Ce n’était clairement pas une semaine comme les autres pour Kinéis. La jeune entreprise basée à Toulouse a lancé les 5 derniers nanosatellites de sa constellation. Dans la nuit de lundi à mardi, ils ont quitté la Terre pour rejoindre leur orbite, 650 kilomètres plus haut. Ils rejoignent les 20 satellites déjà présents à ces hauteurs, formant ainsi la première constellation de satellites dédiée à l’internet des objets.
L’objectif est de continuer le travail déjà réalisé par Argos, un système de balise permettant le suivi en quelques heures de l’environnement. Avec autant de satellites présents au-dessus de nos têtes, l’entreprise annonce un temps de revisite de douze minutes en moyenne. Une donnée qui tombe à 4 minutes pour l’Europe, mieux couverte par la constellation.
À titre de comparaison, les balises Argos utilisées aujourd’hui collectent des données toutes les trois heures. Le suivi en direct d’une situation environnementale — comme des inondations ou un feu de forêt — sera beaucoup plus efficace avec ces 25 satellites.
Car c’est bien dans ce but qu’ils ont été envoyés en orbite. Avec son partenaire allemand Dryad, l’entreprise veut surveiller les feux de forêt et les détecter rapidement pour limiter les impacts. Preuve de l’utilité de ces nouveaux services, Kinéis a obtenu le soutien du CNES (actionnaire de la société à hauteur de 26 %), pour le développement de ses satellites.
Un suivi spatial, pour tout
Mais ces satellites ne serviront pas qu’à détecter des feux de forêt. La société veut atteindre d’autres marchés. Sa constellation peut faire le pont entre des capteurs, de toute sorte, au sol, et un centre de contrôle.
En collaboration avec l’opérateur de fret ferroviaire Europorte et le fabricant de matériel électronique Kerlink, Kinéis va lancer un suivi spatial des wagons de marchandises. Une grande première. Pour Christophe Vassal, président de Kinéis, cette offre en particulier est très intéressante pour toutes les parties prenantes. Kinéis offre la solution la plus réactive, mais « moins chère que les grands systèmes de communication. »
Dans un domaine proche, l’entreprise serait en discussion avec des acteurs de l’énergie pour mettre des balises sur les pylônes électriques. Une telle installation permettrait d’avoir un rapport permanent sur l’état du réseau électrique. Avec de telles données, la localisation des pannes sera ultrarapide et d’une précision redoutable.
Face à autant de marchés, Kinéis espère, évidemment des résultats financiers. L’entreprise vise la rentabilité dans les prochains mois. Avec 60 employés, elle ambitionne même d’atteindre les 20 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2026 (contre 7 aujourd’hui).
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