour soutenir le goupe, mais l’autre partie du public se content de télécharger et garde l’argent pour se payer une bière, ou se contentent des morceaux de myspace, et ce même public qui ne se déplace pas en concert que l’on organise se plaint qu’il ne se passe rien, ou que c’est "chère", là je parle de 10€… ben oui, louer une salle et faire venir un artiste de l’étranger ça coute, mais ça vaut la peine d’être vécu…

    Il y a vraiment un changement culturel du rapport à la musique devenue trop accessible (en quantité) et gratuite, aussi bien dans la façon de l’écouter que de se l’approprier. Et notre position n’est vraiment pas évidente pour se positionner.

    Nous sommes peut-être un peu Old-School, mais notre vision de notre musique et notre statut par rapport au marché ne s’applique vraiment pas réflexions faites sur les Majors et aux plateforme genre Fnac.

  36. @Diti:
    "Deezer et Jiwa sont complémentaires et fournissent plus de 85 % du catalogue musical."
    Qu’entends tu par catalogue musical?
    Sur deezer dès que tu veux une musique qui n’est pas passée sur nrj ou autre radio c’est mort…

  37. Encode correctement des mp3, (320kb) et tu t’approcheras réellement d’une qualité digne de ce nom.
    Mon prof de musique, à l’oreille très habituée m’a plusieurs fois prouvé qu’il n’y avait pratiquement pas de différence entre du 320kb, et un bon vieux wav 😉

    bon bien sur, ça prend un peu plus de place ^^

  38. Petite contribution rapide au passage : je n’ai jamais acheté autant de musique que depuis que je peux télécharger gratuitement.
    Finalement, c’est une question d’éthique : j’écoute, j’aime, j’achète. Si j’écoute et que je n’aime pas, je n’achète pas. Ca m’a évité d’acheter un certain nombre de "block busters" très décevants à l’écoute (p. ex. "human after all" des daft punk, pour n’en citer qu’un) mais ca m’a surtout permis de découvrir plein de super groupes que je n’aurais jamais écouté sinon parce qu’il ne passent pas (encore) sur les radios ! (p. ex. Puggy)

    Finalement, et comme toujours, il y’a des bons et des mauvais côté. Responsabilisez-vous plutôt que de vouloir forcer les gens a adopter votre comportement.

    Personne ne pourra empècher le piratage. Il faudra vivre avez…

  39. Tout à fait d’accord avec toi Eric. On oublie souvent le sort des "petits artistes" et le fait qu’une partie des profits générés par les grosses ventes servent aussi pour les majors à soutenir et développer les nouveaux talents, la plupart du temps à perte.

    Cependant ce qu’on assiste actuellement c’est aussi le retour du bâton pour les dérives mercantiles du secteur.
    Combien de fois avons nous ralé lorsqu’un artiste dont nous achetions religieusement tous les disques nous pondait une best of avec un ou deux inédits pour nous faire raquer nous les complétistes.
    Ou lorsqu’on nous a convaincu et conditionné lors de l’apparition du CD qu’il fallait jeter tous nos vinyls et cassettes pour refaire entièrement notre discothèque. Et à des prix incroyablement élevés alors que la production numérique était théoriquement meilleur marché.

    Je ne vais pas pleurer pour les majors qui m’ont bien arnaqué pendant mon adolescence.
    Les temps sont durs pour eux, mais je ne doute pas un seul instant que le marché va se rationaliser et que l’on trouvera une solution satisfaisante pour tous les acteurs (comme celle que tu mentionnes à propos de l’Ipod).
    Il faut pour cela que que les grosses compagnies acceptent que l’époque de la poule aux œufs d’or est bel et bien terminée et qu’ils abandonnent leurs positions intransigeantes (comme leur refus total du paiement forfaitaire, absolument incompréhensible et archaïque eu égard à la réalité du marché).
    Cela viendra, c’est inévitable et inéluctable. The times they are changin’ comme disait Bob.

  40. Ton billet est vraiment exceptionnel de vérité. Il recadre les choses à merveilles et rappelle ce que l’on a tendance à oublier. En revanche j’avoue avoir du mal avec le principe de "location" de la musique: quand tu arrêtes de payer, tu n’as plus rien! D’autre part les très gros consommateurs de musique paieraient le même prix que celui qui ne veut que quelques albums? quand est il de celui qui veut disons une 10aines d’albums par an, puis veut les garder sans rien acheter d’autre? enfin la formule doit être réfléchi pour être véritablement adapter au consommateur, et dans ce cas il acceptera le plus souvent de payer.

  41. "Car oui, si on veut que la musique ait une valeur, il faut la payer, et je suis prêt à le faire si le modèle est innovant et équitable."

