Applications mobiles : le Web est-il déjà mort ?

Il y a comme quelque chose qui se passe dans le monde des startups web en ce moment. Le mobile, présenté depuis quelques années comme le petit frère du web serait-il en train de prendre le pas sur son ainé, du moins dans les esprits ?

Article rédigé par Serge Roukine. Entrepreneur et auteur, il est le fondateur de Codeur.com, place de marché des freelances, co-fondateur d’Affiz et organise AppDays, la première conférence sur les applications mobiles[1].

Il y a comme quelque chose qui se passe dans le monde des startups web en ce moment. Est-ce un manque d’intérêt passager ? Une inquiétude ? Le mobile, présenté depuis quelques années comme le petit frère du web serait-il en train de prendre le pas sur son ainé, du moins dans les esprits ?

Tout d’abord, tout le monde a été surpris par les quelques gros rachats de la sphère mobile ces derniers mois. D’une part le jeu Draw Something, dont on a appris que l’application rapportait 100.000 dollars par jour, puis qu’elle avait été rachetée 200 millions de dollars par Zynga. Et d’autre part, la saga Instagram : la société, qui générait zéro dollar de chiffre d’affaire, a été rachetée 783 millions de dollars par Facebook.

applications mobiles

Le Web est mort, vraiment ?

Ensuite, ce sont de nombreux acteurs américains de la scène startup qui sont persuadés qu’il faut se concentrer sur le mobile. Par exemple, Fred Wison, investisseur chez Foursquare, Kickstarter, Tumblr et Soundcloud (entre autres), le dit : La croissance est dans le mobile (en). MG Siegler, investisseur chez Crunchfund, ayant des participations dans Foursquare, Square et Klout le dit également : «Cessez de vous focaliser sur les applications desktop et pensez mobile !». D’autres, comme le COO de Square, déclarent même directement que le web est mort : «Web is dead» (en).

Les derniers français à avoir visité la Silicon Valley sont catégoriques : là bas, le web est déjà passé de mode parmi les entrepreneurs. Tout le monde ne parle que d’une chose, le mobile.

Faut-il pour autant tout laisser tomber et se jeter sur Xcode ou un autre environnement de développement mobile ? Rien n’est moins sûr car de nombreux problèmes persistent.

  • Tout d’abord, tout le monde n’a pas encore de smartphone. En France, nous ne sommes que 40% alors qu’aux Etats-Unis ce chiffre dépasse les 50%. Le marché potentiel n’est pas encore à maturité.
  • Ensuite, tout ceux qui ont lancé une application mobile vous le diront, il est compliqué de la promouvoir même si de nombreuses solutions marketing sont maintenant disponibles.
  • Enfin, la monétisation d’une app n’est pas si simple non plus. Les utilisateurs sont pour beaucoup allergiques à la publicité et celles-ci ne sont pas toujours aussi rentables que sur le web.

Mais c’est justement quand un marché est en croissance que de nombreux problèmes restent à résoudre et que les opportunités sont nombreuses ! Le mobile semble avoir atteint ce point où le marché est suffisamment récent pour y trouver une place mais aussi suffisamment gros pour tenter d’en vivre…

Note d’Eric : après une semaine en immersion sur place, je confirme que « Le Web est mort » est devenu une sorte de mantra totalement décomplexé dans la Silicon Valley, que répètent la plupart des entrepreneurs et investisseurs. D’ailleurs la grande majorité des startups que nous avons rencontrées travaillent sur le développement d’applications mobiles.

[1]Si vous souhaitez créer une application mobile ou vous investir d’une autre façon sur ce marché, n’hésitez pas à consulter le programme de la conférence AppDays qui se déroule le 9 novembre à Paris et dont Presse-Citron est partenaire.


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17 commentaires

  1. Non le Web n’est pas mort, mais plutôt au ralenti devant l’explosion du mobile. On aura toujours besoin d’un navigateur Pc/mac pour certaines tâches pas ou très peu pratiques à réaliser sur smatphones et tablettes… du moins à ce jour!

