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L’Arcom révèle l’impact écologique alarmant de la TV et du streaming

La consommation audiovisuelle laisse une empreinte carbone bien réelle. Une étude pionnière de l’Arcom met en lumière les conséquences environnementales insoupçonnées de nos habitudes de visionnage.

Regarder sa série préférée ou zapper entre les chaînes de télévision : des gestes anodins aux conséquences insoupçonnées pour la planète. L’Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique (Arcom) vient de lever le voile sur l’impact écologique de nos habitudes de consommation audiovisuelle.

Les chiffres sont sans appel : en 2022, ces usages ont représenté 0,9 % de l’empreinte carbone totale de la France et 2,9 % de sa consommation électrique. Une proportion qui pourrait grimper de 30 % d’ici 2030 si rien n’est fait.

L’étude, menée en collaboration avec l’Arcep et l’Ademe, englobe un large éventail de pratiques : visionnage sur téléviseur (en direct ou en différé), plateformes de streaming (Netflix, Prime Video), sites de partage vidéo (YouTube, Dailymotion), écoute de radio et de musique en streaming. Elle exclut cependant l’impact des e-mails, des jeux vidéo et des visioconférences.

La fabrication des appareils, principal coupable

Contrairement aux idées reçues, ce n’est pas tant l’utilisation des appareils qui pèse le plus lourd dans la balance écologique. La fabrication des terminaux (téléviseurs, smartphones, ordinateurs) représente la part du lion de l’empreinte carbone. L’Arcom pointe du doigt la courte durée de vie de ces appareils et leur consommation énergétique élevée.

Face à ce constat, le régulateur recommande d’améliorer la réparabilité et la durabilité des terminaux. Allonger leur durée de vie apparaît comme une priorité pour réduire l’impact environnemental de nos pratiques audiovisuelles.

Tous les usages ne se valent pas

TV
© cottonbro studio / Pexels

L’étude révèle des disparités importantes entre les différents modes de consommation. La télévision linéaire (en direct) reste le plus gros pollueur, représentant 52 % de l’empreinte carbone des usages audiovisuels. Cette position s’explique par sa popularité et par l’utilisation massive de téléviseurs, appareils particulièrement énergivores.

Cependant, à usage égal, c’est la vidéo à la demande qui décroche la palme du plus mauvais élève écologique. À l’opposé, la télévision en replay et la radio numérique s’avèrent les options les plus vertueuses.

L’impact varie également selon le support utilisé. Ainsi, le streaming audio via le réseau mobile sur smartphone émet quatre fois plus de CO2 que l’écoute de la radio FM sur un transistor. De même, la télévision linéaire en TNT génère environ 20 % de moins d’émissions de CO2 par heure que la vidéo à la demande sur une smart TV ou que la consommation de vidéos sur smartphone via le réseau mobile.

Des solutions pour un avenir plus vert

Face à ces constats alarmants, l’Arcom ne se contente pas de tirer la sonnette d’alarme. Le rapport formule plusieurs recommandations concrètes pour réduire l’empreinte carbone de nos pratiques audiovisuelles.

L’écoconception des services audiovisuels figure en bonne place parmi ces préconisations. Les professionnels du numérique sont invités à s’appuyer sur le référentiel publié en 2021 pour proposer des services plus sobres et durables.

La sensibilisation du public joue également un rôle crucial. L’Arcom souligne l’importance d’informer les consommateurs sur l’impact de leurs habitudes et de promouvoir des pratiques plus écologiques. Par exemple, privilégier le Wi-Fi à la 4G ou la 5G pour le visionnage de programmes à la demande peut faire une réelle différence.

Enfin, le rapport préconise une évaluation transparente et régulière de l’impact environnemental du secteur. L’étude sera d’ailleurs actualisée tous les deux ans pour suivre l’évolution de la situation.

En combinant écoconception et mesures de sobriété, l’Arcom estime qu’il serait possible de réduire d’un tiers les émissions de CO2 liées aux usages audiovisuels d’ici 2030 par rapport à 2022. Un objectif ambitieux, mais nécessaire pour concilier notre appétit pour les contenus audiovisuels avec les impératifs de la transition écologique.

  • Les usages audiovisuels représentent 0,9 % de l’empreinte carbone française, avec une hausse prévue de 30 % d’ici 2030.
  • La fabrication des appareils (TV, smartphones) est le principal facteur d’impact environnemental.
  • L’Arcom recommande d’allonger la durée de vie des appareils et de sensibiliser le public aux pratiques plus écologiques.

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Netflix
Netflix
Par : Netflix, Inc.
4.3 / 5
M15.9 avis
1 commentaire
1 commentaire
  1. internet bashing habituel… sans le comparer à l’absence d’internet!! Sans internet, tous les déplacements administratifs se font physiquement (en voiture), idem pour aller chercher un DVD non recyclable qui a été produit stocké et transporté au magasin… et ce n’est qu’un des exemples d’émissions EVITEES par le numérique!
    Ne regarder que les émissions est manipulatoire.

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