    Eric, le modèle d’Apple est en aucun cas innovant (distributeur à l’ancienne, oh il n’y a plus de stock ok mais toujours distrib à l’ancienne) et encore moins équitable puisqu’Apple est en train de renégocier le taux de royalties des éditeurs au rabais. Qui se mange la perte de revenus ? Les artistes.

    Séparer artiste et producteur à l’ère de l’autoproduction hyperfacile est une connerie monumentale à mon avis. Ca créé de la latence, une montée du prix et tout un tas de litiges évitables.

    Redonner de la valeur à la musique, c’est peut-être et surtout ne pas acheter de DVDs mais des CDs. Faire un choix en fait. J’achète pas de vidéo, je suis mélomane et je passe beaucoup de temps à écouter de la musique le soir, mon budget loisir est toujours largement dirigé par l’achat de skeuds.

    On vit dans un monde où l’image est reine, rien d’étonnant à ce que la musique, le son et l’écoute soient au second plan…:)

  42. C’est un bel article, poétique, et vrai. On ne culpabilise même plus de télécharger maintenant… Le consommateur croit que tout lui est dû.

  43. salut,

    Moi depuis qu’Internet m’offre la possiblite de télécharger, je n’ai que rarement achete de la musique. les seuls titres que je me suis procure sont ceux que je n’ai pas su trouver sur la toile.
    par contre je vais regulièrement voir les artistes que j’apprecie sur scene. Et ca aide je pense beaucoup plus l’artiste que de leur donner quelques centimes par CD.

  44. 1°) Presque tout ce qui se télécharge n’est pas de la musique (soupe, variété, commercial appelez ça comme vous voulez)
    2°) Les artistes les plus téléchargés sont aussi les plus diffusés et donc les meilleurs vendeurs
    3°) Les adultes qui téléchargent gratuitement de la musique, téléchargent aussi légalement et achète aussi des disques en majorité (Il me semble que les jeunes ont le même comportement avec les jeux vidéos)
    4°) Les comportements ont de toutes façons toujours raison de la réglementation, celle-ci s’adaptant après coup.
    5°) La vraie musique, celle élaborée par des musiciens qui essaient de travailler subtilement son et harmonie survivra au mp3 : ce serait bien la première fois qu’un progrès technique serait un recul en matière de qualité sonore

  45. bonjour jaie acheté un dvd clip musique et qan je le mes sur dailymotion il me dise contenue recheter droits intellectuelle je lai acheter nouveaux je comprend pas quelqun pou raie m aider merci

  46. J’ai failli verser une larme…

    « C’est aussi une question de respect, un truc d’éthique personnelle. »

    Nan, sincèrement j’ai failli… Plus sérieusement à la veille de l’adoption de la loi HADOPI 2, des textes liberticides qui mettent à mal notre propre constitution ces même texte qui bafouent la déclaration des droits de l’homme de l’ONU te lire me donne des hauts-le-cœur. C’est une belle chose d’aborder le sujet d’un point de vue sentimental et émotionnel » mais vois-tu, quand en face les interlocuteurs eux, ne parlent que de profits, d’actionnariats, de réseaux de distribution verrouillé (à l’image de leur DRM), je me pose des questions sur la pertinence de ton article. As-tu été missionné par Denis Olivennes pour nous pondre un billet comme celui là? Dure de résumer l’impact d’une nouvelle économie comme celle de l’internet sur notre mode de vie, c’est aujourd’hui tout notre mode économique qu’il faut repenser, adapter, pour avancer… « Maintenant, pouvons-nous nous satisfaire de ce modèle qui à terme met en péril toute un secteur de l’économie ? » Non ! tu as raison, cependant à force de nous pondre des CD à 18 ou 20 Euros les acteurs de l’industrie du disque ont mis le consommateur sur les nerfs, maintenant que la roue à tourné via la révolution internet, n’est ce pas un juste retour de bâton ! Quand je vois ce gouvernement s’acharner à la répression quand le sujet de musique et d’internet vient sur la table, je suis consterné. Consterné également quand je te lis: « …Des comportements de consommateur, pas de mélomane ou d’amateur éclairé »…Quelle condescendance pour les gens. Quand j’aime vraiment un artiste, Monsieur, moi j’achète son album et peu importe si c’est du Britney Spears. Nous sommes nombreux à agir de la sorte.

    En conclusion, ton texte est rétrograde, dénoué d’intelligence et de lucidité.

  47. Ok! … Force est de constater que ton opinion à évoluer un peu (ou beaucoup?) sur ce sujet. Ta page est sorti hors contexte via google. HADOPI est une insulte aux internautes, aux citoyens. Heureux que nous ayons une vision assez proche du sujet.

    Merci, d’avoir publié mon post et de ton retour.

  48. Eric

    Comme quoi il vaut mieux éviter les jugements à l’emporte-pièce sur l’intelligence et la lucidité d’un rédacteur à partir d’un seul billet googlisé quand ce dernier en a écrit plus de 4500 en 4 ans 🙂

Répondre