  2. Prions que non. Au revoir la liberté de découverte? (quoique avec Google ce soit de moins en moins vrai) La « vision » Apple sera la fossoyeuse de la liberté d’expression? L’architecture éclaté du web qui permet de choisir les techniques, les services, les fournisseurs, qui permet de bâtir des communauté (développeurs, blogger…) serait battu en brêche par un système fermé ou l’information sera contrôlée par chaque acteur de diffusion en gros Google et Apple. Effectivement coté monétisation c’est ultra chouetos.
    Facebook, Twitter ferment leur API au nez des dev qui leur ont permis de palier à leur manques… Le contrôle social va enfin advenir, Apple censure déjà (pas de sexe, pas de politique)… Au moins on ne viendra plus prétendre que l’on fait des révolutions grâce à la bonne technologies occidentale…
    J’aimerais pouvoir croire à la force du web mais il y a tellement d’acteurs qui oeuvrent pour sa fermeture… Et si il n’y avait que le web mais ce n’est pas mieux dans le monde réel, le comité Olympique privatise les rues de Londres, les guerres sont faites par des corporations privées, le Quatar va payer pour sauver nos banlieues…
    « Winners don’t use Apps » 😉

  3. C’est un peu ridicule de dire que le web est mort. Moi ce que je lis c’est « La croissance est dans le mobile », « stop le desktop et vive le mobile »… mais par contre « le web est mort » est faux et inenvisageable si on considère son remplaçant comme étant les Apps.
    Les app ont remplacés beaucoup de pratique, mais si vous cherchez quelque chose d’une marque précise, il n’existe pas forcement d’app, mais surtout vous n’allez pas installé l’App de Sony pour connaitre les caracteristiques de tel ou tel produit, il est plus rapide d’aller sur le site.
    Tout le monde ne vit pas que des facebook, twitter et je ne sais quel autre services en ligne. La majorité des gens, font des recherches sur internet et ne vivent pas qu’en fonction des médias sociaux comme les geeks.

    Alors oui le mobile est le levier de croissance, même si d’ici a peine un an, le mobile va commencer a aborder sa phase de maturation (les apps ok), mais aujourd’hui si les app fonctionnent cest juste que l’on met un navigateur comme sur un desktop sur un mobile ce qui n’a pas de sens en soit. Apple a innover avec les apps, il faut le reconnaitre et cest precisement ce qui manque au navigateur : de l’adaptation. On doit adapter la recherche a cet élément qu’est le mobile, certains cherchent du coté de la commande vocale (pourquoi pas ?) ou d’autres trucs, mais clairement le web n’est pas mort, car en plus les app ne sont que des interfaces qui fonctionnent avec un serveur web, donc le web ne peut pas mourir car c’est ce qui fait le cloud d’aujourd’hui.

  4. Bonjour,
    Pourquoi opposer le Web et les applications mobiles ?
    En effet une web app peut très bien être une application mobile, prenons par exemple Firefox OS.

    La vision que vous énoncez du web n’est pas en adéquation avec ce qui se passe actuellement. Le web n’a jamais connus autant d’engouement que ces dernières années, les standards évoluent à toute vitesse. Je parle ici de l’HTML5 des Web API et des évolutions du CSS.
    En somme nous avons presque atteint aujourd’hui un idéal, celui du langage de programmation multiplate-forme, plus concrètement une web app est compatible avec tout périphérique doté d’un navigateur web moderne c’est donc des pc de bureau, mobiles et tablettes qu’il s’agit. Pour les entreprises ceci réduit et réduira considérablement les coups de développements. Une seule appli pour toutes les plates-formes !
    De plus le web d’aujourd’hui est beaucoup plus riche que ce qu’on imagine, on peut avec une web app stocker des contenus hors ligne, accéder à des couches matérielles (webcam par exemple) … bref les web apps peuvent couvrir une bonne partie des usages que nous faisons aujourd’hui des mobiles.
    Certaines grandes entreprises telles que Google (chromebook, docs ….), Mozilla (Firefox OS), Intel et même Microsoft (Office Live et certains composant de windows 8) ont compris ces enjeux et s’orientent vers les technologies web.

    C’est pourquoi le web n’est pas mort mais bien au contraire sera certainement la plate-forme de demain.

    Avis d’un développeur web.

