Les années 2010 ont été marquées par la saga dystopique Hunger Games, à la fois sur papier, mais également à l’écran. Katniss et Peeta ont fait couler beaucoup d’encre lors de la dernière décennie et ont rythmé l’adolescence de nombreux lecteurs et spectateurs. Entre une trilogie de livres parus entre 2008 et 2010 et quatre films sortis entre 2012 et 2015, les amateurs de dystopie et de science-fiction ont été gâtés.
Aujourd’hui, Hunger Games est devenu un monument de la pop culture. Au centre de la saga ? De célèbres jeux télévisés meurtriers dans lesquels deux jeunes de chacun des 12 districts de Panem, sorte d’Amérique post-apocalyptique, doivent s’affronter à mort. Tout cela est donc retransmis à la télévision pour le plus grand bonheur des habitants du Capitole, cœur moderne et opulent de Panem. La participation de l’effrontée Katniss Everdeen ouvre la porte à une révolution…
Mais voilà, les intérêts changent et au fil des années, les sagas dystopiques n’ont plus autant monopolisé nos écrans. Jusqu’à ce que Suzanne Collins, l’auteure de la saga littéraire Hunger Games, publie un prequel de son oeuvre en 2020.
Trois ans plus tard, une adaptation de Hunger Games : la Ballade du serpent et de l’oiseau chanteur fait donc son apparition dans nos salles obscures. Ainsi, depuis ce mercredi 15 novembre, les fans de la saga vont pouvoir replonger dans cette saga extrêmement populaire. Mais ce prequel est-t-il à la hauteur ? Surtout, La Ballade du serpent et de l’oiseau chanteur arrive-t-il à nous faire apprécier, rien qu’un peu, l’antagoniste de la saga initiale ? Car oui, l’abominable Coriolanus Snow est au centre de ce nouveau film.

Retour à Panem
Hunger Games : la Ballade du serpent et de l’oiseau s’ouvre déjà sur un retour en arrière. Avant l’instauration des fameux jeux, la guerre fait rage entre le Capitole et les rebelles menés par le district 13. Lors de ces “jours obscurs”, le père de Coriolanus Snow est assassiné. Avec sa grand-mère et sa cousine, Snow vit dorénavant modestement mais profite toujours de la renommée de sa famille, autrefois puissante. Le garçonnet effrayé est maintenant un jeune étudiant brillant qui espère recevoir une bourse d’études qui lui permettra de mettre sa famille à l’abri.
Mais malheureusement, le doyen Casca Highbottom a pris le jeune homme en grippe et pour obtenir cette fameuse bourse, il y a une nouvelle épreuve à passer. Après une décennie, les Hunger Games n’intéressent plus autant qu’avant. Pour cette dixième édition, chaque étudiant prestigieux se verra en charge d’un tribut. Manque de chance pour Snow, il se retrouve avec Lucy Gray Baird, au caractère bien trempé et qui ne devrait pas faire long feu dans l’arène. Coriolanus Snow va donc prendre le tribut féminin du district 12 sous son aile et tout faire pour lui permettre de survivre et, pourquoi pas, de gagner cette édition des Hunger Games.
Après une longue décennie loin de Panem, il est bon de retrouver l’univers si particulier de Hunger Games. Les fondations du Capitole sont encore fébriles suite aux “jours sombres”, bien plus que dans la saga originale. Ainsi, La Ballade du serpent et de l’oiseau chanteur marque la toute première édition télévisée des jeux. Pour faire grossir l’audimat, le Capitole peut compter sur un ancêtre de l’emblématique Caesar Flickerman. Maintenant, on comprend pourquoi ce personnage mythique de la saga originale est un si bon orateur. Lucretius “Lucky” Flickerman, que nous rencontrons dans cette nouvelle aventure, est incroyable et Jason Schwartzman est tout simplement fait pour ce rôle.
Un masque qui se fissure
Mais le film décortique avant tout la relation de Coriolanus Snow et Lucy Gray Baird, venus d’univers tellement différents. Par intérêt, mais pas seulement, les deux protagonistes acceptent de se serrer les coudes. Mais les Hunger Games transforment n’importe qui, de près comme de loin.
Si, au début, Snow est plutôt attachant, son personnage est plus complexe que l’on pourrait le croire. Petit à petit, le protagoniste se perd dans les choix qu’il doit faire comme dans les actions qu’il doit entreprendre. Jusqu’à nous laisser entrevoir le Coriolanus Snow que nous connaissons bien, à la tête de Panem plus de soixante plus tard dans la saga initiale. La tâche qui incombait à Tom Blyth était pourtant loin d’être aisée mais nous arrivons à comprendre le protagoniste.
De son côté, Rachel Zegler réussit à incarner une Lucy Gray Baird qui fait tache au Capitole. Bien qu’elle soit agaçante à plusieurs reprises, on finit par être touchée par cette jeune femme qui chante et émeut les spectateurs de Panem.

Comme la saga originale, Hunger Games : la Ballade du serpent et de l’oiseau chanteur n’est pas une œuvre manichéenne. L’intrigue ainsi que les personnages principaux du long métrage comportent de multiples couches et autres nuances. De quoi tenir en haleine le spectateur. On retrouve ci et là des clins d’œil à la saga et on ne peut que s’en réjouir.
Verdict : faut-il aller voir l’oiseau chanteur de Hunger Games ?
Pendant plus de deux heures et trente minutes, Francis Lawrence, qui n’a rien à voir avec l’actrice, arrive à garder notre attention sur le sort de Lucy Gray Baird et de son mentor de fortune Coriolanus Snow. Pour cela, il développe une intrigue complexe et haletante, avec plusieurs excellents rebondissements. Si Lucy Gray Baird chante peut-être un peu trop à notre goût, La Ballade du serpent et de l’oiseau chanteur réussit à nous faire revenir à Panem avec un plaisir non dissimulé. Visuellement, le film est splendide et la mise en scène s’avère parfois très ingénieuse.
La plupart des acteurs à l’affiche du prequel de Hunger Games ne déméritent pas. Viola Davis, notamment, est à nous donner la chair de poule dans le rôle de l’impitoyable Dr Volumnia Gaul. Finalement, le pari de La Ballade du serpent et de l’oiseau chanteur est réussi. Pendant un moment, on a trouvé l’ignoble Coriolanus Snow sympathique.
Sans être le film de l’année, ce nouvel opus devrait ravir les amateurs de la saga cinématographique. S’il n’est pas aussi bon que ceux sortis il y a une décennie, Hunger Games : La Ballade du serpent et de l’oiseau chanteur réussit à nous faire passer un bon moment malgré tout. Malheureusement, n’ayant pas lu le roman, nous ne pouvons nous attarder sur la qualité de l’adaptation cinématographique. Cependant, nous savons tous combien cela est un exercice périlleux.
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