L’Union Européenne veut mieux se positionner dans les semiconducteurs. Afin d’atteindre cet objectif, et ainsi réduire sa dépendance par rapport à l’Asie, l’Europe est prête à sortir son chéquier. Depuis la pandémie, la demande a explosé dans ces composants, tant chaque produit électronique en a besoin, du smartphone à la voiture.
Comme nous l’évoquions dans un précédent article, l’UE veut augmenter sa part de marché de 10 à 20% d’ici 2030 dans la production de processeurs. Et en plus de discuter avec des géants de l’industrie, l’Europe soutient également ses petites entreprises.
Un processeur français
Et justement, récemment, le CEI (ou Conseil européen de l’innovation) a annoncé un investissement dans une startup française qui développe un processeur européen : SiPearl. Celle-ci ne conçoit cependant pas un processeur pour les smartphones ou pour les ordinateurs, mais plutôt un composant destiné aux supercalculateurs.
« Parce que les défis stratégiques pour l’Europe en matière d’intelligence artificielle, de recherche médicale ou d’atténuation du changement climatique nécessitent de traiter des volumes exponentiels de données sensibles en une fraction de seconde, SiPearl développe le microprocesseur haute performance et basse consommation avec une sécurité sans porte dérobée qui sera le cœur des supercalculateurs européens », explique Philippe Notton, le patron de la société tricolore.
100 millions d’euros
SiPearl bénéficie d’une subvention de 2,5 millions d’euros du Conseil européen de l’innovation, ainsi que d’un investissement en fonds propres de 15 millions d’euros. Cet investissement fera partie d’un cycle de financement de série A via lequel SiPearl lèvera plus de 100 millions d’euros auprès d’autres investisseurs, dont des investisseurs publics.
Il s’agit du premier investissement de ce type par le Conseil européen de l’innovation, suite à sa restructuration dans le cadre de la législation Horizon Europe. Lors de la phase pilote, ce conseil avait déjà fait des investissements dans près de 140 startups. Une fois la restructuration finalisée, d’autres investissements seront annoncés.
Si l’Europe soutient SiPearl, c’est pour permettre la mise sur le marché de son processeur à haute performance et faible consommation d’énergie destiné au supercalcul exascale (un milliard de milliards de calculs par seconde).
« Traitant d’énormes volumes de données sensibles en une fraction de seconde, ces microprocesseurs contribueront à assurer la souveraineté technologique de l’Europe en résolvant des défis scientifiques, industriels et sociétaux tels que la recherche médicale, la gestion de l’énergie et l’atténuation du changement climatique », lit-on dans le communiqué.
L’UE a d’ailleurs soutenu ce projet dès ses débuts, puisque SiPearl est né sous l’égide des programmes d’innovation de l’Europe, comme le rappelle le PDG.
https://twitter.com/SIPEARL_SAS/status/1227870885908013056
Puces électroniques : des ambitions pour 2030
En tout cas, les annonces de l’Union Européenne dans le domaine des semiconducteurs devraient se multiplier. Au mois de janvier, Ursula von der Leyen, présidente de la Commission Européenne, avait rappelé que l’Europe ne produit que 10 % des semiconducteurs et s’approvisionne majoritairement depuis l’extérieur.
« C’est une dépendance et une incertitude que nous ne pouvons simplement pas nous permettre », avait-elle déclaré. L’objectif est de faire doubler la part de marché, et de quadrupler la production (étant donné que la taille du marché sera multipliée par deux) d’ici 2030.
L’UE a déjà quelques atouts, comme la recherche, ou les matériaux et les équipements pour la fabrication des puces. Mais désormais, l’objectif est de devenir un acteur puissant sur l’ensemble de la chaîne de valeur, mais pas uniquement sur quelques niches.
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