- Selon le ministre de l’Éducation nationale, les réseaux sociaux “pourrissent la vie de trop nombreux jeunes”.
- Pap Ndiaye demande à ce que “les réseaux sociaux agissent”.
- Il propose notamment de pouvoir “instantanément signaler un message violent”.
Je vais parler comme un vieux tout en assumant. Du haut de mes 30 ans, la plus grande partie de ma scolarité s’est déroulée sans réseaux sociaux. Le truc le plus proche à l’époque, c’était les Skyblogs, les mêmes sur lesquels on retombe des années plus tard en ayant honte, mais ça s’arrêtait là.
Le harcèlement, beaucoup de nous ont vécu dans la période si ingrate qu’est celle du collège. Subissant la journée, logiquement tout ça se terminait le soir, avant d’y retourner le lendemain…
Une forme de harcèlement 2.0 qui mène à des drames
Parmi tous les dangers que représentent les réseaux sociaux pour les ados, la question du cyberharcèlement est littéralement vitale. Au travers des Facebook, TikTok, Snapchat et autre Instagram, le harcèlement c’est maintenant non-stop, sans jamais de pause pour essayer de souffler et reconstituer un semblant d’estime de soi.
https://twitter.com/franceinfo/status/1665959574984163329
Récemment, la France a été choquée de constater que le harcèlement fait toujours autant de victimes. Après avoir été harcelée au collège, mais aussi sur les réseaux sociaux, une jeune femme prénommée Lindsay s’est suicidée à l’âge de 13 ans, ne pouvant plus supporter la situation.
Harcelée sur Instagram, la famille a continué de recevoir des insultes après même le suicide de la jeune fille, montrant ainsi qu’il est très urgent de prendre des dispositions contre les entreprises qui véhiculent les messages de haine de ses utilisateurs. C’est dans ce climat tendu que Pap Ndiaye, ministre de l’Éducation nationale, a déclaré que le manque de réaction des plateformes était “inacceptable”.
Une bonne initiative qui cache un manque de prise de responsabilités ?
“Il faut contraindre les réseaux sociaux. Ils sont beaucoup trop lents, trop hésitants sur le harcèlement. Les réseaux sociaux pourrissent la vie de trop nombreux jeunes”.
Derrière cette déclaration pleine de bon sens de la part du ministre de l’Éducation nationale, est-ce qu’on ne pourrait pas aussi y voir une façon de se dédouaner du problème ? De pointer du doigt les réseaux sociaux et le cyberharcèlement, afin de se délester de ses propres responsabilités.
Pap Ndiaye propose ainsi la création d’une “petite icône sous les messages” permettant d’“instantanément signaler un message violent”. Seulement, le harcèlement sous sa forme la plus primaire n’a clairement pas attendu l’arrivée des plateformes de RS avant d’exister.
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D’abord, cet “inacceptable” formulé à longueur de discours réprobateur, finit par perdre de sa substance, un peu comme le très British “shocking”, insipide comme un “toutes mes condoléances” tant l’authenticité se perd quand la correction de langage remplace le sentiment.
Des discours, des recommandations, des souhaits … en somme beaucoup de paroles creuses comme une coquille vide.
Si au moins les emphases étaient suivies de décisions et celles-ci d’actes, mais ce n’est que bien trop souvent pas le cas.
La question demeure : peut-on lutter contre le harcèlement et si oui à quel niveau et par quels moyens ?
Les médias sociaux jouent bien entendu un rôle essentiel, mais sont-ils la cause ou le révélateur d’un malaise profond d’une partie de la jeunesse? En tous les cas ils sont un vecteur indéniable de cette haine qui abime une âme comme le couteau un corps.
La contrainte résout-elle jamais quoi que ce soit ? Punir un ado, punir un réseau social soignera peut-être le symptôme mais bien moins la cause, cette substantifique haine faite de mots, de violences et parfois même de meurtres.
Le milieu familial, essentiel, déterminant ? Pas sûr, encore qu’une éducation aimante ait davantage d’impact qu’une autre, martiale et contraignante. Aucun facteur peut-être n’est déterminant tant la vie expose des causes défavorables n’ayant pas empêché des vies réussies… et inversement.
Mon plaidoyer ? Soigner la cause de tant de haine, ce qui implique la connaître; pour ma part je l’ignore. En attendant œuvrer pour au moins ralentir cette pandémie de haine, et si les réseaux sociaux ne savent prendre des mesures efficaces alors les y contraindre, mais je n’y crois pas trop, non que je doute de l’impact qu’aurait un changement radical du positionnement des réseaux sociaux mais plutôt de l’éffet en profondeur, durable : au-delà de soulager : soigner, et cela seuls nous, individus, familles peuvent y contribuer.