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La Grèce pose un ultimatum au Royaume-Uni : s’il veut revenir dans l’UE, il devra restituer ce trésor de l’Antiquité

Il y a deux siècles, Londres a pillé les marbres qui ornaient le temple du Parthénon sur l’Acropole d’Athènes. La Grèce exige leur restitution.

Alors que le Premier ministre britannique, Andy Burnham, s’est dit prêt à réévaluer les relations entre le Royaume-Uni et l’Union européenne (UE), la Grèce entend bien poser ses conditions.

Lors d’une conférence à Athènes, le Premier ministre Kyriakos Mitsotakis a indiqué que la restitution des marbres du Parthénon, conservés au British Museum depuis deux siècles, devra impérativement faire partie des discussions. En clair, si Londres ne cède pas, elle ne pourrait pas revenir au sein du bloc. Car selon lui, il ne s’agit pas d’un simple différend, mais d’un sujet fondamental pour l’Europe.

Que sont les marbres du Parthénon ?

Conçues au Ve siècle avant J.-C. sous la direction du sculpteur Phidias, ces frises et statues en marbre ornaient le temple du Parthénon sur l’Acropole d’Athènes. Elles représentent des scènes mythologiques, des divinités et la vie civique d’Athènes, symbole central de la naissance de la démocratie.

Au début du XIXe siècle, Lord Elgin, alors ambassadeur britannique auprès de l’Empire ottoman, qui occupait la Grèce, a fait détacher et transporter à Londres près de la moitié des sculptures survivantes. Elles ont ensuite été vendues au British Museum.

Depuis, Athènes soutient que ces œuvres ont été pillées de manière illégale et arrachées à leur monument d’origine.

La Grèce refuse le prêt

De son côté, le British Museum a récemment suggéré une solution similaire au prêt de la Tapisserie de Bayeux au Royaume-Uni, la célèbre broderie du XIe siècle relatant la conquête normande de l’Angleterre de 1066. Annoncé dans le cadre des accords de coopération culturelle entre Paris et Londres, il va permettre d’exposer temporairement l’œuvre de 70 mètres de long dans le musée britannique.

Hors de question pour Kyriakos Mitsotakis. « La France a prêté une œuvre intacte qui reviendra intacte. Pour le Parthénon, la situation est inverse : des éléments indissociables d’un monument unique ont été arrachés de force », a-t-il lancé dans une tribune publiée dans The Guardian.

« La réunification pourrait constituer le fondement d’un partenariat culturel vaste et durable entre nos pays, ouvrant de nouvelles perspectives en matière d’expositions, de recherche, de conservation et d’échanges entre les musées grecs et britanniques », a-t-il poursuivi.

Une décision complexe sur le plan juridique

Kyriakos Mitsotakis entend bien rappeler à ses propres engagements à son homologue britannique. Car en 2023, avant d’être élu, Andy Burnham s’était publiquement prononcé pour une restitution des marbres « sans conditions », plaidant pour que le Royaume-Uni utilise la culture afin de « changer la façon dont il est perçu dans le monde ».

Mais cette décision reste complexe sur le plan juridique. Une loi britannique de 1963 interdit formellement au British Museum de céder définitivement les œuvres de ses collections. Une intervention du Parlement serait donc nécessaire pour modifier le texte. « À une époque où les principes démocratiques sont remis en cause partout dans le monde, la restauration de l’unité d’un monument si étroitement lié à l’émergence de la démocratie elle-même enverrait un signal fort », conclut Kyriakos Mitsotakis. La balle est dans le camp des Britanniques.

  • La Grèce conditionne tout rapprochement entre le Royaume-Uni et l’UE à la restitution définitive des marbres du Parthénon.
  • Athènes refuse catégoriquement un simple prêt temporaire et exige la réunification permanente du monument.
  • S’il accepte, le Premier ministre doit modifier une loi datant de 1963.

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