Passer au contenu

Le site d’ameublement Made.com en faillite, quelles conséquences pour les clients français ?

Annoncée il y a quelques semaines, la fermeture du site d’ameublement Made.com laisse des centaines de clients français dans le désarroi.

Reconnu comme l’un des sites e-commerce d’ameublement les plus en vogue de ces dernières années, Made.com a pourtant pris de plein fouet les effets du Covid et de la crise économique mondiale.

Son modèle économique semblait pourtant intéressant. Made.com ce n’était que de la vente en ligne, avec deux magasins physiques vitrines à Paris et Londres. Pas de stocks, les clients achetaient en ligne et la fabrication n’était lancée qu’à partir d’un certain nombre de commandes. À l’été 2021, l’entreprise britannique entrait même à la Bourse de Londres. Elle était alors valorisée à 800 millions de livres sterling (925,7 millions d’euros).

Que s’est-il passé en un an ? La baisse de la demande associée à des perturbations mondiales dans les chaînes d’approvisionnement ont fait s’écrouler le modèle économique de l’entreprise. Car Made.com a eu beau baser son discours marketing sur la fabrication locale, seule la moitié du catalogue de produits venait d’Europe (majoritairement en Grande-Bretagne pour les canapés). Les autres meubles étaient fabriqués en Chine et en Inde. Alors quand les délais de livraison se sont allongés à cause des pénuries et du Covid, le château de cartes s’est effondré.

Début novembre, Made.com était placée sous administration en vue de sa liquidation et sa cotation à la Bourse de Londres est suspendue.

Les clients français, cinquième roue du carrosse

Et les clients dans tout cela ? Le groupe britannique Next s’est engagé à reprendre la marque, les noms de domaine et la propriété intellectuelle pour 3,4 millions de livres. Mais pas les créances clients. De fait, « les paiements aux créanciers seront faits en fonction de leurs priorités statutaires » avait indiqué le cabinet PwC en charge de la liquidation.

Or, les clients sont toujours les derniers à se faire rembourser en cas de liquidation judiciaire d’une société domiciliée hors de l’Union européenne. Autrement dit, les clients qui avaient commandé leurs meubles il y a plusieurs semaines ne les verront sans doute jamais mais ne seront pas remboursés non plus.

Face à cette situation près de 1 300 clients français se sont réunis sur une page Facebook pour échanger sur leurs mésaventures et tenter de faire bouger les choses. Le Monde a relevé quelques témoignages illustrant le désarroi des familles ayant commandé sur Made.com.

Un foyer attendait un lit depuis sept mois. « On dort sur des palettes » écrit ce client. « On a attendu un an pour pouvoir acheter » une table à 800 euros « mais malheureusement on continue à manger sur notre table de camping » ajoute-t-il.

Certains membres du groupe disent avoir vu leur commande reportée trois fois, « la dernière le 21 septembre ». Pour d’autres, le colis est bloqué chez le transporteur qui n’a pas été payé. Certaines familles ont déboursé jusqu’à 4 000 euros relate le Monde.

Quelle solution s’offre à eux si la liquidation ne permet pas de les rembourser ? Sur le groupe Facebook, certains clients disent tenter de faire jouer l’assurance incluse avec leur carte bancaire. Dans la plupart des cas, cette démarche se solde par un échec.

Pour les plus démunis, l’entreprise Bobochic, spécialisée dans la vente de meubles en ligne, va proposer de « sélectionner une dizaine de foyers dans le besoin et leur envoyer l’indispensable ». Bobochic a fait de la lutte contre le gaspillage un credo. « L’objectif est qu’il y ait zéro déchet » explique au Monde Emmanuel Mendes l’un des fondateurs de la marque. Surtout, la situation des familles ayant commandé sur Made.com le révolte, tout comme Sébastien Réa, le co-fondateur de Bobochic.

« Si c’était un groupe français, le ministre de l’économie aurait déjà tapé sur l’épaule du repreneur pour lui dire de ne pas les oublier, s’indigne M.Mendes, mais là près de mille familles françaises vont être lésées, c’est énorme ».

📍 Pour ne manquer aucune actualité de Presse-citron, suivez-nous sur Google Actualités et WhatsApp.

Opera One - Navigateur web boosté à l’IA
Opera One - Navigateur web boosté à l’IA
Par : Opera