La nouvelle est tombée comme un coup de massue : la TVA sur les abonnements au gaz et à l’électricité va passer de 5,5 % à 20 % au 1er février 2025.
Une augmentation spectaculaire qui soulève de nombreuses questions sur l’impact réel pour le portefeuille des Français. Alors que le gouvernement tente de rassurer, regardons de plus près cette réforme controversée.
Une hausse de TVA justifiée par l’Europe
Le projet de loi de finances (PLF) pour 2025 prévoit la fin du taux réduit de TVA sur les abonnements énergétiques. Cette décision n’est pas un caprice gouvernemental, mais une mise en conformité avec la réglementation européenne. Fini donc le taux préférentiel de 5,5 %, place au taux normal de 20 %.
Cette augmentation représente un bond considérable. Pour un ménage moyen, cela se traduira par une hausse d’environ 21 euros par an pour l’abonnement électrique et 14 euros pour le gaz. Des montants qui peuvent sembler modestes, mais qui s’ajoutent à des factures déjà conséquentes pour de nombreux foyers.
Le gouvernement promet une neutralisation, mais…

Face aux inquiétudes légitimes des consommateurs, le gouvernement joue la carte de l’apaisement. Il assure que cette hausse sera « neutre pour le consommateur » grâce à une diminution équivalente d’autres taxes énergétiques. Une promesse qui soulève des sourcils chez de nombreux observateurs.
En effet, le tour de passe-passe proposé par l’exécutif repose sur une baisse des « accises (impôt indirect) sur l’énergie ». Mais voilà, ces mêmes accises doivent aussi augmenter fortement l’année prochaine. Le gouvernement profite en réalité de la baisse des prix de gros sur les marchés pour remonter les taxes au-dessus de leur niveau d’avant-crise.
Un manque à gagner réel pour les consommateurs
Contrairement aux affirmations gouvernementales, cette réforme représentera bien un coût pour les ménages. La baisse des prix de l’électricité sur les marchés aurait dû se traduire par des économies massives pour les consommateurs. Au lieu de cela, la baisse des factures sera limitée à 9 %.
Le reste de l’économie potentielle sera capté par l’État. Les hausses d’accise et de TVA devraient lui rapporter 6,8 milliards d’euros en 2025, soit environ un quart des nouveaux prélèvements prévus pour freiner le dérapage des comptes publics.
Gaz : une neutralisation contestable

Pour le gaz, la promesse de neutralisation est encore plus discutable. Le gouvernement parle de compenser la hausse de TVA par une baisse équivalente de l’accise. Pourtant, les documents budgétaires prévoient 200 millions d’euros de recettes supplémentaires sur l’accise gaz en 2025. On est donc loin d’une véritable neutralisation.
Un sujet explosif au Parlement
Cette réforme de la fiscalité énergétique s’annonce comme un point chaud des débats parlementaires. Le Rassemblement national, qui avait fait de la baisse de la TVA sur l’énergie un élément central de son programme, ne manquera pas de s’opposer vigoureusement à cette hausse.
Mais la contestation pourrait venir de tous les bords politiques. À gauche comme à droite, voire au sein même de la majorité, des voix s’élèvent pour dénoncer une mesure qui risque de peser lourd sur le pouvoir d’achat des Français.
- La TVA sur les abonnements au gaz et à l’électricité passera de 5,5 % à 20 % au 1er février 2025
- Le gouvernement promet de neutraliser l’impact, mais cette promesse est contestée par de nombreux observateurs
- Cette réforme s’inscrit dans un contexte plus large de hausse de la fiscalité énergétique, qui devrait rapporter 6,8 milliards d’euros à l’État en 2025
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J’en suis déjà à payer moitié plus en frais de gestion de l’abonnement que pour la conso réelle.
Avec ça, je vais payer 2x plus pour le 1er que pour le 2d.
A croire que plus on correspond aux critères d’économies demandées, plus on paie malgré tout…
Au final et comme toujours le consommateur reste la variable d’ajustement des objectifs économiques, que ce soit au niveau national comme européen.
Vrai aussi que notre France a toujours été experte en taxations diverses, sans omettre les taxes sur le taxes, si ubuesque cela peut-il paraître : les finances publiques ont leurs raisons que la raison ne connaît pas, en taxations, en prélèvements divers et variés à commencer par les taux d’imposition.
Donner du souffle à une économie essoufflée passe toujours — toujours — par une réduction maximale des prélèvements. Il apparaît que c’est la direction inverse qui s’engage : tôt ou tard il faudra rebrousser chemin.