  5. A la lecture de cet article j’ai l’impression que l’on confond (encore) les terminaux et les logiciels, les modes d’accès et les contenus.
    OK les apps apportent des usages supplémentaires par rapport au web en mobilisant les fonctions du terminal (géoloc, boussole, etc,…). Mais le web a de la ressource, surtout si les sites sont adaptés.
    Une marque prendrait un gros risque en disparaissant du web et en « obligeant » les mobinautes à charger systématiquement une appli sur un appstore. Les agences qui réussissent proposent une « suite de solutions » web desktop+mobile+app qui corresponde à la fois à toutes les situations « physiques » de l’internaute (chez lui, au bureau, en mobilité, connecté ou pas…) et son attachement à la marque (découverte, usage occasionnel, usage régulier).
    L’ère est au « cross canal » et non au mono-canal.

  6. Le web n’est pas mort, son utilisation n’étant pas en décroissance. Par contre la croissance des applications mobiles étant tellement forte que tous les investisseurs s’y intéressent.
    Le mobile va rattraper le web, mais pas forcement le doubler !

  7. Et vous allez télécharger une application pour chaque site web nécessaire ?
    Votre téléphone va vite être saturé
    Et pas de moteur de recherche pour retrouver les infos qui vous intéressent ? (car les données des applis mobiles ne sont pas diffusées)
    … ….
    Le web est loin d’être mort

  8. c’est normal que l’on dise cela puisque le mobile est un marché émergent qui attire les convoitises et où il y a bcq à faire alors que le web est déjà plus mûre, les investisseurs s’y jettent comme la promesse d’un nouvel eldorado, en déduire que le web est mort, c’est aller vite en besogne, il l’est peut-être un peu en terme d’investissement mais pas dans les usages, d’ailleurs une étude (dont j’ai oublié la source pardon pour cette imprécision) a montré que les plus grands utilisateurs du mobile étaient également les plus connectés au web, les deux univers vont co-exister et sont complémentaires.

  9. La croissance est dans le mobile oui, plus léché plus ludique, rend enclin à acheter d un clic. La force du mobile est celle ci: le numéro de CB est pré enregistré.
    Seuls 40% des français ont un smart phone, oui mais ce sont ceux qui ont de quoi dépenser. Donc.. Stratégie mobile. Et non, le web n est pas mort. À lui de rendre les interfaces plus lisses. Avis d un consommateur

  10. Comme le dit Eric, c’est un mantra, le genre de prophétie auto-réalisatrice dont la Silicon Valley a le secret. Dans les faits, c’est autre chose… La force du web est dans les liens. Sur une appli, les liens peuvent exister bien sûr (cf Twitter), mais vers quoi ils pointent ? Le web ! Pas vers une autre appli…
    Merci Benjamin pour ton commentaire plein de lucidité !

  11. Malheureusement, les marques et les investisseurs n’ont pas encore compris les forces et l’intérêt du WEB mobile. Les mastodontes (google, microsoft, apple) eux le savent mais préfèrent mettre en avant leurs « app store » lucratifs..

  12. Pour ma part effectivement il y a des confusions dans cet article (voir la définition du WEB sur Wikipedia).
    Le WEB je pense est confondu avec les navigateurs WEB sur PC.
    De plus les mobiles utilisent ces mêmes navigateurs adaptés au mobile et les applications mobiles utilisent des services WEB pour pouvoir communiquer.

    Donc je pense que au contraire le WEB explose justement avec la multiplication des interfaces d’accès à celui ci que ce soit en arrière plan ou non, et que le mobile à pris une grosse part des audiences WEB.

    Il faudrait donc revoir le titre pour ne pas confondre les choses.
    Merci de me corriger si je me trompe 🙂

  13. @Eric, si ce n’est pas trop indiscret tu as combien de % de visites de mobile sur presse citron?

    Pour avoir comparé sur plusieurs sites français (dont certains à fort trafic), ça représente un échantillon assez faible de mon côté : moins de 15%

    • Eric

      @JC : je n’ai pas regardé précisément récemment, mais c’est entre 10 et 15% aussi. Ce qui nous donne du taff en perspective car les apps mobiles de Presse-citron sont un peu obsolètes et buggées, j’en suis bien conscient 🙂 Ça fait partie des priorités dans la to-do du dernier trimestre.

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