InnovSanté, InnovHealth, Relyfe. Ce sont les trois noms que l’entreprise a portés durant ses six années d’existence, durant lesquels elle a amassé des fonds et obtenu le soutien de personnalités connues. Son ambition : devenir un acteur mondial dans le domaine de la santé connectée. Beaucoup se rendent désormais compte qu’il ne s’agissait que de vent, pointant du doigt le dirigeant du projet, Adnan El Bakri.
Un projet qui a séduit
Fondée à Reims en 2016, InnovSanté mettait en avant un projet prometteur : développer une carte de santé universelle pour chaque individu, baptisée Passcare. Celle-ci détiendrait toutes les données relatives à la santé de son propriétaire, qui n’aurait qu’à la fournir au soignant pour qu’il y accède.
Trois personnes ont au départ mené le projet à bien, mais c’est rapidement Adnan El Bakri qui a pris les rênes. L’entrepreneur, véritable maître de la communication, a su attirer des investisseurs célèbres, à l’instar de l’acteur Christophe Lambert. En 2018, l’entreprise annonce la signature de contrats en France et en Afrique, tandis que de plus en plus de médias évoquent son projet.
Au total, la société a levé près de 7,5 millions d’euros auprès d’actionnaires conquis par l’ambition d’El Bakri. Pourtant, InnovSanté, rebaptisée Relyfe en 2021, est placée en liquidation judiciaire fin 2022. Mais que s’est-il donc passé ?
Que du vent ?
Une vaste enquête signée France 3 révèle une réalité bien loin de ce qui était promu par Adnan El Bakri. Les langues se sont depuis déliées, et des témoignages font état d’un management problématique nourri de tensions. De même, certains recrutements auraient été menés de manière inappropriée, sans tenir compte des besoins réels de l’entreprise.
On reproche par ailleurs une gestion douteuse de la société à son dirigeant, qui manquait d’éléments essentiels à sa croissance, comme un business plan, une politique de prix ou une étude de marché. Le produit phare de Relyfe n’a jamais été opérationnel malgré les millions levés. Pire encore, le Passcore ne se serait jamais matérialisé, tandis que les clients annoncés n’auraient pas réellement existé.
Ainsi, l’entreprise a connu des difficultés financières dès 2020. Un an plus tard, le désengagement du groupe franco-américain Forepont, qui devait investir, a scellé son sort. De son côté, Adnan El Bakri aurait vendu, aux alentours de cette période, plusieurs actions lui permettant d’empocher des centaines de milliers d’euros, rapporte France 3.
Si l’entrepreneur a toujours nié les informations du média, Relyfe est bel et bien placée en liquidation judiciaire. Désormais, il cherche à lever des fonds pour une nouvelle entreprise, surfant sur la vague de la très prisée IA générative. Diagnoz.AI est décrite comme « une biotech européenne combinant recherche scientifique et intelligence artificielle générative, avec pour mission de maintenir les individus en bonne santé le plus longtemps possible ». À voir si, cette fois aussi, les investisseurs seront au rendez-vous.
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le laxisme des pouvoirs publics français (ou la complaisance de certains fonctionnaires) facilite la prolifération d’escrocs de toutes sortes. Encore un exemple de l’incapacité de la justice en France.