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Jeux vidéo : les studios japonais misent sur les NFT, un pari risqué ?

Alors que les NFT n’ont pas la cote auprès des gamers, les grands studios japonais ne lâchent pas l’affaire.

Sa déclaration n’est pas passée inaperçue. En septembre dernier, Yves Guillemot, le PDG d’Ubisoft, s’est prononcé au sujet de l’intégration des NFT dans ses jeux. Il indique :  « Nous sommes en phase de test. Si nous trouvons quelque chose qui sera très intéressant et qui plaira aux joueurs, nous travaillerons dessus. » Des propos très prudents qui contrastent avec l’enthousiasme qu’il exprimait fin 2021 au sujet des jetons non fongibles.

Cette temporisation du géant européen des jeux vidéo contraste avec l’enthousiasme qui règne encore encore au Japon au sujet de la technologie Blockchain. Dans un article sur le sujet, Nikkei Asia est revenu sur les nombreuses initiatives des grands studios nationaux en matière de NFT.

Les joueurs ne sont pas enthousiasmés par les NFT

Ces projets sont soutenus par le ministère de l’Économie, du Commerce et de l’Industrie qui a mis en place un bureau des politiques du Web 3.0. L’idée est d’aider les entreprises impliquées dans ce secteur. De leurs côtés, les entreprises demandent au gouvernement de baisser la taxation qui s’applique aux possesseurs d’actifs numériques.

Dans le détail, nos confrères citent notamment l’exemple emblématique de Square Enix qui a mis en place une division interne qui développe des projets liés à la blockchain. Parmi ces derniers, une collection de NFT a vu le jour. Baptisé Shi-San-Sei Million Arthur, il s’agit d’un ensemble de vignettes à collectionner. Elles se vendent comme des petits pains et le cap des 100 000 a récemment été dépassé.

De son côté, Badai Namco a créé un fonds visant à investir dans des startups qui travaillent sur la blockchain. Avec Sega, elle fait également partie des compagnies qui se sont associées avec l’entreprise baptisée Oasys pour développer une blockchain dédiée au secteur des jeux vidéo.

Les projets vont donc bon train mais même au Japon, ils sont loin de faire l’unanimité. La logique de  “play-to-earn”, qui est actuellement le principal modèle de monétisation du web 3.0, peine à convaincre. Cité par nos confrères, Hideki Yasuda, analyste principal chez Toyo Securities, a mené une enquête à ce sujet pour connaître le point des vue des gamers. Il explique que la plupart d’entre eux répondaient :

Pourquoi devons-nous jouer à des jeux pour gagner de l’argent alors qu’il est déjà si difficile de gagner de l’argent dans le monde réel ?

Un peu à l’image de leurs rivaux européens et américains, les studios japonais savent qu’ils marchent sur des œufs. Il n’est donc pas encore question d’intégrer des NFT dans leurs jeux principaux. Elles préfèrent pour l’heure expérimenter dans l’espoir de rester positionné sur un marché qui pourrait rapporter gros à l’avenir.

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